LA CRUAUTÉ DE MONLUC
nots qui, quoique toujours battus, relèvent plas que jamais la tête et semblent vouloir faire la loi en Guienne. C’est une œuvre de passion brûlante et de rancune personnelle, inspirée par les préoccupations du moment; il n’y faut pas chercher la pensée définitive de Monluc sur la question religieuse.
Sa cruauté lui a été souvent aussi reprochée. On a oublié qu'il la lui-même reconnue en s’en excusant sur les conditions même des discordes civiles", et qu'il a éloquemment déploré les maux de la guerre. On ne s’est souvenu que des quelques scènes de sauvagerie qu'il a retracées avec une brutalité révoltante. Le rapprochement établi par Brantôme entre Monluc et des Adrets a fait fortune; on le trouve encore aujourd’hui cité partout. L'auteur des Commentaires porte lourdement la peine de sa véracité. Ses récits de l’exécution de Saint-Mézard, du sac de Monségur et de Penne sont des tableaux saisissants d'horreur et nous donnent l’idée la plus atroce, mais aussi la plus vraie de la barbarie propre à cette lamentable époque. Peut-on pourtant rendre Monluc entièrement responsable des excès commis par les brutes qu'il commandait? À Toulouse, il est certain qu'il fit des efforts pour rétablir l’ordre. À Monségur, on l’a vu, il essaya de contenir ses soudards; il a simplement oublié de le dire dans son livre. À Penne, il déclare lui-même qu’il se courrouça contre les féroces bandouliers de Philippe I, et un document confirme son témoignage. L’exécution de Gironde ne fut que la réponse au pillage de Saint-Macaire par les soldats de Duras. Protestants et catholiques se valaient, et les procès-verbaux qui constatent par le menu les excès commis par les premiers sont aussi convaincants que les émouvants récits de l’AÆistoire ecclésiastique et de l'Histoire des Martyrs qui flétrissent ceux des seconds. Lorsque Monluc dicta son livre, il avait tout chaud encore le souvenir des ravages commis en Gascogne et en Agenais par les bandes de Mongonmery et les reîtres de larmée des princes, auxquels il avait assisté impuissant. Le bon temps n’était plus où il «estrillait » vigoureusement les huguenots. Il s’est consolé des
1. « Ce n’est pas comme aux guerres estrangères, où on combat comme pour l’amour et l'honneur; mais aux civiles il fault estre maistre ou valet, veu qu'on demeure soubz mesmes toit; et ainsi il fault venir à la rigueur et à la cruauté : autrement la friandise du gain est telle qu’on désire plustost la continuation de la guerre que la fin. » (II, 425.)
misères du présent en évoquant sans ménagement le passé, en chargeant au besoin les couleurs du tableau et en aggravant à plaisir sa responsabilité. Sans doute, il ne fut pas naturellement tendre : volontiers il jouait de la corde avec les siens; il ne devait pas être porté à plus de bienveillance à l’égard de l'ennemi. Sans doute aussi il mena souvent la guerre en vrai barbare; mais il y fut contraint par le manque d'argent pour payer les troupes, fléau des armées mercenaires du seizième siècle, et les habitudes acquises par le soldat. Ces nécessités s’imposèrent en Guienne aux capitaines huguenots ou catholiques, jusqu’au Jour où Henri de Navarre promulgua à Agen, trois mois avant la mort de Monluc, ces belles ordonnances militaires qui punissaient des peines les plus rigoureuses l'incendie, le pillage, le viol, la « picorée », tous les excès auxquels les chefs s'étaient résignés jusque-là". L'auteur des Commentaires put connaître ces ordonnances; il les avait souhaitées lorsque, en 1573, dans sa retraite, il dénonçait « la nécessité en laquelle les gens de guerre ont réduit le peuble »*, et déjà dans son livre il avait dit : « Qu'il y a de danger pour ceux qui portent les armes, et mesmement qui commandent, car la nécessité de la guerre nous force en despit de nous mesmes à faire mille maux, et faire non plus d’estat de la vie des hommes que d’ung poulet; et puis les plaintes du peuple qu'il fault manger en despit qu'on en aye; les veufves et orphelins, que nous faisons tous les jours, nous donnent toutes les malédictions dont ilz se peuvent adviser : et à force de prier Dieu et implorer l’ayde des sainctz, quelqu'une nous en demeure sur la teste... »3. Il est difficile de nier que l’homme qui a dicté cet éloquent passage, digne de La Noue, n'ait pas été accessible au sentiment du respect auquel à droit toute vie humaine.
Bien qu'ils aient été composés pour la plus grande partie avec le seul secours de la mémoire, bien qu'ils soient, d’un bout à autre, un plaidoyer en vue d'un objet déterminé, les Commentaires méritent de conserver leur place au premier rang des sources narratives de l’histoire de France et d'Italie au seizième
1. Ordonnances militaires du roi de Navarre, Agen, 1er avril 1577 (Arch. hist. de la Gir., XXIX, 145-150).
DAV ON
NÉCESSITÉ D'UNE ÉDITION NOUVELLE. Gr9
siècle. Monluc est presque partout admirablement informé; ce qu'il raconte est exact; sa minutieuse précision n’est pas un leurre ; ses jugements sont modérés et circonspects. Pour utiliser en toute sécurité ses innombrables renseignements, il suffirait presque d'accompagner son texte des dates qu'il n’a pas pris la peine de donner, de marquer ainsi ses lacunes et de redresser sa chronologie souvent en défaut. De Ruble la tenté d’une façon très imparfaite : nous sommes mieux armés pour reprendre ce travail et nous pouvons aujourd’hui dater le plus grand nombre des faits rapportés par Monlue. Mais le futur éditeur des Commentaires a plus à faire. Le texte publié par la Société de l'Histoire de France en 1864-1867 ne saurait être considéré comme authentique et définitif. De Ruble n’a pour ainsi dire pas utilisé la première des deux copies manuscrites conservées à la Bibliothèque nationale; la transcription hâtive qu'il a faite de la seconde doit être sérieusement revisée; le texte des parties qui manquent dans ces copies doit être donné d’après l'édition de Florimond de Ræmond, et non d’après une réimpression moderne prise au hasard. Il est possible et il est nécessaire de disünguer par un arüfice typographique la première rédaction, fournie par les manuscrits, de la rédaction définitive, de rendre ainsi sensibles les divers procédés par lesquels Pauteur a transformé son œuvre : additions empruntées à des hvres, considérations morales, ornements oratoires, corrections de langue et de style. Le texte doit être accompagné d’un appareil complet de notes; personne aujourd’hui ne trouvera que le dernier éditeur ait sur ce point trop fait, comme il semblait le redouter. L’identification des personnages est à contrôler soigneusement; celle des lieux cités à compléter ou à rectifier presque partout; la confrontation du texte avec les documents et les autres témoignages est à faire. Il est possible de donner une édition critique des Commentaires ; il est souhaitable qu’on lPentreprenne. Elle permettrait de voir comment Monluc, qui n’avait jamais songé à écrire, apprit le métier d'écrivain, et de mieux connaître une œuvre composée sans art, touffue, aventureuse, souvent obscure, mais qui, malgré ses imperfections, résiste assez bien à la critique pour mériter d’être toujours consultée avec profit.
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INDEX
Aa, rivière, 180.
Abbadia San Salvatore, prov. de Sienne, distr. de Montepulciano, D20 920-1220 09/00::1000 0007»
Abbaye (Guillaume), lieutenant du sénéchal de Bigorre, 574.
Abbondanza (seigneurs de l), 263, 279:
Abel (Charles), 358, 369 n., 372.
Abidos (Jehannot d’), 90.
Abruzze, 107, 108, 113.
Absal. Voy. Acciale.
Acciale, capitaine, 144.
Achille (Domenico d’), 237 n.
Acqui, prov. d'Alexandrie, ch.-1. de SP 2re
Acy, Aisne, cant. de Braisne, arr. de Soissons, 370 n.
Adour, fleuve, 544, 550, 553 n., 555, 560, Gor.
Adrets (François de Beaumont, baron des), 8, 16 n., 615 n., 617.
Adriani (Gio. Battista), 10, 16, 242, 277 n., 291 n., 316, 321, 324, 325, 3200n.: 2208021920 2900, 001 372:
Afrique, 496, 497.
Agen, Lot-et-Garonne, ch.-1., 6, 20, pe PEN TUE, BNTENe 388, 389 n., 390, 394, 399, 396 1,
397; 398 n., 4or, 4o2, 406, 407, 10, 113, 415, 4x6, “or n:, 423, h24, 425, 434, 435, 446, 447, 48, 449, 457, 465, 467, 468, 469, 470 n., 471 0.,472, 473, 479 n., 480,487 n., 488 n., 489, 4gt n., 492 n., 495 n., 496 n., 497 n., 5o0o, 5or, 502 n., 503, -b0/4en.,-000, D00, 007,012; DID OT MOTS) 0 20 D22 0230, 0202028 109100851090, 1972000, 589 DAT 0412 0190400 UD RDDS, 5D9,1bD/,:500, 060, 001, 002, 509, 564, 565, 566, 567, 568 n., 570, 071, 07240. 0070111009, 00/4080, 586, 588 n., 594, 595, Gor, Gr3, Ôr8.
Agen (consuls d’), 388, 390 n., 396 n., TO A2 DO eN Ie 01101; A95, 497, 499, 502, 5o7, 517 n.,, 5250055071 0070 000 0017:
— (évêque d’). Voy. Fregoso (Giano).
— (présidial d’), 388 n., 494.
Agenais (pays d’), 3, 6 n., 25, 27, 130 00., 127, 009, 905, 402% 40D, 406, 408, 415, 4106, 417, 421 n., 433, 437 n., 466, 469 n., 471, 491, Do2D20n 01221002, 000 000 568, 585, Gr.
— (États d’), 54, 395, 446 n., 471, 480, 481 n., 512, 517 n., 522, 541,
Agenais (sénéchal d°). Voy. Poton (Rafin), Bajamont (Durfort de).
Agenais, 50 n., 54, 388, 563, 579 n.,
Agly, rivière, Pyrénées-Orientales,
Aguerre (Gracian d’), 90.
— (Martin d’), 90 n.
— (Menaud d’), 90.
A guilar (château d’), Pyrénées-Orientales, 133, 134. <
Ahelze, Basses-Pyrénées, cant. d’'Ustaritz, arr. de Bayonne, 96.
Aigre, Charente, ch.-l. de cant., arr.
de Ruffec, 568 n.
Aiques-Mortes, Gard, ch.-l. de cant., arr. de Nimes, 126.
Atquillon, Lot-et-Garonne, canton de Port-Sainte-Marie, arr. d'Agen, 33 n., 423, 446, 552, 561, 564, 565.
Aire-sur-l'Adour, Landes, ch.-l. de cant., arr. de Saint-Sever, 402, 544, 545, 546, 547, 549, 550.
Aix, Bouches-du-Rhône, ch.-1, d’arr., OT UT MTLONe- 20 MIE
Aie, Haute-Vienne, ch.-l, de cant., arr. de Limoges, 584.
Alais, Gard, ch.-l. d’arr., 516.
Alava (Frances de), d’Espagne à la cour de France, 483, 486, 487 n.
Alba, prov. de Coni, ch.-!, de distr., 110-102, 200, 200 TOME
ambassadeur
29, 2210; LOU MATOS 0 22010, 221,229, 22/4, 220; 2270.
Albe (Ferdinand Alvarez de Tolède, AUCAAN); A2 M008 PS LOIS ATOS EN 299, 300, 301, 302, 303, 307, 312, 314, 819, 316, 817, 321, 340, 370, 489, 499, 005 n., 5ro, 578, 597,
Albeche (Thomas d’). Voy. Del Vecchio,
Albi, Tarn, ch.-l., 125, 126 n.
Albigeois (pays d’), 125, 126, 128, h7r, 530.
Albizzi, 372.
Albret. Voy. Jeanne.
— (Louis d”’), évèque de Lescar, 503 n.
INDEX
Albret (Pierre d’), évêque de Comminges, 487.
Aldibert (Antoine), procureur au Parlement de Toulouse, 430.
Aldobrandino (Bernardo), 251 n.
Aléandre (Jérôme), 102.
Alençon (François de Valois, duc d’), 28 n., 983, 88, rt.
Alençon (Charles IV, duc d’), 6og n.
Alesme (Jehan d’), conseiller au Parlement de Bordeaux, 416, 419.
Alexandrie, ch.-1. de prov., 106, 170 n., 208, 210 n., 213, 214, 219; DIN, 22200, 2205101108
Alfieri di Sostegno (marquis Carlo), 301 n. ‘
ATTer, 290200120000
Allemagne, 6o, 89, 98, 136, 192, 248, 449.
— (états d’), 65.
Allemands, 07: 1123; 107 T0 1552100109, 10/1109, 10700 196; 208, 214 n., 210 n°, 222,299, 236, 240, 241, 242, 260, 261, 268, 269, 274, 277, 278, 270, 280, 285; 209: 810, 1927 0000 LE OO ROUUR 979, 874; 970: 097.
Alpes, 127, 135, 185, 299, 347.
Altezzi. Voy. Palazzo Altesi.
Altoviti (Bindo), 238.
— (Giovanni Battista), 251 n.
Alvaro di Sandez, 84 n., 209, 210, 227, 807192121020, 102092720208; 320-892, 1090
Alvarotto (Julio), ambassadeur ferrarais à la cour de France, 475 n.
Amanieu (maître), 411 n.
Amboise, Indre-et-Loire, ch.-l. de Cant:, arr. desTours, 30-0119, 387, 390, 391, 470 n., 477, 480, 583, Gr2.
Ambre (Mme d’), 46.
Ambres (François de Voisins, baron d’), sénéchal de Rouergue, 127, 128, 129.
Amerighi (Amerigho), 260 n., 261 n., 262, 288.
Amiens, Somme, ch.-l., 144 n., 377.
INDEX
Amou, Landes, ch.-l. de cant., arr.
de Saint-Sever, 555.
Anagnt, prov. de Rome, distr. de Frosinone, 313, 314.
Ancizan, Hautes-Pyrénées, cant.
d’Arreau, arr. de Bagnères-de-Bigorre, 544 n.
Ancône, ch.-i. de prov., 107.
Andelot (François de Coligny, sieur d’), 176, 348, 349, 350, 360 n., 380, 449, 450 n., 527 n.
Andeseno, prov. et distr. de Turin, TO ;
Andoins (Jehannot d’), 94.
Andrea (Alessandro), 10, 315.
Angevin, correspondant de Calvin, {oi n.
Anglais, 69, 70, 173, 175, 176, 178, 181, 182, 473, 479, 526, 532, Gro.
Angleterre, 70, 104 n., 174 n., 178, 181, 479. k
— (reine d’). Voy. Élisabeth.
— (roi d’). Voy. Henri VIII, Philippe I.
Anglure (René d°), baron de Givry,
Angoulème, Charente, ch.-l., 518.
Angoumois (pays d’), 349 n,
Anguien (François de Bourbon, comte d9)406 07108. 75m, 197, THON PEL TOO LOL TD, 196, 157, 198, 159, 160, 162, 165, 106, 167, 169, 170, 172, 605.
Anjou (pays d°), 506.
Anjou (Henri de Valois, duc d), 20 0,034; 3750082180) 42,145; A6, 48, Ag n., 55, 502 n., 504 n., 507 n.,