‹ Blaise de Monluc HistorienChapitre 66 sur 533 · Du Berray, XIX · texte numérisé non relu

Du Berray, XIX

8. /d., XIX, 380 : « Approchant l'hiver (auquel on alloit entrer) le païs éstoit de telle nature qu'aux premières pluies qui viendroient, il n'y auroit ordre de retirer l’armée... Nostre camp deslogea à telle heure que, s’il eust encores attendu trois Jours, ce qu'on craignoit des inundations luy fust advenu... »

prononcée, dans les premiers Jours de décembre 1542, par Jean de Monluc devant le sénat de Venise, à propos de l'affaire des révélateurs, pour justifier François I de s’être allié avec les Turcs. L'auteur des Commentaires, en l'insérant dans son livre, a voulu le rendre plus semblable au modèle qu’il avait sous les yeux. Marün du Bellay n’avait-il pas de même inséré dans ses Mémoires le discours que son frère Guillaume prononça, le 10 décembre 1533, à Augsbourg, devant les États d'Allemagne, en faveur du duc Christophe de Würtemberg "? La préoccupation littéraire est ici remarquable. Monluc voulait certainement accroître la beauté de son livre en y introduisant ce grand morceau d’éloquence, œuvre d’un humaniste et d’un écrivain plus expérimenté que lui-même. La traduction française de la harangue italienne avait été faite sans doute par Jean en personne; de Ruble fait justement remarquer que le style n’est pas celui de Blaise. M. Emile Picot confirme cette opinion en notant que la traducüon n’est nullement littérale et que l’orateur paraît avoir retouché son discours *.

Après cette importante addition, Monluc a dû faire un raccord. C’est sa seconde rédaction, pour laquelle il à encore utilisé du Bellay. Il lui emprunte, en le modifiant à peine, le chiffre des galères de Barberousse qui vinrent assiéger Nice À et aussi ce détail que la ville fut prise, mais non le château‘. IT amplifie, d’après lui, ce qu'il avait dit du siège de Coni par d’Annebault, en ajoutant qu'on fut bien « frotté » à l'assaut pour avoir mal reconnu la brèche et en notant la belle conduite de Sampiero Corso, « qui feust presque assommé »*. Il ajoute que d’Anne-

1. Du BeLzray, XVII, 224-263. — Voir, sur ce discours, BourkiLLY, 0p. cit., pp. 156-157.

>. E. Prcor, Les Français ilalianisants au seizième siècle, 1906, p. 224, n. 2. Le texte italien, dont plusieurs copies sont conservées à la B. N., a été publié par Wuuiss, Papiers d'Etat du cardinal Granvelle, II, 1-12.

3. Du Bellay avait dit : « cent et dix gallères » (XIX, 477); Monluc : « cent ou six-vingts ».

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