Du Bezcay, XIX
3. Du Bellay avait qualifié de Dros d’« homme de guerre et bon esprit ». Monluc, après avoir dit que « c’estoict ung des vaillans hommes qui sourtit Jamais du Piedmont », ajoute : Cet des meilleurs esprits ».
LES EMPRUNTS À MARTIN DU BELLAY. 67 guien, pour aller, en lieu d’iceluy sieur de Boutières, estre son lieutenant general en Piemont. D’autre part, le Roy n’avoit trouvé bon que ledit de Boutières eust permis l’ennemy si legerement forufier et envitailler Carignan, sans l’en avoir empesché”. » Monluc transcrit la seconde raison et ajoute simplement : « avec d’aultres occasions particulières ». Mais en deux autres endroits, se souvenant de du Bellay, il ajoute après coup que la discipline laissait à désirer dans l’armée de Boutières.
Le récit de la journée de Cérisoles est fort différent dans du Bellay et dans Monluc. Le second doit pourtant un certain nombre de détails au premier : les noms des gentilshommes qui vinrent de la cour *; la mention du blocus de Carignan par le comte d’Anguien *; l’ordre de bataille de l’armée française, résumé avec une légère variante due peut-être à une simple négligence *; enfin et surtout l'important détail relatif à la paye des troupes, qui tient une si grande place dans le récit de du Bellay, que Monlue avait primitivement oublié et qu’il a, dans sa seconde rédaction, rappelé en deux endroits, en l’adaptant adroitement à sa propre narration. Il avait, en effet, d’abord écrit : « Je trouvay, à mon arrivée, tous les cappitaines de nostre regiment mutinés, jusques aux soldatz. » Après avoir lu du Bellay, il ajoute : « lesquelz demandoinct paye; mais on les amuza sur Parrivée de monsieur de Langey, qui portoict quelque argent ». Après avoir raconté le conseil où l’on décida de combattre le lendemain, il dit dans sa