‹ Blaise de Monluc HistorienChapitre 85 sur 533 · MONLUC PAGE DU DUC ANTOINE DE LORRAINE · texte numérisé non relu

MONLUC PAGE DU DUC ANTOINE DE LORRAINE

la compagnie de cent lances du duc Antoine, créée par lettres du roi Louis XIT, du 31 juillet 1511, et dont Bayard fut lieutenant. Du moins, ce dernier fait est confirmé par les biographes du chevalier sans peur et sans reproche, le Loyal Serviteur et Symphorien Champier, et aussi par Brantôme‘. La compagnie du duc Antoine servait en Italie ; elle prit part aux campagnes du règne de Louis XII, aux batailles de Ravenne et de Marignan. Mais une quittance non datée nous apprend que sur les cent lances qui la composaient, vingt hommes d'armes et quarante archers restaient dans les États du duc « pour la garde, seureté et deffense d’iceulx ». Monluc fut de ceux-là. Il ne connut donc Bayard que de loin et ne servit pas sous ses ordres. D’après Champier, le bon chevalier serait venu à Nancy au retour de sa captivité d’Allemagne, vers la fin de 1513; Monluc le vit peut-être alors qu'il était encore page *.

De son séjour en Lorraine, il garda quelques souvenirs, dont on retrouve la trace dans son livre. Il y entendit certainement parler de la grande lutte où avait sombré la fortune de Charles le Téméraire. Les héros du siège de Nancy vivaient encore. Le souvenir des souffrances endurées par les habitants n'était pas non plus perdu. C’est pendant le séjour de Monluc en Lorraine que Pierre de Blarru publia sa Nancéide, dont le duc Antoine fit les frais. C’est en 1520 que se produisit une demande de restitution du corps du Téméraire, comme réponse aux menées du duc en faveur de la candidature de François If à l’empire. Aussi n’est-on pas surpris de voir Monluc, à la fin de ses Commentaires, dans sa /iemonstrance au roy. invoquer en première ligne le siège de 1477 pour montrer « combien importe ung bon chef dans une place » 3. Il exalte dans cette page l’héroïsme des Gascons au service de la Lorraine. Ses connaissances historiques

plus fructueuses : dans les comptes de la maison ducale, il a relevé « le page Blaizot », « le page gascon ». Ces dénominations vagues cachent peut-être le petit Monluc.

1. La très-joyeuse, plaisante et récréative histoire du gentil seigneur de Bayart, composée par le Loyal Serviteur, éd. J. Roman, 1878, p. 249. — Camper, Les gestes ensemble la vie du preux chevalier Bayard, dans Cinsen et Daxsou, Archives curieuses de l'histoire de France, 1re série, t. Il, p. 150. — BranTÔME, III, 223-224.

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