‹ Blaise de Monluc HistorienChapitre 86 sur 533 · H. LEPAGE, Op. cit., P · texte numérisé non relu

H. LEPAGE, Op. cit., P

sont, du reste, sur certains points très insuffisantes; il confond le duc René de Vaudémont (1473-1508) avec son grand-père René d'Anjou, roi de Sicile. Il affirme sans preuves que le duc de Lorraine ne pensait pas que le Téméraire viendrait assiéger sa capitale". Il imagine que sa victoire sous les murs de Nancy fut due aux Suisses et à un renfort de quatre cents gens d'armes envoyés par Louis XI, qui « soubz main le favorisoit » ?. Mais il note avec raison que le roi de France était lié par un traité au duc de Bourgogne (trêve de Soleure, 13 septembre 1475); il fait une juste allusion à l’héroïsme des Nancéiens; enfin, il rend hommage aux capitaines gascons au service du duc René. Il cite, parmi les défenseurs de Nancy, Gracian d’Aguerre, qui, d’ailleurs, était basque. La brillante fortune de ce soldat, qui sut mériter par ses services la faveur du duc René et du roi Charles VIII, qui se distingua tour à tour dans les guerres de Lorraine et dans celles d'Italie, dut frapper la jeune imagination de Monluc qui le connut peut-être à Nancy. Il oublie Menaud d’Aguerre, frère de Gracian, mort dès 15o1, et aussi Jehannot d’Abidos, celui qui avait capturé à la bataille de Nancy le bâtard

1. Il s’y attendait parfaitement : dès son entrée triomphale dans Nancy, le 7 octobre 1476, il savait que Charles était en route et que bientôt il fondrait sur la Lorraine avec des troupes fraiches. Aussi il se hâta de mettre Nancy en état de défense et s’éloigna ensuite pour essayer de battre les troupes de Campo- Basso avant qu’elles eussent rejoint le Téméraire. Il n’y réussit pas. Son armée se débanda et il se retira avec les débris chez ses alliés les Suisses. — Cf. Car. Prisrer, Aistoire de Nancy, |, 432-437.

2. Louis XI, en fait, ne fournit pas de troupes au duc de Lorraine. Il se borna à attendre le résultat de la lutte engagée entre les deux adversaires. Monluc fait sans doute allusion aux six cents lances de Louis de La Trémoille qui, pendant la bataille de Nancy, étaient en observation à Toul, avec ordre de ne pas bouger, et à qui le traître Campo-Basso alla offrir ses services. Il se trompe, en tout cas, en affirmant que les troupes françaises vinrent jusqu’à Pont-Saint-Vincent. — Cf. Cur. Prisrer, 0p. cit., chap. xi-xvr.

3. Gracian d’Aguerre mourut gouverneur de Mouzon en mars ou avril 1515. Monluc avait connu plusieurs membres de cette famille : un Gracian d’Aguerre se trouvait, le 22 juin 1522, à Bayonne, dans la bande de Jean Il, baron de Gramont, et prit part avec lui à l’escarmouche de Saint-Jean-de-Luz. Un autre d’Aguerre fut de l'expédition de Naples en 1528. Un autre, Martin, était en 1521 homme d’armes à Crémone dans la compagnie de Leseun, où Monluc servait comme archer; il fut ensuite chevau-léger dans la compagnie de Pierre d’Ossun, avec Marc-Antoine, le fils aîné de Blaise (J. De JaurGax, Profils basques, Menaud et Gracian d'Aguerre, dans la Revue des Basses-Pyrénées et des Landes, juin 1886-février 1887).

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