‹ Blaise de Monluc HistorienChapitre 89 sur 533 · L'ESCARMOUCHE DE SAINT-JEAN-DE-LUZ (SEPT · texte numérisé non relu

L'ESCARMOUCHE DE SAINT-JEAN-DE-LUZ (SEPT

tandis que François [°° dégageait Mézières et refoulait sur Valenciennes l’armée de Charles-Quint, Bonnivet avait assiégé et pris Fontarabie (18 octobre 1521)". L'année suivante, les Impériaux avaient tenté de reprendre la place; défendue par Jacques de Daillon, baron du Lude, elle résista. Le maréchal de Chabannes la ravitailla et y mit un nouveau gouverneur, le capitaine Franget. En septembre 1523, Philibert de Châlon, prince d'Orange, envahit le Labourd : il avait ordre de prendre Bayonne. Le gouverneur de Guienne, Odet de Foix, sieur de Lautrec, organisa la défense de la ville. D’après du Bellay, c’est le 16 septembre que les Impériaux arrivèrent à Saint-Jean-de-Luz, et c'est le lendemain qu’ils marchèrent sur Bayonne 3. C’est donc le 16 qu'il conviendrait de placer l’escarmouche contée par Monluc. Son récit est riche en détails minutieux. Cette première prouesse s'était naturellement fixée dans sa mémoire, et plus d’une fois il avait dû la rappelert. Il serait particulièrement intéressant d’éprouver ici la fidélité de ses plus ancien: souvenirs. On le peut pour certains détails, par exemple pour les noms d'hommes d'armes cités. M. de Lignac était bien lieutenant de la compagnie de Lescun. Le capitaine Carbon, le capitaine Sayas, le capitaine Compay appartenaient tous trois à cette compagnie ?,

1. Voir, sur ce siège, le récit de Borpexave, Æisloire de Béarn et Navarre, éd. Paul Raymond, pp. 17-22, et Ta. leGranD, Æssat sur les différends de Fontarabie avec le Labourd du quinzième au dix-huilième siècle (Revue du Béarn et du Pays basque, 1904, p. 155). Lors des négociations ouvertes à Calais en septembre-novembre 1521, entre François Ier et Charles-Quint, la reddition de Fontarabie fut proposée par l’Empereur comme une condition de paix (Wégoc. entre la France et l'Autriche, W, 526-527).

2. U. Roserr, Philibert de Chälon, prince d'Orange, X, 48-52.

3. Du Berray, coll. Petitot, XVII, 424. La date donnée par du Bellay a été adoptée par Bordenave, qui ne parle pas de l’escarmouche contée par Monluc. Bordenave, chargé par Jeanne d’Albret d'écrire lÆistotre de Béarn et Navarre, y travaillait dès 1572; en 1991, il était arrivé aux trois quarts de sa tâche (voir la préface de Paul Raymond, pp. 11 et v). Il n’a certainement pas connu les Commentaires.

4. Dans un autre endroit de son livre, il n’a pas craint de comparer sa prudence de jeune homme de « dix-huict ou dix-neuf ans » à la faute qui causa le désastre de Saint-Quentin (1, 471).

5. Il s'appelait Gabriel de Lignac, sieur de Savignac. (Montre passée à Castres le 21 juillet 1525, B. N., fr. 21513, n0 1098; Clairambault, 248, n° 973).

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6. Le capitaine Carbon est cité comme homme d’armes de cette compagnie

ainsi que M. de Poygreffy * et le chevalier Diomedes, qui n’était pas italien, comme le dit Monluc, mais grec”. Les capitaines Artiguelouve et Jehannot d’Andoins, le sieur de la Faye, Raymond de Luppé? étaient de la compagnie de Lautrec, ainsi que Jean de Gramont*. Ce dernier n’est du reste cité que comme homme d'armes dans une montre du 16 juillet 1523. Monluc dit qu'il était lieutenant de la compagnie au moment du siège de Bayonne : peut-être s’est-il trompé. Quant au « sieur de Maignauld », c’est sans doute François où Odet de Maignault, hommes d'armes aussi de la compagnie de Lautrec®. Enfin le « bas-

dans les montres de Bagnacavallo, 18 août 1517 (B. N., Clairamb., 244, n0 785); Crémone, 17 sept. 1520 (fr. 21511, n0 1002); Mirande, 18 fév. 1923 (Clairamb., 246, n0 903); Crémone, 27 janv. 1521 (fr. 21511, n° 1009); Mauvezin, 7 déc. 1522 (fr. 21 512, n0 1045); Samadet, 23 oct. 1523 (Clairamb., 247, n0 g41); Castres, 21 Juill. 1525 (fr. 21513, n0 1098; Clairamb., 248, n° 973). — Le capitaine Sayas (Jehan de Sagas) est cité dans les montres de la même compagnie de Crémone, 27 janv. 1521, et de Castres, 21 Juill. 1525.

1. Cité dans les montres de Mauvezin, 7 déc. 1522; Samadet, 23 oct. 1523; Castres, 21 Juill. 1525. — Voir, sur ce personnage, la note de de Ruble, 0; 0.

2. « Dyomedes, Grec », est cité dans la montre de Mirande du 18 fév. 1523. Le 29 mai 1525 et le 11 février 1526, on le retrouve à Montélimar et à Valence, dans la compagnie du marquis de Saluces (B. N., fr. 21513, n0S 1089 et 1121). En 1532, il fut cassé comme homme d’armes de la compagnie du comte de Tende (Cataloque des actes de François Ier, Il, no 6870).

3. Montres de Grossoles en Condomois, 29 novembre 1522 (B. N., fr. 21512, n0 1044); Béziers, 1er juillet 1525 (fr. 21513, no 1092); Béziers, 1er février 1926 (#bid., no 1119); Bayonne, 1er mars 1523 (fr. 21512, n0 1040);

. en Agenais, 26 septembre 1526 (fr. 21514, n0 1152); Budrio-lès-Bologne, Q janvier 1928 (1brd., no 1181); au camp devant Naples, 6 mai 1528 (Clairamb., 250, n0 1081); Mirande, 16 Juillet 1523 (tbrd., 246, n0 925). — Jehannot d’Andoins était lieutenant à la garde de la ville et du château de Saint-Malo en 1536 et 1538 (Catalogue, VIII, nos 304093 et 31687).

4. Voir, sur Jean Il, baron de Gramont, que nous retrouverons dans l’expédition de Naples et qui mourut, comme le dit Monlue, au siège de cette ville, la notice de J. ne JaurGaIN, Menaud el Gracian d'Aguerre (Rev. des B.-Pyr. el des Landes, 1er août-rer octobre 1886, p. 154, n0 1}. Il est cité comme homme d'armes de la compagnie de Lautrec dans les montres de Bayonne, 1er mars 1523; Grossoles en Condomois, 29 novembre 1522; Mirande, 6 juil- Jetr523.

5. À cette date, c’est Jayme de Sainte-Colomme qui est lieutenant. Jean de Grammont a ce titre dans la montre de Béziers du rer juillet 1525.

6. François de Maignault est cité dans les montres de Grossoles, 29 novembre 1522; Bayonne, 107 mars 1523; Béziers, rer février 1526; Budrio, 9 janvier

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