BRANTÔME, IX
Aléandre, qui y vit, comme lui, « dans ung grand lict », le comte de Saint-Pol et Lescun blessés, ainsi que le capitaine Sucre. Le témoignage d’Aléandre, consigné le jour même, confirme d’une façon très remarquable celui de Monluc ”.
Son récit nous fournit un renseignement précis : la date de la mort de Lescun. Il la place le vendredi qui suivit la bataille, c’està-dire le 3 mars?. Guichardin est beaucoup plus vague; il dit que le maréchal de Foix fut « pris tout blecé par les ennemis » et mourut « incontinent »5. Du Bellay est inexact : il dit qu'il fut tué dans la bataille *. Les témoignages contemporains affirment qu'il mourut, prisonnier, de ses blessures $. Quant à la date, ils ne sont pas d'accord avec Monluc : Saluzzo di Castellar dit que Lescun mourut à Pavie cinq jours après la bataille6; Pedro Vallès dit neuf jours 7. L’indication précise du jour de la semaine donne une valeur particulière à la date fixée par Monluc; elle a été adoptée par les historiens$, sauf pourtant par Brantôme, qui a suivi aveuglément, comme il fait toujours, Vallès qu'il avait sous les yeux ?.
Au sujet du comte de Saint-Pol, Monluc a conté qu’il fut laissé
1. € 27. Visitavi comitem S. Pauli et Leseu in domo marchionissae de Scaldasol, ubi inveni Florangium captivum. Vidi item Millault et Zuccrem... » (Journal autobiographique du cardinal Jérôme Aléandre, 1480-1530, publ. par Henrt Omoxr, 1899, p. 45.)
2. Monluc dit qu’il fut blessé « d’une harquebuzade dans la cuisse, qui luy entroit dans le petit ventre ». Brantôme, d’après Vallès, parle d’une « grande harquebusade dans le bras ».