DETAILS SUR LA BATAILLE DE PAVIE. IOI
Il note qu'il y combattit parmi les enfants perdus, qu’il fut fait prisonnier, puis remis en liberté le lendemain, samedi 25 février. Il affirme qu’on aurait pu gagner la bataille et fait une allusion d’un vague prudent aux fautes commises. Il ajoute qu'il a gardé le souvenir très net d’une conversation qui eut lieu sur ce propos entre le capitaine impérial Sucre ! et Federico da Bozzolo, de la famille des Gonzague, qui, d’après Tægio, commandait, le jour de la bataille, l'avant-garde française avec le maréchal de Foix et le sieur de Brion *. Cette conversation, qui fait songer à un entretien analogue entre le marquis del Vasto et Lescun, rapporté ou imaginé par Pedro Vallès, dans son Æistoire du marquis de Pescara, et de là passée dans Brantôme 3, eut lieu dans Pavie, au logis d’Hippolyte Malaspina, marquise d’Escaldasol, dont Tægio vante lhéroïsme pendant le siège {. Cette dame est celle-là même dont Monluc entretenait Brantôme dans la tranchée de La Rochelle, en évoquant le souvenir de la mort de Lescun et de la passion qu’il avait su inspirer à son hôtesse. Les Commentaires ne font qu'une discrète allusion au roman de Lescun; Monluc devait être plus bavard avec Brantôme, bien qu'il ne Pait pas assez été au gré de linfatigable et impertinent questionneur $. Un autre témoin oculaire vint chez la marquise d’'Escaldasol. Le lundi 27 février, Monluc s’y rencontra peut-être avec Jérôme
1. Pendant la captivité de François [er, Louis de Praet écrivait à l'Empereur, le 14 novembre 1525, de prendre à cœur la délivrance du capitaine Sucre, sans doute alors prisonnier des Français, et lui transmettait des renseignements confidentiels sur les menées des Véaitiers, qu’il tenait de ce capitaine. (Négoc. entre la France et l'Autriche, H, 641.)
2. Tæaro, p. 58. Monluc appelle Federico da Bozzolo « le seigneur Frédéric de Bogé ». C’est le nom que lui donnent aussi les documents qui lappellent de Baugé ou de Bâgé, défiguration évidente du nom italien. Cf. Catalogue des actes de François Ier, 1, n° 2460, V, n0 18642, VIT, nos 23832, 23847, et, sur le personnage, E. Picor, Les Italiens en France au seiztème siècle, 1902, p. 3r. — Federico da Bozzolo mourut à Todi le 27 décembre 1527. (Sanuro, Diartr, XLVI, col. 447-449.) Voir trois documents concernant sa veuve, Jeanne des Ursins, dans le Catalogue, VII, n0$ 26687, 28989, 29085.
3. Branrôme, IE, 53. — Varrès, Æistoire du marquis de Pescara, éd. 1570, fo 173 vo.
4. TæG10, p. 15 : € Aussi ne fault-il pas oublier que Ypolite Malaspine, marquise de Scaldassoles, pleine de toutes vertus, ne desdaingnoit pas avec ses blanches mains apporter saigleaulx rempliz de terre aux dodanes, voire exhortoit les habitans et les gensdarmes de belles paroles estre en la bataille. »