XII PREFACE
à cùlé, au-dessus peut-être des plaisirs du goût, de rimagination, de la sensibilité, une joie de l'intelligence, qu'aucun écrivain ne donne aussi souvent et aussi pleinement à son lecteur que l'incomparai^le auteur du livre que nous étudions.
Pascal est philosophe et théologien tout ensemble; on achèvera de comprendre son génie en le comparant à deux hommes qui sont ses égaux, et entre lesquels il a paru, l'un le philosoplie, l'autre le théologien par excellence : Descaries et Bossuet. Descartes est le maître de Pascal à deux titres; par la liberté d'examen, et par son esprit géométrique, l'une qui n'accepte aucun préjugé, et résiste par le doute jusqu'à la preuve, l'autre qui poursuit cette preuve par la voie du raisonnement et de l'abstraction. Mais ce qui est le propre de Descartes, et à quoi Pascal répugne profondément, c'est de distinguer deux ordres de vérités tout à fait indépendantes entre elles, celles de la philosophie et celles de la foi.
Quant à Bossuet, Pascal ne l'a pas connu, ou il ne l'a connu que comme un jeune et brillant prédicateur et non comme l'évêcjue illustre qui catéchisait toute la chrétienté. Bossuet, au contraire, avait lu les Pf.'usres et il en avait gardé une impression profonde.