Var. 19 303 : On le reconnaît
les yeux de la personne qui aime. Car les yeux sont les interprètes du cœur; mais il n y a que celui qui va intérêt qui entend leur langage.
— ï/homme seul est quelque chose d'imparfait; il laut qu'il trouve un second pour être heureux. Il le cherche le plus ' bien souvent dans l'égalité de la condition, à cause que la liberté et que l'occasion de se manifester s'y rencontrent plus aisément. Mais l'on - ira quelquefois bien audessus, et l'on sent le feu s'agrandir, quoique l'on ^ n'ose pas le dire à celle qui l'a causé.
— Quand l'on ^ aime une dame sans égalité de condition, l'ambition peut accompagner le commencement de l'amour; mais en peu de temps il devient le maître. C'est un tyran qui ne souffre point de compagnon ; il veut être seul ; il faut que toutes les passions ploient et lui obéissent.
— Une haute amitié remplit bien mieux qu'une commune et égale '; le cœur de l'homme est grand, les petites choses flottent dans sa capacité; il n'y a que les grandes qui s'y arrêtent et qui y demeurent.
— L'on écrit souvent des choses que l'on ne prouve qu'en obligeant tout le. monde à faire réflexion sur soimême et à trouver la vérité dont on parle. C'est en cela que consiste la force des preuves de ce que je dis.
— Quand un homme est délicat en quelque endroit de son esprit, il l'est en amour. Car comme il doit être ébranlé par quelque objet qui est hors de lui, s'il y a quelque chose qui répugne à ses idées, il s'en aperçoit, et il le suit^. La règle de cette délicatesse dépend d'une raison pure, noble et sublime : ainsi l'on se peut croire délicat, sans qu'on le soit effectivement, et les autres ont droit ' de nous condamner : au lieu que pour la beauté chacun a sa règle souveraine et indépendante de celle des autres.
[.-Var. 19 303 : il le cherche bien souvent....