ROUSSET, MORILLON, AUGUSTE, MADAME ROUSSET
Morillon et Auguste reviennent des champs. En entrant, ils portent la main à leurs casquettes. Il vont ensuite s'asseoir à la table du milieu et restent pendant un long moment sans rien dire.
RO ISSEÏ.
Du café?
MORILLON
Du café.
ROUSSET, prenant les tasses et le sucre sur le comptoir. Haut.
Apporte le café, la bourgeoise.
MORILLON, à Roussel qui pose les tasses sur la table.
Vous n'en prenez point?
ROUSSET
Tout de même, (il apporte une fasse pour lui et s'assied.) MADAME ROUSSET, versant le café.
V'ià du beau temps...
MORILLON
C'est du beau temps pour travailler. (Madame Roussetsort.)
nOUSSET.
Voyons 1 est-ce aujourd'hui que nous allons nous entendre pour votre pièce de terre?
MORI ' LON
Elle vous tient toujours à cœur?
Dame ! je la borde de trois côtés. Elle me gêne. Si elle était à moi, je pourrais faire un sillon, d'un seul trait, long comme d'ici à l'église. Voilà bien dix ans que je veux vous l'acheter.
MORILLON
Nous ne sommes point pressés...
ROUSSET
Si vous voulez, je vous l'échange contre ma pièce qui est au bord de la rivière et qui est quasiment plus grande... J'ai dit «quasiment». Qu'est-ce que ça peut vous faire, à vous qui êtes charron de votre métier, et qui ne travaillez la terre que par-ci par-là, le matin ou le dimanche, avec votre gars? Celle que je vous propose est plus près de votre atelier. '«^^>^A
MOltlLLON.
Vous en avez bien envie, donc?
ROUSSET
Moi! (Méiiant.)Oh! c'est notre intérêt à tous les deux...
(a Auguste.) Donne-nous la goutte, garçon. (Auguste se lève et va chercher sur le comptoir la bouteille d'eau-de-vio et l'apporte. Il va au brevet et le regarde.)
AUGUSTE
Père?
MORILLON, se levant et allaut à lui.
Qu'est-ce riuc c'est?