ACTE PREMIER
AUGUSTE-
Le brevet.
R 0 U s s E ï , toujours assis.
Oui, le voilà encadré...
MORILLON, bas à son ûls.
C'est vrai, alors?
AUGUSTE, bas.
C'est vrai. Dis-le père, que je veux l'épouser.
Minute I (Haut, à Rousset.) Alors, Blanchettesera institutrice... comme mademoiselle Dumesnil?
ROUSSET
Dame... c'est écrit là-dessus... et signé par le gouvernement... (il va à eux.) Tu sais lire, pas vrai, Auguste?
Cette bêtise. 11 a été à l'école jusqu'à douze ans et il a passé un an au régiment. Il est revenu caporal, vous le savez bien.
ROUSSET
Bien, qu'il lise.
MORILLON
Faut qu'elle soit instruite, tout de même!
ROI' SSET.
Qu'elle l'est un peu, oui. Je ne sais pas ce qu'elle ne il sait pas. Sa maîtresse a dit qu'elle n'avait plus rien à lui apprendre. Et avant-hier, il y a l'instituteur qui était là, il a voulu causer politique avec elle. Elle lui a fermé le bec, ça n'a pas été long.
MORILLON
A l'instituteur?
ROUSSET
Pourquoi pas? Est-ce parce qu'elle est la fille au père
Rousset qu'elle ne peut pas être savante? Mademoiselle Lucie Galoux, qui est pourtant la fille d'un homme instruit, n'a pas pu l'avoir, ce brevet-là...
MORILLON
Pas possible 1
ROUSSET
Elle a été collée à l'oral.
Hein?
AUGUSTE
A la seconde partie de l'examen, elle a été refusée.
ROUSSET
Ça a l'air de vous étonner...
MORILLON
Dame.
ROUSSET
Et puis, savez-vous la combien qu'elle est du canton?
MORILLON
Non.
ROUSSET
Elle est la troisième...
MORILLON
La troisième I... Est-ce qu'elle gagne, maintenant?
ROUSSET
Non. Elle gagnera quand elle aura sa place!
MORILLON
Oui, mais, quand? Voilà!
ROUSSET
Demain si nous voulions! Le préfet me faisait encore demander par M. Gsloux, tout à l'heure, si nous étions décidés. J 3 veux qu'elle se repose un peu... 11 n'y en a point treize à la douzaine, des pareilles, vous savez.
(11 rit.)