ÉLISE, MADAME ROUSSET, ROUSSET
Rousset, l'air très mécontent, la blouse retroussée par ses mains qu'il tient dans ses poches, la tète baissée, e.iiro sans mot dire, traverse toute la pièce et va s'asseoir dans un coin, ou il bourre sa pipe. Un long silence,
MADAME ROUSSET, bas, à sa fille.
Il n'a pas l'air de bonne humeur.
ÉLISE, de même.
C'est qu'il n'a pas été à son champ.
MADAME ROUSSET
Peut-être.
ÉLISE, haut.
Il a plu, cette nuit, père. Tu n'as pas été voir ton blé?
ROUSSET, jetant sa casquette à terre avec force.
Mille millions de tonnerres! Bon sang de bon
sang ! Gré mâtin I... Fiche-moi la paix... Oui, j'ai été voir mon blé.
'' fet ?
ÉLISE
Eli bien ? L'engrais chimique n'a pas produit d'ef-
ROUaSET.
Si, qu'elles ont fait de l'effet, tes drogues I Tout est perdu, brûlé, comme si on avait arrosé avec du vitriol.
ÉLISE
Ce n'est pas possible.
ROUSSET
Quoi?
ÉLISE
Je dis que ce n'est pas possible. La science ne se trompe pas.
ROUSSET
Je te dis, moi, que tout est perdu.
Ça ne se peut pas...
ROUSSET
C'est trop fort! Je viens de le voir... Tout est perdu... mon blé et tes huit cents kilogs de chimiques.
ÉLISK, inquiète.
Huit cents kilos. Je t'ai dit d'en mettre huit cents kilos ?
ROUSSET
Dame.