ÉLISE, LUCIE, MONSIEUR GALOUX
LUCIE
Bonjour, Élise !
ÉLISE
Toi ! Oh ! que je suis contente de te voir.
M. GALOUX.
Bonjour, Mademoiselle... Je vous apport^ des nouvelles, au sujet de votre nomination an poste d'institutrice.
ÉLISE
Elles sont bonnes ?...
M. GALOUX.
Oui. Ma chère enfant, il y avait deux mille candidates à placer avant vous. J'ai employé toutes mes relations en votre faveur, et maintenant...
Miiutenant ?
M. GALOUX.
Vous n'êtes plus que la cinq cent quatorzième.
ÉLISE
Et alors, il faudra attendre... encore combien de temps ?
M. GALOUX.
Peut-être six mois, peut-être un an.
ÉLISE
Ecoutez, monsieur Galoux, je ne veux pas voua
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faire de longues supplications : je vous dirai seulement ceci, c'est que si je dois attendre non pas un an ni six mois, mais seulement six semaines, ce n'est plus la peine de vous occuper de moi.
M. GALOUX.
Parce que?
ÉLISli.
Parce que je serai morte d'ici là.
M. GALOUX.
On parle facilement de la mort à votre âge , ma chère petite, mais on ne fait qu'en parler.
ÉLISE
Je ne suis pas une jeune fille comme une autre. Je ne puis tout vous dire, Monsieur, et il faut que vous me compreniez à mi-mot. Bien que mes parents soient très bons, je souffre beaucoup. ici, beaucoup, et mon père et ma mère ont aussi un grand chagrin de me voir inoccupée. On s'aigrit mutuellement, on devient injuste les uns envers les autres, et un moment arrive où la vie en commun n'est plus possible. Nous en sommes là.
M . GALOUX.
Voyons, ne vous désolez pas.,. Je ne vois rien... à moins que...
;gie.
A moins que.
M. GALOUX.
Ma foi, c'est assez difficile à vous proposer. Gonsentiriez-vous à être demoiselle 'de compagnie auprès d'une jeune fille de votre âge, qui se prépare