ROUSSET, MADAME ROUSSET, M. GALOUX
M. Galoux, 55 ans, en veston ot chapeau mou, grisonnant, parait
.\ droite.
M. GALOUX, donnant une poignée da main à Rousset.
Oui, je l'ai vue. Eh bien I ça va-t-il comme vous voulez, père Rousset?
ROUSSET
Ça va bien tranquillement. Entrez donc, Monsieur Galoux, entrez donc.
M. GALOUX,
'■ Avec plaisir, (a madame Rousset) Bonjour, Madame Rousset.
MADAME ROUSSET
Bonjour, Monsieur Galoux.
Rousset a fermé la porto. Làl Asseyez-vous. (ll tire son tabouret de so'os !a tablo
ronde.) Il fait bon ce matin.
M. GALOUX.
Mais oui.
MADAME ROUSSET
Qu'est-ce qu'on peut vous offrir ?
8 BLANCnETTB
M. GALOUX.
Oh! merci , je ne prends jamais rien avant déjeuner... Ça va-t-ii, le commerce ?
MADAME ROUSSET. j/Jl'^^
Vous savez, le débit ne rapporte pas beaucoup. Il y a des jours où nous ne voyons personne. Heureusement que Rousset travaille à notre terre...
IIOUSSET.
Et encore qu'on a bien du mal. Une terre que nous avons achetée dans le temps, quand le commerce allait bien ; nous avions le bureau de tabac alors I On nous l'a enlevé pour le donner au patron de l'autre débit... parce qu'un ancien ministre est venu demeurer dans une maison où son cousin est concierge à Paris. Ah I ça ne va plus guère 1
MADAME ROUSSRT.
Mais co n'est pas pour cela que le temps nous dure.
M. GALOUX.
Pourquoi vous dure-t-il? racontez-moi cela...
C'est pour Blanchette... pour Élise... pour notre fille enfin. Quand elle était petite, elle était toute pâle, W alors, on l'appeloit Blanchette et le nom lui est resté.. C'est pour elle que...
ilOUSSET.
Mais oui ! Voyons, Monsieur Galoux, on est toujoursà parler du gouvernement... vous devez savoir cela, vous qui allez être député...
M. GALOUX.
Ohl vous allez bien vite...