ACTE DEUXIEME 9i
C'est bieu barbare, ne trouves-tu pas? Cette malheureuse bête qu'on poursuit toute une iournée...
LUCIE
!\Iai3 c'est un des plaisirs les plus distingués qu'il
y ait.
ÉLISE
Je sais, mais il me semble que les femmes du monde devraient former entre elles une sorte de ligue de la pitié, pour empêcher les hommes d'être aussi cruels... Je vous demande pardon, Monsieur.
M. GALOUX.
Je suis de votre avis. Les bêtes plus grosses qu'un lièvre, ça me fait de la peine de les voir tuer.
ÉLISE
Je sais bien que cette chasse permet au luxe de se déployer, donne aux bons cavaliers l'occasion de montrer adresse et courage, mais tout cela n'est que vanité... Ne vous semble-t-il pas, monsieur Galonx f
M. GALOUX.
Parfaitement, Mademoiselle.
ÉLISE
Si l'on pouvait décrire les souffrances morales du cerf ainsi poursuivi, on nous tirerait les larmes des yeux.
M. GALOUX.
Oui, mais le cerf a-t-il des souffrances morales?
ÉLISE
Je le crois. Dans tous les cas, si j'étais châtelaine...
Eairent Roussot et le cantonnier du i*" acte.
^^ BLANCnETTR