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ACTE DEUXIÈME

barelier. Est-ce qu'elle n'en est pas une ? D'abord, c'est inutile de discuter. Elle fera cela, ou elle partira d'ici.

MADAME ROUSSET

Je ne veux pas, moi !

ROUSSET

Qu'est-ce que tu as dit ? Qui est-ce qui a le droit de dire « je veux » dans la maison? Ah! ça! qu'est-ce que vous avez donc, les femmes! En voilà des manières qui ne me conviennent pas! Je suis le maître, m'entendez-vous, le maître, et vous devez m'obéir.

MADAME ROUSSET

T'obéir!...

ROUSSET

Tais-toi aussi, toi, entends-tu ? Et tenez-vous tranquilles, toutes les deux, ou gare les claques !

MADAME r.OUSSET.

Tu en aurais bien le courage, de. me frapper. Ce ne serait pas la première fois...

ROUSSET, avec un coup de poing sur la table.

Assez!... (a Élise.) Je te le répète. Tu feras ce que je t'ai dit, ou tu t'en iras.

ÉLISE

Eh bien ! je m'en irai.

ROUSSET. -

Bonsoir. Il y aura plus de pain pour les autres ! /

Me l'auras -tu assez reproché, le pain que je mange! xM'auras-tu assez humiliée, avec cela! Sois

UiO lil.ANCllErrE

content: tu ns me le reprocheras plus! Si malheureuse que je puisse être, je ne soufifm-ai pas autant que je souffre ici.

ROUSSET

Plains-toi, à présent !

ÉLISE

Oui, je me plains, et, j'ai raison de me plaindre. Rien qu'aujourd'hui, ai-je été assez torturée ? Pour ta fête, je t'achète cette lampe, croj-ant bien faire. Tu la déformes, méchamment... Oui, je sais bien, cela n'est rien, mais chaque jour, c'est un petit fait comme celui-là qui marque que nous ne pouvons plus vivre ensemble. Tout ce qui me paraît mauvais te p:jraît bon. Nousne nous comprendrons plus jamais. Nous sommes devenus des étrangers. Tu es entêté dans ta routine et je ne conçois même pas l'hjjnnèi*^tetéde la même façon que toi. J'ai d'abord flatté ta, vanité, et tu me montrais comme un chien savant. ) ^Maintenant, cane te suffit plus. Mon orgueil te blesse, j et tu cherches toutes les occasions de m'humilier. { Tune sais plus qu'inventer pour me faire du mal... Ce que je te dis est vrai : nous sommes devenus des étrangers l'un pour l'autre. Aussi, il vaut mieux pour tout le monde que je m'en aille et je m'en irai.

ROUSSET

Voilà quatre fois que tu le dis...

ÉLISE

Veux-tu donc que je parte tout de suite r

Je suis bien tranquille. T'as de la fierté, mais l'as encore plus de paresse. îci, on te nourrit à rien faire: tu resteras.

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