ACTE PREMIER
M. GALOUX.
Dites à mademoiselle Elise qu'elle prenne patience...
MADAME ROUSSET
Mais c'est qu'elle s'ennuie, la pauvre petite I
M. GALOUX.
Lucie viendra la voir tout à l'heure.
ROUSSET
C'est ça !
Et vraiment, vous ne voulez rien prendre ? Pas même un petit verre de cognac...
M. GALOUX.
Non, non, merci. Je me sauve.
ROUSSET
Alors, Monsieur Gàloux, on peut compter sur vous?
M. GALOUX.
Oui, mais prenez patience.
ROUSSET. . . ■"-
Patience ! Patience ! C'est commode à direl Avec tout ça c'est toujours l'ouvrier qu'est le dindon de la farce. L'État nous trompe. »
M. GALOUX.
Mais comment cela, voyons ?
ROUSSET
Du moment qu'il m'a poussé à donner de l'instruction à mon enfant en inventant des facilités, des concours, en distribuant des bourses, en faisant des pro-
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messes, il doit tenir sa parole. Jadis, j'ai écouté monsieur le maire; je vous ai écouté, vous qui êtes dans la politique ; vous m'avez excité à laisser Elise à l'école, en me faisant espérer un tas de choses, disant qu'elle gagnerait de l'argent, etpatati et patata, lorsqu'elle aurait son brevet. Elle l'a aujourd'hui ; alors, faut lui donner de quoi vivre et lui trouver une place. Etce n'est pas une faveur que je demande, c'est ce que l'on me doit. Il y a un papier.. (Désignant ' le brevet.) Le voilà. Il est échu : il faut payer !
M. GALOUX.
Mais on ne peut pas donner une place à votre fille avant son tour. Les autres se plaindraient: ce serait une injustice.
ROUSSET
Qu'est-ce que ça peut me faire 1 Du moment que j'aurai mon dû! Les affaires des autres ne me regardent pas. Qu'ils réclament... Qu'ils s'arrangent I
M. GALOUX,
Je vous le répète, je verrai le préfet dés demain. Au revoir.
Il sort.