‹ Blandine: drame en cinq actesChapitre 27 sur 77 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

Et Pilate, entouré de ces hommes de sang, Interroge Jésus et le trouve innocent.

Mais le peuple le veut couj>able, peuple infâme ! Et pour l'absoudre, c'est Barrabas qu'il réclame ! À ce Jésus le glaive, et la lance, et lepieu ! Pour le voleur la vie, et la croix pour le Dieu ! Brûlé par son argent, Judas court, veut le rendre ; On le bafoue, on rit : « Va-t'en ! » Il va se pendre î

On entend un gémissement sourd ; Blandinc s'arrête et prête l'oreille.

Écoute !... non !... le cri d'un oiseau qui m'entend ! Or Jésus a gravi le calvaire, portant L'instrument du supplice, et le païen immonde L'y cloue!... Et le salut se répand sur le monde !

Après un moment de silence.

Et la colombe alors s'envola de la croix !

PONTICUS, dans l'extase.

Je regarde parler tes yeux et je te crois !

C'est à ce Dieu sauveur que j'ai promis ton àme, C'est à lui qu'appartient la mienne. Moi, ta femme? Non, ta sœur, ton amie, et ton guide, et ton chien, Mais de mon cœur de femme il ne reste plus rien !

PONTICUS

Plus rien !... Et c'est pour lui que ce cœur me repousse?

Parles-en d'un esprit calme et d'une voix douce ! Car si l'âme où son nom rayonne épanoui Ne se partage pas, il se partage, lui !...

Aime-le comme moi ! Consens à le connaître !

Reçois sa clarté pure, entends parler son prêtre

Ce n'est d'un autre amour ni !• temps ni le lieu ; Je sens déjà venir le royaume de Dieu !

bonheur de l'aimer, de le prier ensemble !

Songe, songe qu'en lut «V^t la mort qui rassemble ï Et si ce n'est assez du Dieu terrible et doux. C'est Blandine. c*e<t moi qui t'en prie à genoux.

Cle tombe aux genoux Je Ponticos.

PONTICIS.

De quel philtre inconnu pénètres- tu mes veines?

Je sens s'évanouir mes résistances vaines,

Oui. par toi. ce rival est déjà mon vainqueur ;

Mes yeux suivront tes yeux, mon cœur suivra ton cœur !

Ma force contre toi s'est en vain détendue,

Soit à jamais béni par mon àme éperdue,

Sur terre et dans les cieux, de ta bouche envolé,

Ce doux nom de Jésus que tu m'as révélé.

U relève Blandine et la serre contre son cœar. BLANDINE.

Mon Ponticus !

Après on silence.

Écoute!...

De» ombres commencent à apparaître en différents endroits du temple.

Oui, j'aperçois des ombres Se glisser à travers les colonnades sombres ; Ce sont nos frères... viens !

Je m'abandonne à toi*

N'entends-tu pas un bruit de rames ?

PONTICUS

Oui.

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