ACTE DEUXIÈME
Et Pilate, entouré de ces hommes de sang, Interroge Jésus et le trouve innocent.
Mais le peuple le veut couj>able, peuple infâme ! Et pour l'absoudre, c'est Barrabas qu'il réclame ! À ce Jésus le glaive, et la lance, et lepieu ! Pour le voleur la vie, et la croix pour le Dieu ! Brûlé par son argent, Judas court, veut le rendre ; On le bafoue, on rit : « Va-t'en ! » Il va se pendre î
On entend un gémissement sourd ; Blandinc s'arrête et prête l'oreille.
Écoute !... non !... le cri d'un oiseau qui m'entend ! Or Jésus a gravi le calvaire, portant L'instrument du supplice, et le païen immonde L'y cloue!... Et le salut se répand sur le monde !
Après un moment de silence.
Et la colombe alors s'envola de la croix !
PONTICUS, dans l'extase.
Je regarde parler tes yeux et je te crois !
C'est à ce Dieu sauveur que j'ai promis ton àme, C'est à lui qu'appartient la mienne. Moi, ta femme? Non, ta sœur, ton amie, et ton guide, et ton chien, Mais de mon cœur de femme il ne reste plus rien !
PONTICUS
Plus rien !... Et c'est pour lui que ce cœur me repousse?
Parles-en d'un esprit calme et d'une voix douce ! Car si l'âme où son nom rayonne épanoui Ne se partage pas, il se partage, lui !...
Aime-le comme moi ! Consens à le connaître !
Reçois sa clarté pure, entends parler son prêtre
Ce n'est d'un autre amour ni !• temps ni le lieu ; Je sens déjà venir le royaume de Dieu !
bonheur de l'aimer, de le prier ensemble !
Songe, songe qu'en lut «V^t la mort qui rassemble ï Et si ce n'est assez du Dieu terrible et doux. C'est Blandine. c*e<t moi qui t'en prie à genoux.
Cle tombe aux genoux Je Ponticos.
PONTICIS.
De quel philtre inconnu pénètres- tu mes veines?
Je sens s'évanouir mes résistances vaines,
Oui. par toi. ce rival est déjà mon vainqueur ;
Mes yeux suivront tes yeux, mon cœur suivra ton cœur !
Ma force contre toi s'est en vain détendue,
Soit à jamais béni par mon àme éperdue,
Sur terre et dans les cieux, de ta bouche envolé,
Ce doux nom de Jésus que tu m'as révélé.
U relève Blandine et la serre contre son cœar. BLANDINE.
Mon Ponticus !
Après on silence.
Écoute!...
De» ombres commencent à apparaître en différents endroits du temple.
Oui, j'aperçois des ombres Se glisser à travers les colonnades sombres ; Ce sont nos frères... viens !
Je m'abandonne à toi*
N'entends-tu pas un bruit de rames ?
PONTICUS
Oui.