‹ Blandine: drame en cinq actesChapitre 38 sur 77 · SCÈNE PREMIÈRE ATTALE, iEMILIA · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE ATTALE, iEMILIA

ATTALE

Oui, notre amour enfin au vrai Dieu nous élève Et ne s'égare plus dans le vague d'un rêve !

£MILIA.

La bénédiction du ciel est avec nous 1

ATTALE

T'adorer !

jEMILIA.

Te chérir !

ATTALE

Ma femme !

jEMILIA.

Mon époux !

ATTALB.

Le voilà donc l'amour aux flammes éternelles, Gomme de son bandeau dépouillé de ses ailes, L'amour au désir chaste, au verbe rédempteur, Et qui s'endort heureux au sein du créateur ! Mon âme est en liesse et mon cœur est en fête ! Des bonheurs entrevus nous atteignons le faîte ! Loin de nous Cythérée et ses contes charmants, Et l'Olympe, et la fable, et ses enchantements, Et Catulle arrosant un passereau sans vie De ses larmes qu'il mêle aux larmes de Lesbie ! Avant ce renouveau qui m'a tout ranimé, Je ne me souviens plus d'avoir jamais aimé î

iEMILIA.

Mon Attale 1 J'ai peur ; ma joie est trop profonde ! Éloignons-nous, veux-tu, de la ville et du monde ? Et, seuls, dans un désert, ivres, rassasiés, Dérobons-nous dans l'ombre, inconnus, oubliés !

ATTALE, la serrant dans ses bras.

Oubliés!

Tous deux sont plongés dans l'extase, Alexandre entre en scène.

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