‹ Blandine: drame en cinq actesChapitre 51 sur 77 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

ATTALE,EPAGATHUS,iEMILIA,PONTICUS, BLAN- DINE, MATURUS, BIBLIS, prisonniers, pais SANCTUS,

SESTIUS, Deux Geôliers.

Au lever du rideau, les prisonniers £ont étendus dans tous les coins, étendue, accroupis, assis, quelques-uns ont les pieds emprisonnés dans des ceps. jEmilia est assise à terre, la tête appuyée sur l'épaule d' Alla le ; Epagathusest près d'eux.— Malurus, à genoux, serre une petite eroix dans ses mains ; Biblis, immobile sous un grand voile gris, se cache dans une anfracluosité de la muraille. — Blandine, les bras liés, est attachée au pilier du milieu. Une torche fumeuse, accrochée à ce même pilier, l'éclairé de sa lumière tremblante. — Ponticus est étendu sur la pierre, à ses pieda. — Sans les vagues clartés de la torche, le caveau serait plongé dans une obscurité sépulcrale. — On entend au dehors un bruit éloigné de flûtes et de lyres.

PONTICUS, levant la tête vers Blandine*

Tu souffres?

BLANDINE, mine.

Non.

EPAGATHUS.

C'est fête au palais, il me semble; Le légat est joyeux.

Triste joie!

J5MILIA.

Il rassemble Ses amis pour fêter la toge de son fils.

ATTALE

Il lui pardonne donc ses généreux avis?

EPAGATHUS.

Les l'êtes de Bacchus le transformeront comme Une larve en reptile et vont en faire un homme.

Pauvre enfant!

JSMILIA.

Insensible à tes propres malheurs, Tu répands ta pitié sur toutes les douleurs.

Oui; je ne connais rien de plus doux que de tendre La main au malheureux pécheur et de répandre Dans son âme une part des largesses que j'ai?... Le trésor est accru quand il est partagé.

EPAGATHUS.

Le vif peut rendre au mort la vie et le ranime, Mais on n'a pas toujours ton courage sublime.

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