‹ Blandine: drame en cinq actesChapitre 6 sur 77 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

De plèbe et de chrétiens en demeurant chez moi. Que ne leur donne-t-on un fouet pour toute loi ? Des gens de rien plongés dans la fainéantise, Et superstitieux jusques à la sottise.

Gageons que mon époux à les suivre est tout prêt ; De la part d'un tel fou rien ne m'étonnerait.

JEUlLlk.

Ton époux ?

PHYDILE.

D'autrefois ; infortune passée !

Aujourd'hui, grâce au ciel, me voilà divorcée.

Blandine rentre en scène arec la slole et s'arrête.

Il vendait mes bijoux, n'est-ce pas odieux?

Il doit de son blasphème épouvanter les dieux Pour porter son hommage à quelque tête d'âne, Insulter Jupiter de son rire profane, Sur l'empire en détresse appeler tous les maux, La guerre, les forfaits, la peste et les fléaux ; Et comme tout chrétien, horreur de la nature, Des enfants au berceau faire sa nourriture.

BLANDINE, a part.

Ce n'est pas vrai.

PHYDILE.

Telle est leur piété sans nom, Sacrilège !

BLANDINE, à rart.

Non.

PHYDILE.

Folle et ridicule !

BLANDINE, à part

Non.

jEMILIA.

Ah ! nia stole !...

Prenant la stole.

Tiens ! vois !

BIBLIS

Une sardoine rare.

PHYDILE.

C'est d'un effet charmant !... claire ?

BIBLIS

Sans une tare.

PHYDILE.

Mais quoi ! Tu portes donc la stole?... C'est bien vieux,

ATTALE

Non ! moi je suis d'avis que rien ne lui sied mieux.

PHYDILE.

Oh î je trouve avec toi la stole enchanteresse, Du moment que Caton veut épouser Lucrèce.

Car vous vous épousez toujours?

Dès que la loi, Son veuvage expiré, l'aura donnée à moi, Sans que jamais les dieux, ni de gré ni de force, Puissent de nos destins prononcer le divorce.

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