ACTE CINQUIÈME
BLANDINE, berçant légèrement Ponticus.
Mon Ponticus !
Nouvelles clameurs au dehors.
PONTICUS, d'une voix sourde.
Dieu!
Quoi?
Ces cris!... Ces cris de rage !
BLANDINE, lui mettant les mains sur les oreilles.
N'entends pas!
PONTICUS échappant à Blandine, courant au fond de la scène et soulevant légèrement un des rideaux.
Ah ! ce sang !
BLANDINE, courant à Ponticus et lo ramenant, en lui mettant uns main devant les yeux.
Ne vois pas!... Du courage!...
A elle-même.
Ils ne peuvent donc pas tuer sans tous ces cris ?
A Ponticus.
Tu vois bien que je suis tranquille!... Je souris !... Songe que c'est Jésus qui souffre en toi, pauvre âme !
PONTICUS, répondant machinalement.
Oui.
Mourir, qu'est-ce là, puisque Dieu nous réclame Pour revivre, pour naître au bonheur éternel, Pour nous épanouir en son sein paternel ?
PONTICUS
Oui.
BLANDINE, s'eitasiant de plus en plus.
Que ne puis-je en toi verser ma paix profonde?... Un délire inconnu m envahit et m'inonde !...
Mes yeux s'ouvrent ; c'est Dieu qui se révèle à moi ! Ali !... je le vois, te dis-je, ainsi que je te voi !
PO NTIC US, dans une sorte d'exlnse.
Oui!
Maintenant, il va te payer tes souffrances !
C'est l'heure des clartés, des chants, des espérances I Dieu seul est devant toi !... ne pense plus qu'à lui ! Aime-le par mon cœur ! vois-le par mes yeux !
PONT1CUS, complètement anestheslé.
Oui!
Moment de silence. Seslius réparait au fond de la scène. S E S T I U S , «'adressant à Blandine.
Pour la dernière fois, on t'en adjure encore, Blandine !... Reconnais nos dieux et les adore !
BLANDINg.
Demande à Ponticus !... Moi, sans plus discourir, Je le suis !
S EST IUS, à Ponticus.
Jures-tu par nos dieux ?
PONTICUS, les yeux toujours fixés sur Blandine et avec une tendresse profonde.
Viens mourir !
Il enlace Blandine d'un de ses bras et pénètre avec elle dans l'amphithéâtre dont le» rideau* se referment derrière eux. Sestius les suit des yeux arec stupeur.