LE DIEU NOUVEAU
Vous pouvez, vieux roués, nous voyant si couards,
Reprendre vos plumets et vos airs de Dieu-Mars I
Mais Taristocratie — on Ta guillotinée !
La puissance du prêtre — on l'a déracinée !
Un Dieu libérateur se montre à Thorizon.
Le Dieu des travailleurs, le Dieu de la Raison.
Mordez sur Robespierre et son cruel système,
Mais vos dents se rompront sur son Être suprême!
Ce Dieu de nos devoirs, mais vengeur de nos droits,
Qui par le bras du peuple épouvante les rois,
Et qui, comme la foudre, en sa course irritée,
Frappe du même coup Tidolâtre et l'athée!
Car il est des forfaits, contre un peuple naissant,
Qu'on ne peut effacer que dans leur propre sang.
fils abâtardis du monde et du négoce 1
Et vous, faux écrivains, marchands du sacerdoce.
Maudissant Robespierre et ses droits immanents.
Sans lui que seriez-vous? Vous étiez des manants I
Lui seul dans son ardeur, bravant la calomnie.
Au nom du suprême Être, au nom d'un grand génie^
Étreiguit le passé de sa puissante main
Sur le berceau sanglant du futur genre humain.
Esclave d'un principe, à l'éloge insensible.
Les sceptiques viveurs Tout choisi pour leur cible.
Ils mordillent son buste et bavent sur son front; Mais, comme de grands nains, sans nom, ils passeront. Et lui dont la vertu fut d'airain et de pierre Fait trembler les tyrans, au nom de Robespierre 1
Les vieux chants ne résonnent plus, Les vieilles cloches sont brisées I Les vieux dieux sont sourds et perclus, Les vieilles armes sont usées !
Uu nouveau dieu, de juste aloi, Égale le palais au chaume 1 Il est suprême, il est la Loi. Il est la Liberté de Thomme !
Homme ! quand tu te connaîtras,
Tu seras bon, tu seras juste !
Et loin de toi tout ce fatras
D'un dieu personnel, d'un dieu buste I
Fais le bien, recherche le beau; Au laid, au mauvais, sois revêche !
L'esprit de l'homme est un flambeau, £t le corps n'en est que la mèche I
Le mal se punit ici-bas, Et pas de Dieu pour le remettre !
Quand on a fait le premier pas, Il vous tient, il est votre maître.
Mais si, juste et bravant la mort,
De ta loi tu tiens l'équilibre,
Tu disposeras de ton sort
Et tu mourras comme un dieu libre !