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léger, le doigt relevant facilement la paupière descendue, ou tellement intense qu’on ne parvient à écarter les paupières qu'avec de grandes difficultés.
On distingue un blépharospasme tonique symptomatique et un blépharospasme tonique essentiel.
A. Le blépharospasme symptomatique est souvent assez improprement désigné sous le nom de photophobie. Pour en découvrir la cause, il faut examiner bien attentivement le globe oculaire et ses annexes. L
Le trichiasis, un cil dévié, un calcul meibomien, un corps étranger de la conjonectivite, une phlyctène de la conjonctive, toutes les conjonctivites peuvent provoquer du blépharospasme. L’instillation d’une goutte de cocaïne diminue toujours lintensité du blépharospasme symptomatique.
Mais c’est surtout aux affections de la cornée et de l'iris qu’il faut penser. Abadie admet que l’action de la lumière se fait sentir, non pas sur le nerf de sensibilité spéciale, mais sur les filets de la cinquième paire qui animent la cornée et l'iris après avoir traversé le ganglion ophtalmique. Au contraire, les filets de cette même paire qui se rendent à la conjonctive et émanent directement de la branche nasale sans avoir traversé le ganglion, ne sont pas impressionnés dans les mêmes conditions. On constate, en effet, que les inflammations de la conjonctive sont le plus souvent exemptes de photophobie. 6
Les corps étrangers de la cornée, toutes les kératites, l’iritis, entraînent du blépharospasme, mais surtout la kératite phlycténulaire. Dans tous ces cas, naturellement, le
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traitement du blépharospasme se confond avec celui de l’affection causale.
En raison de la bilatéralité fréquente de la kératite phlycténulaire et de son importance dans l’étiologie du blépharospasme, nous nous y arrêterons plus longtemps.
De plus, sa gravité, si on la néglige, et sa relative bénignité, si on la soigne, obligent à savoir la bien traiter.
Nous n’avons pas à décrire ici les signes objectifs de cette affection encore appelée kérato-conjonctivite eczémateuse, lymphatique, etc... C’est une affection de l’enfance et de la jeunesse, elle sévit particulièrement dans la classe pauvre et chez les enfants scrofuleux. Parfois elle apparaît chez des enfants en convalescence de coqueluche, de rougeole, de scarlatine, de fièvre typhoïde; elle est rare chez les enfants sains et vigoureux.
On ne sait rien ‘sur son étiologie ; le terrain scrofuleux lui est favorable et on sait qu’elle n’est pas contagieuse, \
Au cours de cette affection, il est fréquent de voir la photophobie et le blépharospasme atteindre une telle intensité que l’enfant se cache dans un coin obscur de la chambre, se couvrant la figure de ses mains et s’opposant si énergiquement à toute tentative d’écartement des paupières que l’on ne peut examiner ses yeux.
Pour faire cet examen, l’enfant sera couché et bien maintenu par un aide. Deux gouttes de cocaïne seront instillées dans l’angle palpébral interne ; si le spasme permet leur pénétration, l’examen sera facilité et moins brutal; si les écarteurs des paupières sont nécessaires, on s’en servira
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avec prudence. Par ce procédé, on pourra découvrir la lésion cornéenne causale et la soigner.
Il n’y a pas de rapport entre la gravité de la maladie et l'intensité du blépharospasme. Dans les cas où l'affection cornéenne est étendue et profonde, souvent le blépharospasme est bénin ; au contraire, il peut être très intence avec une lésion qui passe inaperçue.
Si la maladie se bornait à une seule attaque, elle serait
relativement de courte durée (huit à quinze jours) ;
; Mais
les rechutes sont fréquentes et avec des intermittences plus ou moins longues, laffection peut traîner des mois et des années jusqu’au temps de la puberté et au-delà, arrêtant l’enfant dans son développement physique et intellectuel. - Tantôt l’un des yeux est atteint, tantôt l’autre, tantôt tous les deux simultanément. à
De plus, si les lésions superficielles de la cornée peuvent disparaître sans laisser de traces, les ulcères laissent des opacités qui diminuent la vision et peuvent produire une véritable infirmité.
Il faut donc combattre la kérato-conjonctivite eczémateuse par tous les moyens. Nous n’insisterons pas sur
le traitement de la lésion cornéenne elle-même par latro-
pine, la pommade au précipité jaune ou le calomel pulvérisé, etc. Les douches d’eau froide sur les paupières constituent un excellent procédé pour diminuer l’intensité du blépharospasme. Nous ne saurions trop y insister. Dans le service de M. Kalt, aux Quinze-Vingts, nous avons pu en apprécier les heureux résultats dans tous les cas de blépherospasme tonique d’origine oculaire. Il suffit d'adapter à un robinet ordinaire un tuyau de caoutchouc ; on donne au
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jet une force de 30 centimètres environ et on le dirige sur l’œil convulsivement fermé, l’extrémité du tuyau en étant éloignée de 10 centimètres à peine. L’enfant est soumis 5 minutes durant, deux fois par jour, à cette douche. Ce procedé est plus commode pour le personnel, mieux accepté par le malade et autrement plus efficace que celui dans lequel la tête entière est plongée dans l’eau. Si les paupières sont œdématiées, on pourra les masser légèrement.
Grâce à cette méthode, le spasme, au bout de quarantehuit heures, a beaucoup diminué et permet de soigner l’affection oculaire. |
On donnera au petit malade des lunettes fumées et on ne prescrira le bandeau que très exceptionnellement. On sera très doux avec lui et une fois dans la journée, après instillation d’une goutte de cocaïne, on l’aidera doucement à ouvrir les yeux, le dos tourné à la lumière.
En outre, on soignera les autres manifestations scrofuleuses (eczéma de la face et du nez, ulcérations, fistule s ganglionnaires, etc.), et on ne négligera pas le traitement général (nourriture substantielle, frictions à l’eau froide, bains salés, huile de foie de morue, quinquina, préparations arsenicales, etc.).
Ce traitement bien conduit triomphe assez rapidement du blépharospasme et de l’affection oculaire qui l’a provoqué.
Si l'examen du globe oculaire et de ses annexes ne donne pas l’explication du blépharospasme, on pensera à une lésion voisine et on examinera la bouche (ulcérations), les dents (carie), la langue, le nez, le pharynx, les sinus, les
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oreilles. Dans ces organes, on trouvera parfois l'explication d’une névralgie du trijumeau qui retentit sur le facial ct provoque un blépharospasme réflexe.
Terson a récemment attiré l’attention sur les affections oculaires provoquées par les dents malades et contrairement à l’opinion populaire, ce n’est pas la canine «la dent de l’œil » qui est le plus souvent en cause, mais les premières molaires supérieures par suite de leur voisinage du sinus maxillaire.
Dans tous ces cas, le traitement dépend de la cause découverte sur laquelle on agira pour mettre fin au blépharospasme.
Si on ne trouve pas de lésion, on examinera l’état général du malade, ses différents viscères et particulièrement le tube digestif (on sait que les vers intestinaux provoquent parfois des troubles convulsifs). La paralysie générale, le tabes, l’épilepsie, la chorée s’accompagnent parfois de blépharospasme. La chorée débute assez souvent par des spasmes de l’orbiculaire ; ils apparaissent des deux côtés, tandis que les autres mouvements involontaires sont unilatéraux. On a publié des observations d'amélioration de la chorée par la correction d’un astigmatisme (Gould) ou d’une insuffisance des droits internes (Stevens).
Nous avons dit plus haut que le blépharospasme clonique pouvait être dû à un vice de réfraction oculaire et que le port des verres correcteurs le faisait bientôt disparaître. Il est rare qu’un blépharospasme vrai, accentué, tonique, complique l’astigmatisme, mais le fait est incon-
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testable et Sulzer en signale chez des jeunes gens plusieurs cas que le port des verres fit disparaître. Il cite également le cas d’une jeune fille chez laquelle il ne trouva pas de stigmates d’hystérie et dont les attaques de blépharospasme étaient surtout provoquées par la lumière vive. Elle ne présentait pas de lésion cornéenne et la contraction permanente de ses deux orbiculaires ne laissait à la fente palpébrale qu’un demi-centimètre. La correction de son astigmatisme l’améliora rapidement.
Signalons cette observation intéressante que nous lisons dans l'Encyclopédie française d'Ophtalmologie : « X.…., 24 ans, étudiant en médecine, présente, depuis l’âge de 12 ans, des mouvements spasmodiques des paupières et des lèvres avec des oscillations légères des oreilles et des déplacements du cuir chevelu. Ces mouvements involontaires surviennent surtout quand il parle à quelqu'un et pendant la lecture ; ils ont été qualifiés de tic. Depuis quelque temps, la lecture s'accompagne de cuisson dans les yeux et d’une douleur vive au niveau de la caroncule lacrymale. __ € X.. présente une double astigmie hypermétropique.
L’ophtalmomètre donne les chiffres siuvants :
90 0rd-25 909 + 0 4 50 et l’astigmie subjective est corrigée par les verres 00 — 14 +924 Q0 — 14 +2 d 25
« Endeuxsemaines, les verres correcteurs font disparaître. les phénomènes douloureux et le tic ; mais ce dernier réapparait s’il laisse de côté les verres et surtout quand il écrit sous dictée sans verres. »
Les phénomènes convulsifs peuvent encore être plus éten-