‹ Blépharospasme Hémispasme Facial et leur TraitementChapitre 19 sur 35 · SPASMES FONCTIONNELS · texte numérisé non relu

SPASMES FONCTIONNELS

Nous. ne terminerons pas sans dire un mot des spasmes fonctionnels de la face et du spasme facial de Bernhardt. Si la définition de Brissaud est acceptée, la dénomination de spasmes fonctionnels est illogique.

A. Le spasme fonctionnel de la face est un tic. En effet, ce spasme n’apparaît qu’à l’occasion de mouvements effectués dans un but spécial. C’est un phénomène de même ordre que la crampe des écrivains et Macé de Lépinay, dans sa thèse (Paris 1909) les décrit sous le nom. de crampes professionnelles. D'ailleurs, Duchenne de Boulogne les a définis «une affection caractérisée, soit par des contractions continues, douloureuses ou indolentes, soit par des contrac-

pas

tions cloniques ou des tremblements, soit enfin per une impotence, qui se manifestent seulement pendant l’exercice de certains mouvements volontaires ou instinctifs et se localisent dans quelques-uns des muscles entrent alors synergiquement en action ». Cet auteur cite l’histoire de cet étudiant de Strasbourg qui, après du surmenage, ne pouvait se livrer à la lecture sens éprouver immédiatement un serrement douloureux du front, des tempes et des yeux et s tua de désespoir de ne pouvoir plus travailler.

Les gens qui lisent beaucoup, les horlogers (Toby-Cohn), accusent parfois des contractions de l’orbiculaire telles qu’elles leur rendent tout travail impossible dès qu'ils se mettent à l'ouvrage.

B. Bernhardt (1C08), Newmark et H. Frœnkel ont décrit une variété de spasme facial où les mouvements fibrilleires sont continus, rappelant «le flux et le reflux d'une vague », intéressant aussi le peaucier, mais beaucoup plus marqués au niveau de l’orbiculaire. Cela ressemble à la myokymie de Kny (1888) et de Schültze (1894).

Meige nie que ce soit une entité morbide et déclare qu’on peut observer ces mouvements dans l’hémispasme facial vrai.

C. Nous n’avons pas à parler ici de lhémispasme glossolabié (plus exactement hémicontracture) et des spasmes rythmiques qu’on peut observer dans l'hystérie.

Nous ne parlerons pas davantage des mouvements de la face observés dans l’hémiathétose, dans l’athétose double d’origine cérébrale, dans la chorée, dans la maladie de

ner oies

Friedreich, le tabes, le tétanos, la rage, les méningites, la tétanie, la paralysie générale, la petite et surtout la grande urémie, dans l’hémiplégie ; aux caractères particuliers de ces Spasmes s’ajoutent les signes de l'affection causale, qui ne permettent pas la confusion avec l’hémispasme facial qui nous intéresse.

Dans la migraine, il n’est pas rare d’observer des mouvements spasmodiques. Tout d’abord la région douloureuse est tendue, puis les soubresauts musculaires apparaissent et le spasme s'établit, la bouche se tord, les paupières battent.

On ne saurait dire si ce spasme dépend de F'irritation directe du tronc ou du noyau facial par suite du trouble circulatoire, ou bien s’il est dû à l'irritation de la voie centri-

pète (spasme réflexe.)

Nous avons dit dans notre introduction que la thérapeutique, dans les spasmes dela face, était jusqu’à ces dernières années assez peu efficace.

Nous avons insisté sur la nécessité de faire un diagnostic différentiel rigoureux entre le spasme et le tic de la face, car les traitements sont tout à fait différents dans l’un ou l’autre cas.

Pour le traitement des tics, nous renvoyons à l’excellent livre de Meige, et nous ne nous occuperons que du traitement du blépharospasme et de l’hémispasme facial.

Nous avons montré que le traitement du blépharospasme symptomatique se confond avec celui de la cause qui le provoque. Il importe donc, après un bon diagnostic différentiel, de faire un diagnostic étiologique exact. Pour cela, le malade sera soumis à un examen méthodique ; nous examinerons particulièrement les yeux, la bouche, les dents, le nez, les sinus, le pharynx, et nous explorerons la sensibilité de la face. Ayant étudié longuement l’étiologie du blépharospasme, nous n’insisterons pas ; nous savons que chaque fois que la cause peut être atteinte, le blépharospasme, comme l’hémispasme d’ailleurs. guérit,

Toujours nous nous rappellerons de faire l'examen de

l'état de la réfraction oculaire du malade.

. Nulle cause n’étant découverte, et, par conséquent, dans les cas de blépharospasme et d’hémispasme essentiels, nous rechercherons si, en quelque point de la face, lacompression ne révèle pas le point de départ de l’arc réflexe, et si-cette compression ne supprime pas le spasme (De Graëfe). Si l’aceès s'accompagne de douleurs, d’après le schéma que nous donnons plus loin (fin schéma I). nous saurons quelle est la branche nerveuse en cause et nous saurons sur lequelle 1] faut agir.

Nous ne négligerons pas de rechercher les stigmates de Phystérie, surtout si nous avons affaire à un malade jeune, pour ne pas le soumettre, s’il s'agissait par hasard de la Névrose, à un traitement inutile puisque c’est la suggestion qui est mécessaire-etisuffisante pour le guérir.

L’hystérie étant éliminée, on pensera à la syphils, au diabète, au paludisme qu’on éliminera aussi en général facilement.

En résumé, un examen méthodique et attentif du malade, est toujours nécessaire en raison même de la complexité de lPaffection.

Dans le traitement de l’hémispasme facial, tous les moyens ‘ont été employés, tout a été essayé et Parineud a pu dire: « Tout échoue et tout réussit ».

: Deesmarres dit avoir guéri en une séance un individu atteint de blépharospasme depuis cinq mois, par une ceutérisation dela conjonctive saine au sulfate de cuivre. Dans tous les autres cas 1l échoua.

Tous les calmants nerveux ont été prescrits sans grands

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résultats ; Brissaud a observé que dans Fhémispasme facial. proprement dit, le valérianate de zine, à doses progressivement croissantes, 2 à 10 centigrammes, avait quelque action dans certains cas.

Chez les migraineux, le bromure calme un peu. Les applications chaudes et froides réussissent dans quelques cas.

Dans l’hémispasme facial douloureux, on a successivement préconisé l’opium, l’aconitine, le nitrite d’amyle, la trinitrine, le nitrite de soude, le butylchloral, la belladone et parfois ces médicaments donnent une amélioration notable.

Le massage dans le sens centripète, le massage vibratoire, les pulvérisations de chlorure de méthyle, le stypage ont aussi, dans quelques cas de spasmes douloureux, donné d'excellents résultats.

Mais la var'été même de ces traitements prouve qu'aucun n’a une valeur sérieuse. et on s’est tourné alors vers des moyens plus actifs. |

+ Dans le blépharospasme et l’hémispasme facial vrai, on a essayé de l’électrisation, de la cautérisation ignée de la paupière au thermo ou au galvano-cautère, du massage forcé (Abadie, 2 cas heureux), de la dilatation forcée, mais tout cela de façon générale sans résultats très appréciables.

La section de la commissure externe des paupières sur une longueur de 15 à 20 millimètres a donné quelques bons résultats (dans la kératite des scrofuleux suitout); ce procédé est des plus simples, il suffit de couper avec des ciseaux mousses dont une branche est introduite dans le cul de sac conjonctival.

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En raison de linfidélité des moyens précédents, on a essayé de recourir à de véritables opérations chirurgicales. Celles-ci sont également très’ variées et prouvent, de ce fait même, qu'un véritable traitement. n’existe pas.

La névrotomie et la névrectomie des nerfs sus-orbitaire et sous-orbitaire (Nélaton, Panas), leur élongation que Panas préfère (un succès, 1881, Archives d'Ophtalmologie, Panas) (un succès, Revue Neurologique, 1908, Jeboulay)j,leur arrachement, l’arrachement du nasal (Badal), l’élongation ou la section du facial (Ottawa), l’anastomose faco-cpinale (Abadie, Cunéo, Kennedy), toutes ces opérations ont pu donner à leurs auteurs quelques résultats, mais ceux-ci sont p°u encourageants, et souvent le but est dépaseé, «1 bien qu'un nouvel état apparaï plus pénible que le premier. Aussi sont-elles à peu près abandonnées !... ©

Egalement contre l’hémispasme facial douloureux une série d'opérations ont été imaginées.

L'opération de Jarre déjà pratiquée par Gross, de Phi- -ladelphie, et par Duplay, mais que Jarre a vulgarisée, con- siste dans la résection du rebord alvéolaire à la pince-gouge. Elle ne donne en générel que des rémissions de plus ou moins longue durée. ï ,

Dans les cas de névralgie isolée, sur les filets et sur les branches du trijumeau on a pratiqué la nevrotemie, la névrectomie, l’élongation ; il faut préférer la névrectomie, car l’élongation ne donne que de mauvais résultats et la névrotomie n’est pas suffisante, car il peut y avoir régénération du nerf. Nous ne dirons pas où ces interventions do1-

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