INTRODUCTION
Les spasmes de la face sont toujours d’un diagnostic difficile et constituent toujours un problème pathogénique très ardu. Il peut donc n’être pas inutile de poser de nouveau ce problème et de montrer que les travaux de ces dernières années, après l’avoir créé, ont contribué à lui donner une solution.
D'autre part, on ne saurait trop insister sur le traitement des maladies du système nerveux, car la thérapeutique n’est malheureusement encore que trop impuissante dans ces affections que les nouvelles conditions scoiales et le surmenage rendent de plus en plus fréquentes ; et jusqu’à ces dernières années notamment, la thérapeutique des spasmes de la face était assez peu efficace.
Nous devons particulièrement en France à Brissaud et Sicard d'utiliser l’action inhibitrice. et destructive de l’alcool sur les filets nerveux moteurs dans les cas de spasme et de contracture, et sur les filets sensitifs dans les cas de
névralgie et de spasme douloureux.
La simplicité et la relative innocuité de ces injections d’alcool, les résultats excellents que nous avons vu obtenir dans le service de notre maître, M. Sicard, nous ont amené
CS 0 PR à ajouter quelques documents cliniques à cette questicn toute d’actualité.
Le sujet de notre thèse s’y prête, puisque nous nous proposons d'étudier le blépharospasme et l’hémispasme facial et que, dans le traitement de ces deux affections, l’alcoolisation locale occupe la première place.
Cette méthode mérite d’être mieux connue et plus souvent mise à l'épreuve, surtout la pratique des injections périphériques qui est d’origine toute récente (Sicard). Elle est simple, inoffensive, et très souvent efficace. A ce titre, elle doit être préférée aux injections profondes sur le tronc nerveux du facial, lesquelles sont plus difficiles, plus douloureuses et n’ont pas plus d’efficacité.
Dans la névralgie du trijumeau, qui n’est pas justiciable d’une cure syphilitique, diabétique ou paludéenne, l’alcoolisation locale est reconnue la méthode thérapeutique de choix. On fait encore des réserves et on discute ses résultats dans les spasmes non douloureux de la face. On dit, en effet, que, dans le premier cas, il importe de détruire au maeximum Îles filets nerveux sensitifs, tandis que, dans fe second, la destruction des filets moteurs doit être limitée. Une alcoolisation trop forte expose à une dégénération du nerf trop intense et peut entrainer une paralysie faciale, avec réaction électrique de dégénérescence, peut-être définitive. Si, au contraire, l’action de l’alcool est insuffisante, la paralysie consécutive est fugace, dure quelques heures à peine et le spasme ne disparait que quelques semaines pour réapparaître avec ses caractères primitifs.
Nous pouvons déjà répondre que, toujours, la paralysie faciale guérit, même tolale et présentant la réaction élec-
ps.
trique de dégénérescence (Sicard). Nous montrerons, d’ailleurs, combien facile et efficace est le procédé nouveau que \ nous proposons et auquel on doit reconnaître le mérite de réduire la paralysie au minimum et de permettre, si le spasme réapparait, une nouvelle injection.