‹ Blépharospasme Hémispasme Facial et leur TraitementChapitre 7 sur 35 · DÉFINITION · texte numérisé non relu

DÉFINITION

Pour bien les comprendre, nous donnerons les définitions exactes de ces termes : spasme, blépharospasme, hémispasme, tic, blépharotic, spasme facial médian ; il nous sera ainsi facile de les opposer et de les différencier.

1° Le spasme, dit Brissaud, est un acte exclusivement réflexe d’origine bulbaire ou spinale, l’irritation pouvant porter sur un point quelconque de l’arc réflexe. Donc, cette irritation peut porter sur la voie centripète, le centre médullaire ou la voie centrifuge.

S1 l’épine irritative siège sur le conducteur centripète, le spasme s'accompagne le plus souvent de phénomènes douloureux, c’est l’hémispasme facial douloureux. Nous parlerons plus loin de discussions intéressantes à ce propos.

Si l’irritation porte sur la voie centrifuge, le spasme est indolore, c’est le spasme facial proprement dit.

Si, enfin, l’irritation porte sur un noyau gris de la our ou du bulbe, la réaction spasmodique ne diffère guère de la précédente. Mais, du fait de l’irritation des centres, souvent au spasme peuvent s’ajouter des troubles qui permettent de diagnostiquer le siège de la lésion irritative.

Lorsque les mouvements spasmodiques sont limités à la sphère d'action d’une branche nerveuse motrice, on peut incliner vers l’hypothèse d’une lésion périphérique ; mais une lésion irritative peut n’intéresser qu’une partie d’un noyau et le spasme qu’elle provoque peut être très limité ; il s’ensuit que le diagnostic du siège central ou périphérique de la lésion est toujours malaisé.

Dans le spasme facial, tous les muscles de la septième paire peuvent être intéressés ou seulement ceux qui sont innervés par une des branches de division ou même un muscle ne recevant qu’un simple filet nerveux.

Si la contraction est permanente, le spasme est dit tonique, il est dit clonique si elle est passagère.

En résumé, le spasme est une contraction musculaire involontaire et limitée. Les convulsions sont aussi des contractions musculaires involontaires, mais plus violentes et

plus étendues.

29 De la définition qui précède, il résulte que le blépharospasme, ou spasme des paupières, est la contraction involontaire du muscle orbiculaire. Pour la contraction du rele- veur de la paupière, le plus souvent on précise et dit spasme du releveur, nous n’en parlerons pas.

39 Dans lhémispasme facial, la contraction involontaire intéresse une moitié verticale de la face. Il existe un hémispasme facial douloureux et un hémispasme facial indolore.

De plus, sous le nom d’hémispasme facial alterne, Brissaud et Sicard ont décrit un type nouveau, caractérisé cliniquement par un hémispasme facial associé à des trou-

bles de la motilité des membres du côté opposé.

4° Le tic, dit Brissaud, est un mouvement systématisé, reproduisant en l’exagérant un acte physiologique appliqué à un but fonctionnel. « C’est un trouble psycho-moteur, moteur, parce que le phénomène objectif présente les caractères d’une convulsion ; psychique, parce qu'il s’agit d’un acte primitivement coordonné vers un but, mais devenu inopportun, illogique, absurde ». (Meige.)

Tous les muscles peuvent être atteints de ties, mais le tic de la face est le plus fréquent, et parmi les tics de la face, le tic des paupières, le blépharotic.

59 Le blépharotic frappe tantôt un seul œil, mais le plus souvent les deux ; il est presque toujours clonique, mais il peut être tonique.

Le blépharotic clonique présente une forme avec battements légers et très rapides de la paupière supérieure, et une forme plus fréquente où la contraction de l’orbiculaire est plus forte et brusque, c’est le tic de clignotement, parfois accompagné de contractures des sourciliers, des zygomatiques, etc…., etc.

Dans le syndrome de la rnaladie des tics (Gilles de la Tourette), au blépharotic s’ajoutent des tics d’autres muscles de la face et des membres.

Dans la forme tonique ou blépharotic de clignement, l'œil est à demi-clos, quelquefois de façon permanente, donnant au tiqueur un facies somnolent. Cette forme rappelle beaucoup le blépharospasme tonique ; la présence d’autres tics (aux membres notamment), l’action de la volonté qui peut le faire disparaître, la mentalité spéciale du tiqueur contribuent à les différencier.

OT

Nous ne parlons pas du tic d’écarquillement des paupières que l’on peut opposer au spasme du releveur.

6? À côté du blépharotic ct du blépharospasme, il y a place pour une affection convulsive des paupières dont MM. Rochon-Duvignaud et André Weil ont communiqué uu bel exemple à la Société de Neurologie (décembre 1907) et dont M. Sicard à pu dire : « C’est bien là un cas à rapprocher des torticolis mentaux de Brissaud ».

Meige et Feindel avaient déjà décrit ce type clinique dans leur livre (Les Tics et leur traitement).

Cette affection convulsive apparaït chez les vieillards ;

. «la contraction de l’orbiculaire y est surtout tonique, mais

au blépharo-tonus s'ajoutent des secousses plus ou moins rythmées ; elle dure plusieurs secondes, parfois incomplète la fente palpébrale très rétrécie permettant encore au malade de distinguer les personnes et les objets à la condition de relever la tête ; de temps à autre l’occlusion devient complète à tel point que le sujet reste quelques instants sans rien voir. Puis, il fait des efforts violents avec ses muscles frontaux et sourciliers et il arrive à ouvrir largement ses paupières pendant un certain temps.

« Cette contraction est bilatérale ou plus légèrement accentuée d’un côté. Les globes oculaires y participent quelquefois, elle peut être limitée aux seuls muscles orbiculaires ; souvent il s’y ajoute des contractions bilatérales des so du nez, des sourciliers, des élévateurs de la lèvre supérieure .» (Meige.)

Ces contractions ne persistent pas pendant le sommeil ;

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