‹ Blessures du Tronc du Sciatique: Différents Types Anatomo-Clinique de ParalysieChapitre 17 sur 54 · III. -— Période des Complications · texte numérisé non relu

III. -— Période des Complications

En présence d’une section du nerf, nous verrons les symptômes moteurs et sensitifs rester immuables ; seuls les troubles trophiques vont se modifier.

L'œdème du pied s’atténue et finit même par disparaître. Il peut être tenace et passer, comme nous l’avons déjà vu, à la chronicité (obs. XXX), ou réap-

paraître à l’occasion de fatigues,

Le pied conserve sa sécheresse. Il présente toujours de l’hyperkératose plantaire. Sa peau s’épaissit, présente des anomalies de pigmentation, des modifications des crètes épidermiques (Claude et Chauvet). Celles-ci perdent leur relief, deviennent plus floues Leur empreinte se sillonne de rides.

Le ballottement du pied s’exagère et gène considérablemeut la marche ; steppage nécessitant une arthro:

dèse tibio-tarsienne.

Nous avons même vu pratiquer.cette intervention chez un blessé dont le sciatique était en apparence intact, malgré une paralysie complète.

Souvent apparaît soit sous le talon, soit sous le bord externe du pied, à la face dorsale des orteils, à l’extrémité du premier orteil, une petite ulcération atone incolore qui s'étend lentement en largeur et en profondeur, sans tendance à une cicatrisation spontanée. C’est un mal perforant. Cette ulcération débute souvent par une phlyctène. Le malade, dont la plante du pied est complètement anesthésiée se brüle facilement au contact d’une bouillotte trop chaude ou au cours d’un bain de pied.

Elle peut aussi reconnaître pour origine une exCoration minime, due à la friction des chaussures sur des tissus mal nourris ou encore une simple lésion de grattage du blessé voulant détacher une écaille cornée qui couvre son pied.

Les grands froids de l'hiver, les fatigues excessives semblent encore influencer l'apparition et l’évolution du mal perforant plantaire. ,

Une fois installé, il guérit très lentement et très dif-

ficilement. M. le Professeur agrégé Leriche en a exposé la pathogénie et le traitement.

Le mal perforant serait toujours dû à l’existence d’un névrome sur le bout supérieur consécutif à une section complète du nerf ; en cas de section incomplète, celle-ci porterait toujours sur les fibres du sciatique proplité interne.

Dans ce névrome, la prolifération active des cylindraxes serait le point de départ d’un réflexe vasodilatateur qui se réfléchirait au niveau du ganglion rachidien et dont la voie centrifuge serait le sympathique périartériel.

Le moindre traumatisme produit alors une exsudation sérosanguinolente dans les mailles conjonctives ; une phlyctène se forme, se distend, puis refoule Ju peau.

L’épiderme, une fois déchiré ne se cicatrisera plus.

De cette pathogénie, découle le traitement : ablation du névrome et canalisation des cylindraxes jeunes, sympathectomie périartérielle.

Signalons aussi l'influence du repos complet au lit sur les cicatrisations temporaires.

Pour notre part, nous avons noté l’existence d’un mal perforant chez onze de nos blessés. Ils présentaient les lésions suivantes : quatre sections complètes, une hémisection postérieure, une compression par tissu de cicatrice, un nerf intact, un nerf crible d’éclats d’obus.

Dans les autres cas, il n’y a pas eu intervention.

Plus fréquents sont les troubles du côté des ongles, Ceux-ci s’épaississent, se strient transversalement, de-

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viennent cassants et se décollent quelquefois. Une fois coupés, ils ne repoussent que très lentement.

L'atrophie est devenue considérable, tous les muscles ont perdu leur contractilité idiomusculaire, leur excitabilité faradique ou galvanique. |

Le système osseux présente lui aussi des troubles trophiques, la radiographie montre une raréfaction osseuse considérable, elle peut révéler des fractures spontanées des métatarsiens, ignorées du malade (obs. VII).

Le pied est le plus souvent froid et violacé.

LÉSIONS. — Nous avons observé 23 paralysies totales du sciatique. L'intervention a montré :

1 fois : un nerf intact, sans tissu fibreux de voisinage. .

1 fois : inclusion dans le nerf d’une multitude de petits éclats.

1 fois : perforation du nerf.

4 fois : section partielle avec réaction fibreuse unissant quelquefois étroitement le nerf à une exostose traumatique de la ligne âpre, à un cal du fémur.

8 fois : section complète. Dont 5 avec pseudo-continuité.

4 fois : simple compression fibreuse.

DS

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