CONCLUSIONS
Les grains de plomb, au sortir de l’arme, sont aseptiques par suite du flambage qu’ils ont subi. Ils agissent donc comme corps étrangers aseptiques.
Cependant, ils peuvent se charger de germes en heurtant des corps étrangers avant de pénétrer dans l’œil. D’autre part, la plaie peut s’infecter et amener le même résultat.
Ils produisent :
1° Un violent traumatisme qui souvent s’accompagne de symptômes réactionnels assez graves pour en imposer pour une pénétration, qui parfois n’existe pas.
Ce traumatisme peut amener des hémorrhagies rétiniennes, une amaurose sans lésions, et quelquefois un décollement de la rétine sans pénétration ;
2° Une cyclite qui, (a) si elle est infectieuse, aboutit à une panophtalmie suivie d’atrophie avec menace d’ophtalmie sympathique ; ( b ) si elle n'est pas infectieuse, qui se termine d’ordinaire par atrophie ; cependant, dans certains cas, l’œil peut conserver sa tonalité.
Presque toujours la vue est gravement compromise. Dans l’orbite, le grain de plomb aseptique arrive à s’enkyster sans complications, ou il peut produire des paralysies de deux sortes : l’une par section d’un nerf, l’autre par compression (plomb lui-même ou épanchement sanguin),
Le traitement consiste :
1° An début : immédiatement après l’ accident, il faut attendre que les symptômes réactionnels aient disparu pour prendre une décision. On fera donc l’antisepsie de la région. — On instituera un traitement antiphlogistique. — Applications de glace, injections sous- conjonctivales de sublimé. On comprimera légèrement le globe oculaire et surtout on ordonnera un repos absolu ;
2° Plus tard, l’état du malade dictera la conduite qui sera :
(a) L’expectation toutes les fois qu’il n’y a pas de réaction.
(b) L’extraction du plomb à condition qu’il soit visible à l’ophtalmoscope et qu’il y ait de la réaction.
(c) L’exentération ou l’énucléation : chaque fois qu'on se trouve en présence d’accidents phlegmoneux.
(d) L’énucléation seule, quand il y aura des troubles sympathiques.
( e ) Le curage de l’orbite, si la persistance des phénomènes sympathiques fait supposer que le grain de plomb non trouvé dans le globe est dans l’orbite.
Enfin, dans les cas où le grain de plomb a pénétré dans l’orbite sans atteindre le globe, s’il y a paralysie imputable à la compression exercée sur un nerf par le plomb, on pourra essayer d’aller à la recherche du corps étranger.