‹ Blessures par grains de plomb de l'organe de la visionChapitre 16 sur 17 · TRAITEMENT DU GRAIN DE PLOMB EXTRA-OCULAIRE · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DU GRAIN DE PLOMB EXTRA-OCULAIRE

Voyons, maintenant, quelle doit être notre conduite en présence d’un grain de plomb extra-oculaire.

Si le globe n’a pas été intéressé, que le projectile soit passé par côté de lui, et qu’à la suite de l’accident, il y ait des paralysies, il faut ne rien lenter si l’exploration de la plaie au moyen de la sonde, ne fait pas découvrir de corps étranger dans les tissus. Nous avons vu que la compression produite par le sang épanché, suffisait souvent à produire des paralysies. Dans ce cas, il n’y a qu’à attendre la résorption du sang, à la favoriser par le traitement antiphlogistique et surtout à faire une antisepsie rigoureuse de la plaie.

Quand, au contraire, r exploration de la plaie permet d’arriver sur le grain de plomb, il faut, de toute façon, débrider et aller à la recherche du corps étranger.

Supposons maintenant qu’avant d’arriver au fond de l’orbite, le grain de plomb ait traversé le globe de part en part. Le projectile peut s’enkyster ou donner lieu à des phénomènes inflammatoires qui nécessiteront l’énucléation. Il est clair que. dans le tissu cellulaire de l’orbite, autant et même bien plus que dans le globe oculaire, il n’y a pas à intervenir quand un grain de

plomb s’y est enkysté. Mackenzie (1) traite à « énormité » l’extirpation de l'œil dans ces circonstances.

Il n’en est plus de même quand des accidents sympathiques éclatent. Dans ce cas, l’hésitation n’est plus possible, ni même permise, l’énucleation s’impose, et il faut opérer au plus vite, sous peine de voir l’œil sympatisé perdre complètement toute vision. Ce n’est qu’alors qu’on constate que la pénétration de part en part a eu lieu et que le grain de plomb est en arrière du globe.

Que faire alors? M. Despagnet, dans un cas de ce genre, s’est contenté de refermer la plaie, et depuis plus d’un an, aucun symptôme alarmant n’est venu troubler la tranquillité du malade, ni du médecin.

Mais il peut arriver alors que de nouveaux accidents sympathiques se produisent après l’énucléation. Alors, il faut aller de suite, sans hésitation, à la recherche du foyer plus ou moins profond, dans lequel on aura toute chance de trouver du même coup le corps du délit et on l’extraira. M. Abadie a agi de cette façon dans un cas semblable et les accidents ont immédiatement disparu.

(1) Mackenzie. Traité des maladies des yeux.

■'Mil

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