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Le mécanisme de cette absence d’hémorragie est variable, mais il se résume à 3 causes dans nos observalions :
1° Oblitération de la plaie vasculaire par le projectile lui-même : ? cas.
2° Obturation par un caillot : 7 cas.
3° Oblitération par l’étirement, la rétraction des parois : vasculaires : 14 cas. Il faut tenir compte de ce fait que la pression sanguine est certainement diminuée par la réaction de la blessure ou des blessures sur le système nerveux et circulatoire, la tunique interne du vaisseau se rétracte, se recroqueville, la tunique moyenne se contracte et lorsque tous ces éléments se réunissent, le calibre du vaisseau se trouve pratiquement réduit à rien, et l'hémorragie initiale n’a pas lieu. Ce phénomène constitue ce que l'on a désigné sous le nom de stupeur des vaisseaux et que Charles Vianney, médecin-
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chef de l'Auto-chir. 16 fut le premier à mettre en lumière, comme l’a établi Veau dans son rapport à la Société de chirurgie en 1918. Cette modification physiologique apportée au fonctionnement des artères sous l'influence d’un traumatisme, est importante à connaître et à bien différencier de la contusion, lors d’une intervention chirurgicale, principalement quand il n’y a pas plaie vasculaire, afin de ne pas lier un vaisseau, dont les fonctions ne sont que momentanément inhibées mais qui rapidement les recouvre, puisque dans ces cas, il y a intégrité absolue des tuniques vasculaires. L'artère en élat de stupeur, se présente au chirurgien comme contractée, son calibre est diminué d’un tiers ou de la moitié, et les battements sont, ou totalement supprimés ou très affaiblis et réduits souvent à une ondulation à peine perceptible.
2° Plaies avec hémorragie abondante et anémie aiguë. — Ce n’est pas la majorité des cas. 85 de nos blessés sont arrivés complètement exsangues, ayant perdu une quantité de sang énorme entre le moment de leurs blessures et leur arrivée à la salle d'opération. Il y eut sur ce nombre 53 morts causées simultanément par la perte de sang et le plus souvent le shock considérable dû à plusieurs blessures. Dans nombre de cas, ily avait en effet en même temps que la plaie qui nous occupe, une plaie de poitrine ou une plaie pénétrante de l'abdomen ou de nombreuses autres plaies.
3° Plaies avec hémorragie moyenne. — Dans les 107 cas de plaies larges qui restent dans notre statis-
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tique, l’hémorragie a été moyenne. Le blessé est arrivé avec un pansement plus ou moins compressif, plus ou moins traversé de sang, mais ayant, en somme, assez peu saigné pour que ses jours ne soient pas en danger du fait de l'hémorragie. |
B. — Plaies étroites.
Quand la blessure des vaisseaux ne communique pas directement avec l'extérieur, recouverte par une aponévrose ou atteint par un projectile en général assez petit qui a suivi un trajet plus ou moins sinueux pour arriver à son but, il peut, comme dans les plaies larges, ne pas se‘produire d'hémorragie :
Sur 133 plaies étroites nous avons noté :
1°. — 34 fois l'absence à peu près complète d'hémorragie.
Jugulaire interne : 1 fois par oblitération due au pro- Jectile.
Vaisseaux axillaires : 5 fois, dont deux par oblitération due à un caillot.
Vaisseaux huméraux : 17 fois.
Vaisseaux fémoraux et poplités : 11 fois, dont 1 fois par obturation par le projectile; 1 fois par oblitération due à un caillot.
2°, — 33 fois nous avons constaté la présence d’un volumineux hématome, décollant souvent les loges musculaires pour s'étendre au loin et déterminant une déformation assez considérable d’un segment de membre ou
de toute une région. Les vaisseaux plus petits de l'avant-bras et de la jambe saignent presque toujours, causant dans les masses musculaires de ces hématomes diffus, s'étendant à une très grande distance de Ja lésion originelle. à
3. — 3 fois les rapports du foyer traumatique étaient tels que la plaie vasculaire était en communication avec une cavité splanchnique, le péritoine; le sang s'était répandu d'emblée dans la séreuse, donnant au point de vue symptomatologie, les signes généraux d’une hémorragie grave: interne et les signes locaux d’un épanchement.
4, — Le reste de nos blessés atteints de plaies étroites présentaient un hématome peu important, bridé par les tissus voisins, et dû à la difficulté d'écoulement du sang à l'extérieur.
Do. — Il existe enfin une variété clinique intéressante des plaies étroites sur laquelle Mondor, dans un article de la Presse Médicale de 1919, a’ attiré l’attention : ce sont les plaies étroites avec ecchymoses très étendues, dues à la production d’une infiltration sanguine des üssus superficiels. Bien que nous n’en possédions pas d'observations personnelles, nous avons jugé utile cependant de ne pas omettre de citer cette variété au cours de notre travail.
Complications des plaies étroites. — Il en existe deux. Elles sont dues le plus souvent à des plaies par balle ou tout petit éclat. Ce sont les anévrysmes arté-
-riels et les anévrysmes artério-veineux. |