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L'étoile Prisonnière, ami cher, c’est ton âme ; Le halo qui le suit, Planant autour de loi, C'est le souffle immortel de l'être qui fut mot,
Promulgue ex-cathea,: “La vie est un éclair... Elle luit un instant, pulvérise la chair.
Seul le trait Qui jaillit au moment indicible
Où s'unissent deux CœŒurs, doit survivre qu néant. Aime, désire et souffre, arrache à la matière
Cette vibration, Orgueil de la poussière.
Avant de retomber dans le fossé béant,
Fais famboyer ton être, Ulumine la nuit...
Où tu dois remonter. Cur les heures sont brèves... L'hiver flétrit les fleurs aux pétales de rêves
C’est un Champ désoié qu'un cœur où rien NT
Le soleil, père du monde, qui, depuis tant de siècles, roule. Mmajestueusement dans l’espace sans s’écarter de son orbite,
sans se choquer jamais aux autres astres dans ses immuables révolutions; le soleil de Paix et d’amour qui préside à l’harmonie universelle éclairait, ce jour-là de son grand œil de feu, — Ô ironie du destin ! — l’immensité des plaines d'Abraham, où
deux races ennemies s’entr’égor. aient pour s’arracher “ uel-. ge po
ques misérables arpents de neige”, Montcalm jouait en désespéré la dernière partie de la France. On entendait les crépitements d’une fusillade endiablée d’où
sourdissaient les plaintes des blessés, les cris des agonisants.
répercutés par les Laurentides. Une écharpe de deuil flottait
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anglais sonnait le glas des vainqueurs d’hier gisant étendus sur la plaine et regardant le ciel de leurs grands yeux éteints ! |
Intrépide, fou d’audace, Montcalm excitait ses soldats à la lutte suprême, I] observait les ennemis, donnait des ordres à ses officiers, relevait le Courage défaillant de ses soldats. Tout-à- Coup, on le vit bondir au milieu de la mêlée. D'un geste sublime, il montrait le drapeau blanc, et plus qu’une longue prosopopée, le regard d’amour dont il enveloppait le morceaw de
“Vive la France !”
Mais il était dit que l’héroïsme serait vaincu. Soudain une bande de feu éclaira l’horreur du champ de bataille, et une “écharge de Mousquets éclata comme un Coup de foudre. Dans la bousculade serrée, affolée qui s’en suivit, le général français tomba, frappé à l'épaule par une balle meurtrière. Comme si elles n’eussent attendu que ce sis il, les troupes anglaises fon- 4irent comme des vautours sur Ja poignée de braves qui se débatta:ent, dans les affres de l’agonie, tandis que Montcalm, oubliant qu’il allait Mourir, ne cherchait q'à se dresser sur ses
la terre de ses Ongles, une écume rougeâtre aux lèvres, dans sa rage impuissante de ne Pouvoir vaincre l’infâme, qui déjà immobilisait. ses membres. Avec l'énergie de ceux qui ont fait l’holocauste de leur vie, il se traîna jusqu’au drapeau blanc, s’accrochant à la hampe, il porta. ses lèvres sur le sublime haillon, et de ses bras défaillants il l’enlaça dans une
dard de France. Au même moment les Canons anglais grondèrent Ja victoire des fils d’Aibion, chèrement achetée, puisqu’elle leur coûtait la vie de Wolfe. Les officiers accoururent au-devant de Montcalm et le reçurent dans leurs bras. Mais le
au coin de ses lèvres minces :
—“Je... meurs content... soupira-t-il. Je ne verrai pas la prise de Québec par les Angluis.”
Le héros ouvrit plus grand ses yeux éclairés déjà de la lumière éternelle ; sa bouche, crispée par la haine, se détentit. I] roula sur le champ de bataille, confondu avec les humbles héros Morts inconnus pour le drapeau de la France adorée,
Le voile du temple ne se déchira Pas, mais le cap granitique gémit jusque dans sa base, Comme un arc-en-ciel de paix, l’on vit se profiler sur le fond sombre des Laurentides une bande lumineuse formée des trois couleurs Bleu-Blanc-Rouge. Effet
blessure de Montcalm, harmonisèrent leurs trois couleurs et se sensibilisèrent dans l'éther. © merveille, un éblouissement tricolore comme une oriflamme aérienne flotta dans l’air libre ! La plaine d'Abraham d’où sortent parfois d’étranges clameurs est restée une terre déserte et morne, écorchée par les vents, brûlée par un soleil vengeur. Solitude plus triste que celle des prairies de l'Ouest, Puisque aucune fleur ne l’égaye
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d’un sourire printanier, Plaine vide et nue, la lumière du jour, plus désolée que l’ombre de la nuit, ne se lève sur elle que Pour éclairer l’horreur d’un champ maudit où la France sanglante, mais non Vaincue, nous soupira un long adieu.
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O tricolore, je t'aime Parce que le monde naquit le jour où tu claquas dans l’air ton premier baiser d’amour ! Le tricolore, c'est un cœur qui bat dans lespace, il range sous son égide toutes les âmes ardentes assoiffées de générosités, d’idéalisme et de glorieuses utopies. (C’est le phare lumineux qui guide la marche des hommes à leurs éternelles destinées, par les sentiers de l’honneur et :de la science... Que vient-on nous Parler d’un autre drapeau que le tricolore, quand ce fut lui que nos cœurs d’enfante acclamèrent aux jours de nos fêtes nationales !... Dans ses plis rayonnants flotte tout un passé de gloire, les fières traditions de la mère-patrie, dont le hoc signo vinces s’écrit ainsi : Liberté, égalité, fraternité. Chaque année quelque énergumène surgit de nos Tangs posr crier: “I] nous faut un drapeau ! ” comme si nous n’en avions pas un. Celui-
cliner devant le drapeau, il ne devra donc être la bannière d’au- Cune secte, D’autres le voudraient bleu et rouge avec une fleur de lys... Mais que nous dit la fleur de lys, à nous, qui sommes essentiellement démocrates, attendu que la noblesse ici ge recrute chez les hommes de talent et de cœur. Nous n’honorons la particule que lorsqu’elle précède ces imposantes épithètes... Certains Opinent en faveur de constellations de feuilles d'érable entre-
mêlées de fleurs de lys, servant de fond à une famille de castors... J’en Passe et des plus bouffonnes. Je trouve ridicule qu’il puisse 8ermer dans le cerveau du plus original de nos faiseurs, de vouloir nous imposer son drapeau, comme s’il s’agissait d’une nouvelle variété de chocolat, à lanc-r sur le marché. Mais on ne fait pas un drapeau, pas plus qu’on ne se fait un dieu et un culte, Quand les exaltés de la Révolution
sante, l’on préféra la négation absolue à ce grossier pastiche de la divinité. Les vieux temples gothiques avaient de mer-
Chair même de son Sauveur. C’est le Corps, le sang, l’âme de
la France qui palpitent dans cet oiseau flamme, battant Pair de
Son aile puissante, Celui qui le nierait mériterait Je déshonneur, Toutes les richesses de l'imagination la plus forte en inventions mirobolantes ne Peuvent reproduire, après d’innombrables essais, l’œuvre lente des siècles agissant par leurs forces intimes. Les combinaisons les plus heureuses restent aussi im- Puissantes à reconstruire les œuvres d’instincet que Part a imiter le travail inconscient de l’araignée qui tisse sa toile. Nous sommes ici à la ligne sacrée où les opinions se séparent, un
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une conception étroite du patriotisme, laquelle aurait pour effet de nous affaiblir encore en divisant nos forces. Il a fallu ce déluge de SAS; qui a inondé la France Pour teindre de rouge le drapeau des croisés. Le tricolore est sorti tout armé du sein de la France, comme Minerve du cerveau de Jupiter; Mais depuis de longs siècles, on lattendait avec impatience. Quand il parut, tous accueïllirent, avec un long cri d’amour, cet enfant du Miracle dont Je Premier cri fut un appel à la liberté. Ce cher drapeau, tout lacéré, on voudrait le relé- £uer aux oublièttes et nous imposer une coquette bannière, pimpante et dorée, avec l'étiquette de la célèbre maison + Et nous forcer à l’embrasser à genoux !... Allez donc demander à ce jeune homme, qui garde comme une relique le vieux bonnet de sa mère, s’il voudrait lPéchanger contre un merveilleux bonnet en fine dentelle, Le regard indigné qu’il vous
substituer au tricolore le drapeau d’un ‘de ces novateurs, ce qui serait plus qu’un manque de goût, mais une honteuse idolâtrie, Ah ! l’on compte sans le Peuple, qui ne sera jamais complice d’une vilenie, car il a gardé, lui, le culte du tricolore.
O drapeau chéri, c’est à genoux que je fais amende honorable pour tous cer ingrats qui oublient que tu conduisis nos martyrs au triomphe de notre nationalité sur ses maîtres ! Ah!
linceulés dans tes plis, 6 tricolore. Revêtus de cette chlamyde d’immortalité, ils défieront la Corruption dernière, pour paraître radieux aux jours de gluire. Mais je veux, du moins, que le premier-né de ma pensée soit porté au baptême enroulé dans tes plis lumineux. Va, petit Bleu-Blanc-Rouge, sois brave et fier ! Combats sous Pégide de la France, notre patrie lointaine, mais présente au milieu de nous par son auguste symbole ! Que tes balbutiements naïfs célèbrent à leur manière la grandeur, la noblesse de celle que nous nommons avec orgueil notre Mère, nous qui avons le droit de nous dire ses enfants, Pour avoir réussi, à prix de sang et d’humili: tions, à conserver notre langue française dans une colonie r glaise.
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