‹ Bleu, blanc, rouge [microforme]Chapitre 63 sur 79 · SOURIRE PRINTANIER · texte numérisé non relu

SOURIRE PRINTANIER

EE” eaux baptismales descendent du ciel pour laver la

terre de ses souillures. Allons, M. Printemps, lâtez-

vous à votre toilette, Faites-vous pimpant.. Otez votre

cache-nez, fleurissez les collines et parfumez les prés. Hé-

Jas'! dans la nature, comme dans les gouvernements, la

période de transition est précédée d’une ère d’anarchie

Les glaces s'amoncellent, les giboulées luttent dans le

ciel avec le soleil matin, trop jeune encore et qui s’amuse à faire des niches. Les murs suintent, les corniches pleurent sur nos plumes, nos bas de robes sont trempées comme des éponges, et notre nez coule comme une gouttière. On entend de tous côtés dans la neige faire ploc! ploc!... Parfois, c’est une grosse dame qui s'effondre dans une mare traîtreusement recouverte de glace... Ploc! ploc !.… Le panier renversé. les patates.

le chou, le chapeau lamentable s’en vont À la dérive, entraînés dans le tourbillon noir des renvois d’esu. Un vieux monsieur sympathique s’informe : ‘ Vous êtes-vous fait mal ?’’— Non, je me suis fait du bien, réplique la bonne femme en roulant des yeux furibonds.

— Flac! Flac! Un cri d'oiseau effarouché! Une jolie fillette s'est laissée choir dans l’eau, bien doucement, allez !.. Vingt bras sont tendus pour sauver la naufragée. Elle tend Ja main avec son plus doux sourire à celui qui à la plus belle moustache comme on s'accroche désespérément aux plantes aquatiques qui se penchent sur le miroir des lacs, dix mouchoirs s’agitent pour essuyer son nez retroussé, plein de malice.

— Vous n’êtes pas blessée au moins.

--Aïe ! aïe ! là, au pied !.… elle mont: ;, l’ingénue, une petite bottine de Cendrillon.

—Permettez que je vous reconduise.

— C’est vrai, je ne puis faire un pas, Seule... (elle n'a Pas essayé, mais n’importe).

—Appuyez-vous sur moi, vous souffrirez moins !... Ainsi enlacés, ils vont doucement à petits pas.

Le printemps moqueur, clignant de l’œil.

—Oh ! ces amoureux, jai beau me cacher, ils me découvrent toujours !

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