‹ Blida, récits selon la légende, la tradition & l'histoireChapitre 38 sur 41 · AIT · texte numérisé non relu

AIT

cent soixante-dix ans environ — par la piété des Bni-Salah, au très illustre, au très saint, au très vénéré, au restaurateur de la blancheur de l'Islam, à l'oreille de Dieu, à Monseigneur Bou- Sebâ-Hadjdjat — que Dieu soit satisfait de lui! — qui, par sept fois, a fait le pèlerinage aux Villes Sacrées et Nobles Mekka et El-Mdina.

Mais que sait-on de ce saint aux sept pèlerinages?

Un jour, quatre hommes des Säouda, les Oulad-El-Djilali (1), en allant faire paître leurs troupeaux de chèvres dans la forêt de chênes-lièges qui domine la rive droite de l’ouad Acelgou, furent tout étonnés — c'était aux premiers rayons de l’aurore — de voir s'élever de l’un des points de cette forêt une éclatante lueur qui semblait se fondre dans les teintes dorées que l'approche du soleil répand sur le ciél. Les Oulad-El-Djilali crurent d’abord à un incendie, bien que cette colonne lumineuse fût sans fumée, et qu’on n’entendit pas les crépitations qui annoncent toujours l’action dévorante du feu sur le bois. Ils voulurent cependant rechercher les causes de cette étrange clarté.

Bien que ces Sâouda fussent très ignorants des choses contenues dans le Livre, ils avaient cependant déjà entendu raconter l’histoire de

d'assemblée, de réunion pour la prière, aux chapelles qu'ils élévent sur le tombeau ou en l’honneur de leurs saints.

(1) Les Oulad-El-Djilali forment aujourd’hui une sousfraction des Sâäouda.

Moïse, et ils savaient qu’un jour aussi, il avait

vu un feu qui ne lui avait pas paru ordinaire.

« J’ai aperçu un feu, dit-il à sa famille. Je vais vous en apporter des nouvelles; peut-être vous en apporterai-je un tison ardent pour que vous ayez de quoi vous réchauffer. »

« Il y alla, et voici qu’une voix lui cria : « Béni

soit celui qui est dans le feu et autour du feu!

Louange au Dieu Maître de l’univers!

» O Moïse! je suis le Dieu puissant et sage (1)! »

Les quatre Säouda n'avaient pas, probablement, l’espoir de rencontrer Dieu sur la montagne, mais une vague curiosité les poussait à pénétrer le mystère qui s’offrait à leurs yeux.

IS escaladèrent donc rapidement les pentes boisées de l’ouad Acelgou, et, se dirigeant vers le point d’où paraissait s’élancer la lueur — ce qui était chose facile, puisqu'elle servait à les guider, — ils arrivèrent bientôt en face du foyer d’où jaillissait la lumière. Ils ne purent en supporter l’éclat, et, de crainte de perdre la vue, ils se virent obligés tout d’abord de fermer les yeux.

Ce n’était pas un incendie; car, malgré leur proximité du feu, les Säouda ne ressentaient pas la moindre chaleur.

Peu à peu, leurs yeux se firent à cette merveilleuse clarté, et ils purent sans inconvénient Padmirer tout à leur aise.

Bientôt la colonne lumineuse sembla s’affaisser et pénétrer dans le sol; au bout de quelques

(1) Le Koran, chapitre XX VIT, versets 7, 8 et 9.

Page 1