SAINT VINCENT FERMER
Vincent Ferrier naquit à Valence, en Espagne, le 23 janvier 1357. Son père et sa mère étaient fort recommandables par leur piété. Après avoir terminé ses premières études, Vincent commença son cours de philosophie à douze ans, et il n'en avait que quinze lorsqu'il s'appliqua à l'étude de la théologie.
Il fit des progrès rapides dans ces deux sciences ; le cours de ses études étant achevé, sa famille lui laissa la liberté de choisir un état, il en profita pour prendre l'habit des Dominicains et devint bientôt un homme consommé dans les voies de la perfection. Quelque temps après sa profession, il fut chargé par ses supérieurs d'enseigner la philosophie, il n'avait pas encore vingt-quatre ans. On l'envoya en suite à Barcelone, puis en Catalogne, à l'université de Lérida.
Pour éprouver sa vertu, Dieu permit qu'il fût assailli par de violentes tentations contre la pureté ; les armes que Vincent employa contre le démon furent la prière, la mortification et la vigilance. Son cœur était perpétuellement uni à Dieu ; en sorte que" ses études, ses travaux, toutes ses actions devenaient une prière continuelle.
Ecoutons-le dans son " Traité de vie spirituelle", où il donne des instructions importantes à ceux sur-
tout qui s'appliquent à l'étude : " Voulez-vous étudier d'une manière qui vous soit utile, que la dévotion accompagne toutes vos études, et que votre but soit moins de vous rendre habile que de contribuer à votre sanctification? consultez Dieu plus que les livres, et demandez-lui avec humilité la grâce de comprendre ce que vous lisez. L'étude fatigue l'es prit et dessèche le cœur. Allez de temps en temps ranimer l'un et l'autre aux pieds de Jésus-Christ. Quelques moments de repos dans ses plaies sacrées procurent une nouvelle vigueur et de nouvelles lumières. Interrompez votre travail par ces prières courtes et fréquentes, nommées "jaculatoires ; " que la prière enfin précède et termine votre étude. La science est un don du Père des lumières, ne la regardez donc pas comme l'ouvrage de votre esprit et de vos talents." Le saint, conformément à ses maximes, composait ses sermons aux pieds du crucifix.
Clément VII étant mort en 1394, le cardinal Pierre de Lune fut élu pour lui succéder, sous le nom de Benoit XIII. Immédiatement après son élection, il manda Vincent à Avignon. Le saint, affligé du schisme, tâcha d'engager Benoit à y mettre fin ; il n'en obtint que de belles promesses. Le saint, affligé, se retira dans un couvent de son ordre pour y mener une vie retirée; il ne voulut jamais accepter aucune dignité ecclésiastique, il demanda seulement d'être nommé missionnaire apostolique. Benoît lui donna sa bénédiction et le nomma même légat et vicaire du saint Siège.
Vincent parcourut presque tous les pays de l'Europe ; les fruits qui accompagnèrent ses missions le firent regarder comme un homme suscité de Dieu. La sainteté de sa vie, jointe au don des miracles, donnait encore un nouveau degré de force à sa parole ; il vivait d'une manière fort austère, et, malgré ses voyages, jamais il ne mangeait gras ; il jeûnait tous les jours, excepté les dimanches ; le mercredi et le vendredi il ne prenait que du pain et de l'eau ; il
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ne couchait que sur la paille. Il était aidé dans les fonctions de son ministère par cinq religieux de son ordre et quelques prêtres zélés. Nous avons encore une lettre où Ton trouve plusieurs particularités concernant ses missions.
" Après avoir chanté la messe, dit le saint, je prêche deux ou trois fois par jour, n'ayant pour préparer mes sermons d'autre temps que celui pendant
lequel je suis en chemin Je me suis rendu
à l'invitation pressante qu'on m'a faite d'aller en Piémont. Mes peines n'ont point été perdues, un grand nombre de Vaudois et d'autres hérétiques sont rentrés dans le sein de l'Eglise. Leurs erreurs venaient principalement d'une ignorance grossière et du défaut de prédicateurs. Je suis saisi de frayeur lorsque je pense au jugement terrible dont sont menacés les supérieurs ecclésiastiques qui vivent à leur aise dans de riches palais, tandis qu'une multitude d'âmes rachetées par le sang de Jésus-Christ périssent misérablement faute de secours. Puisse le Maître de la mission y envoyer de bons ouvriers ! C'est la grâce que je demande sans cesse à Dieu ! "
Après des travaux, des missions et des fatigues de tout genre, sa santé devint complètement épuisée, on lui conseilla de retourner dans son pays : ce qu'il fit. Bientôt après, la fièvre le saisit, il demanda les derniers sacrements qu'il reçut avec une très grande ferveur. Le dixième jour de sa maladie, il se fit lire la passion du Sauveur et récita les psaumes de la pénitence. Après quoi il expira tranquillement, le 5 avril 1419, âgé de 62 ans.
Le tombeau du saint est clans la cathédrale de Vannes.