‹ BluettesChapitre 9 sur 83 · LE TABERNACLE · texte numérisé non relu

LE TABERNACLE

Prison d'amour, asile solitaire Où mon Sauveur est caché nuit et jour, Ah ! que ne puis-je en ton sein tutélaire Me renfermer prisonnier à mon tour.

Laisse mon cœur pénétrer sous ton ombre Ferme sur lui tes gonds mystérieux Tes pavillons pour moi n'ont rien de sombre, Ton dôme étroit je le compare aux cieux.

Près de J'jsus, la nuit c'est la lumière; Là, le silence a d'éloquentes voix ; Le vide est plein de la beauté première; Le marbre et l'or ont cessé d'être froids.

Mais ce n'est point des signes de ta gloire, 0 Dieu Sauveur, que je cherche et je veux, C'est toi, Jésus, toi seul, dans ton ciboire Qui peux remplir mon attente et mes vœux.

Comme un aimant, ton divin tabernacle Fait tressaillir les libres de mon cœur. Là tu m'attends, là, ton plus grand miracle T'a dépouillé de toutes tes splendeurs.

Je te reçois, divine Eucharistie, Unique objet de mes chastes amours, Mais mon bonheur s'écoule avec Thostie, Et je ne puis te posséder toujours.

Pour adoucir les rigueurs de l'absence A ton autel j'apporte un seul désir, Vivre de foi, d'amour et d'espérance Auprès de toi jusqu'au dernier soupir.

Fuyez au loin, souvenir de la terre, Près de Jésus, j'ai fixé mon séjour, Adieu, plaisirs, adieu, vie éphémère, Il me suffit mon prisonnier d'amour.

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