‹ Bluettes [microforme]Chapitre 23 sur 97 · LA VANITÉ CHEZ LES FEMMES · texte numérisé non relu

LA VANITÉ CHEZ LES FEMMES

Imaginez-vous une poupée douée de mouvement, et dans une certaine mesure de connaissance, une poupée qui aurait la notion et le goût du costume ridicule dont elle est affublée, une poupée qui aurait le sentiment de la coquetterie, une poupée qui, inférieure par là aux poupées ordinaires, aux poupées insensibles, aimerait les rubans roses dont l’affuble une petite main vaniteuse et maladroite, aimerait le rouge hideux qu’on aurait plaqué sur ses joues de carton, une poupée qui serait fière, fière, entendezvous ? fière d’être poupée, et qui prendrait vis-à-vis des personnes vivantes de petits airs méprisants.

Si je disais : Voilà toutes les femmes, je commettrais une injustice; je ne’parle donc que d’une classe de femmes, et par là aussi d’une classe de filles. Mais cette classe se rencontre partout, car la femme du monde est ce que je viens de dire.

La femme poupée n’est pas méchante, c’est une soite.

La sottise ! je ne croirais pas avoir perdu mon temps aujourd’hui, si je pouvais arrêter l'attention sur les inconvénients de la sottise.

Une femme sotte peut entraîner la ruine de beaucoup de familles.

La sottise est, en tous cas, un obsiacle invincible au bonheur de celui qui la contemple de près.

Si l’on pense un instant à l'influence immense qu'exercent les femmes sur les hommes et sur les

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