‹ Bluettes [microforme]Chapitre 65 sur 97 · UNE GOUTTE DE ROSÉE · texte numérisé non relu

UNE GOUTTE DE ROSÉE

Sur le sommet d'un rocher sombre, Hier j'admirais une fleur,

Qui, des vents battue et sans ombre, Brillait d’une vive fraicheur.

Aux feux du jour, à la tempête, Elle étalait la pourpre et l'or, Et, tremblant pour sa jeune tête, Hélas ! moi je plaignais son sort,

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Encore aujourd’hui cette plante Bravait l'orage et le soleil ;

Ni souffle, ni chaleur brûlante N'avait flétri son front vermeil.

En vain, je cherchais à comprendre Comment, sous le ciel en courroux Une herbe si frèle et si tendre Résistait seule à tant de coups.

Lorsqu’avec un regard avide, Sur sa tige m'étant penché, Je vis un diamant liquide

Au fond du calice caché.

Ce bienfait de la Providence Versé chaque nuit par les cieux,

Etait là comme l'Espérance Au fond du cœur d’un malheureux.

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Or, d’une pieuse pensée Mon esprit tout-à-coup saisi, Devant la goutte de rosée Demeure comme anéanti.

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