‹ Bobigny (lez-Paris)Chapitre 104 sur 183 · Hôtel de Ville de Paris, avenue Victoria · texte numérisé non relu

Hôtel de Ville de Paris, avenue Victoria

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Jean-Baptiste Charpentier et Jean-Baptiste-Louis Féchoz, officiers municipaux, furent chargés de porter cette requête au gouvernement de Paris.

Nous ne pouvons dire s’ils reçurent une réponse favorable et si le seizième du produit de la vente de ces biens rentra dans la caisse de la commune. Toujours est-il que la plupart des biens d'Église situés sur Bobigny dont nous avons donné ci-dessus le relevé avaient déjà été vendus à cette époque et que les 20 arpents de terre appartenant à la cure avaient été enlevés des premiers et assez vil prix le 2 janvier 1792.

M. Mongrolle Pierre , fermier depuis dix-huit ans des terres qui faisaient partie de l’ancienne seigneurie, fut élu maire en remplacement de M. Claude Lézier, décédé dans les premiers jours de mai 1792. Ce magistrat écrivit, peu de temps après sa nomination, au Directoire du district de Franciade, la lettre que voici :

« Bobigny, ce 24 juillet 1792.

« Messieurs,

« C’est pour réponse à la vôtre, en date du 21 présent mois, par laquelle vous nous demandez l'état des revenus attachés à n'importe quel titre et sous quelque dénomination que ce soit appartenant à la commune.

« Nous vous ferons observer que nous avons dans notre localité beaucoup d’indigents et des veuves chargées d’enfants, qui ont bien de la peine à vivre, et que feu notre ci-devant seigneur les nourrissait en leur procurant du pain et de la viande toutes les semaines; et que, depuis sa mort, ils n’ont plus rien. Voilà tous les renseignements que nous pouvons vous donner.

« Le maire, officiers municipaux et procureur de la commune de Bobigny, soussignés :

« Mongrolle, maire; Dutour, secrétaire;

F écho z,, notable. «

Par ces dernières correspondances on voit que la commune de Bobigny était à bout de ressources. Cet état de pénurie, hélas ! devait durer pour elle encore plusieurs années. Le haut témoignage rendu à la généreuse

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libéralité de feu messire Philippe-Guillaume Jacquier de Vieu-Maison, par M. Mongrolle, maire, était loin d'ètre la condamnation des hommes de l’ancien régime.

En tout cas, le dernier seigneur de Bobigny, haut justicier, devait rendre bonne et prompte justice à ses vassaux, lui qui savait si bien pratiquer la charité chrétienne envers les malheureux.

Quinze jours après la réponse de M. Mongrolle au Directoire du district de Saint-Denis, c’est-à-dire le 10 du mois d’a.oût, éclata dans Paris une nouvelle révolution. Le peuple soulevé assiégea les Tuileries et en immola les défenseurs; et Louis XVI, qui ne devait point avoir un meilleur sort que ses fidèles sujets, fut enfermé au Temple. Des personnes de tout état furent également emprisonnées.

Des arrêts de mort frappèrent, non point les coupables, mais ceux qui avaient montré de l’attachement au roi, et la guillotine commença à sévir contre eux.

Le 21 septembre 1792, l’Assemblée législative fit place à la Convention, qui, sous la présidence du girondin Pétion, décréta de prime abord l’établissement de la République. Et le lendemain 22, commença l’ère républicaine, qui devait durer jusqu’au ier janvier 1806.

C’est alors que la Prusse et l’Autriche, dans la crainte de voir se propager chez elles le mouvement révolutionnaire français, intervinrent dans les affaires de notre pays en lui déclarant la guerre. Déjà les Prussiens avaient envahi le nord-est de la France et s’étaient emparés des villes de Longwy et Verdun et menaçaient la capitale, lorsque la vaillance des armées françaises vint les arrêter à Valmy le jour même oii la Constituante tenait sa première séance.

La guerre avec l’étranger ne devait pas cesser de sitôt. C’était une nouvelle calamité pour la France, ajoutée à plusieurs autres maux dont elle était frappée ou qui allaient la frapper. La République, dans le but de se maintenir, mit tout en réquisition dans les villes et dans les villages. Mais auparavant elle prit soin de se faire donner le relevé des ressources de chaque localité. Voici le tableau envoyé le 20 octobre 1792 par les autorités de Bobigny au Directoire du district de Franciade, faisant mention du nombre de chevaux possédés par les habitants :

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