‹ Bobigny (lez-Paris)Chapitre 133 sur 183 · Son procès est relaté page · texte numérisé non relu

Son procès est relaté page

BOBIGNY

de Noisy-le-Sec au Landit, c’est-à-dire à Saint-Denis, près la porte de Paris, près de laquelle se tenait la fameuse foire de ce nom. La tour de Bobigny fut, c’est assez probable, à une certaine époque le siège de la justice seigneuriale des seigneurs haut-justiciers de la paroisse, qui établirent à deux cents pas environ plus loin, près du chemin appelé pour ce motif, de la Justice, leurs fourches patibulaires, pour l’exécution des criminels. Cet immeuble féodal était, en 1640, la propriété du sieur Adrien- Louis Liégeois, bourgeois de Paris, qui la transforma en moulin et le donna à bail à Antoine Moreau. Il passa de nouveau, en l’année 1672, aux mains du seigneur, pour lors messire François Jacquier, ainsi qu’on le voit marqué à l'article 61e de l’aveu et dénombrement qu’il rendit de son fief au seigneur de Livry :

« Sept quartiers près le Gros-Buisson, au lieu dit la Tour, tenant des deux bouts aux anciennes terres de la seigneurie de Bobigny, sur partie desquels sept quartiers est à présent bâti et construit un moulin à vent. »

En 1732, le moulin de la Tour fut acheté par le sieur Étienne Lefèvre, marchand chapelier, lequel, le 12 septembre de cette même année, déclara à M. Hugues-François Jacquier, second fils de celui que nous venons de nommer, tenir en la censive de Bobigny, un moulin à vent et plusieurs pièces de terre. Ce nouveau propriétaire, quelque temps après sa déclaration, fit construire tout auprès de son moulin une jolie maison bourgeoise, laquelle subsistait encore au commencement de ce siècle.

Mais le 4 du mois d’août 1770, par sentence du Châtelet de Paris, le moulin, la maison bourgeoise et tout ce qui en dépendait, écuries, colombier, bois taillis et terres étaient adjugés à M. René Liégeard de Ligny, chevalier du Sacré-Palais apostolique, comte du Palatinat et envoyé du prince souverain de Fulde, auprès de S. M. très chrétienne. Cet homme éminent jouissait en paix depuis vingt-trois ans des biens qu’il avait acquis à Bobigny, lorsqu’éclata la révolution de 1793, qui fit en France tant de victimes. En moins de six semaines en effet, sur l’ordre de Robespierre, plusieurs milliers de personnes appartenant à la magistrature, à la noblesse, à la classe ouvrière , au clergé, aux communautés religieuses, hommes, femmes, vieillards, enfants de 15 à 16 ans, furent exécutés sur la place du Trône. M. de Ligny ayant manifesté publiquement ses sympathies pour l’infortuné roi Louis XVI en baisant un écu à l’effigie

BOBIGNY

de ce prince, fut dénoncé, rangé au nombre des suspects, et enfin condamné à mort comme contre-révolutionnaire, le 23 floréal an II (12 mai 1794), par le Comité de salut public. Son exécution eut lieu le 9 messidor an II (27 juin 1794). M. René Liégeard de Ligny était âgé de 77 ans.

Voici ce qu’écrivit à son sujet, le n germinal an II (31 mars 1794), le citoyen Féchoz, maire de Bobigny, au Directoire du district de Franciade :

« Citoyens,

« Nous vous envoyons ci-joint le tableau du citoyen Liégeard de Ligny, détenu en sa maison de Paris. Nous avions cru d’abord en être dispensés par la raison que, dans ce tableau, il est marqué que ce seront les comités desurveillance du domicile ordinaire du détenu qui enverront ces sortes de tableaux. Mais ensuite nous avons réfléchi qu’ayant des propriétés dans notre commune, il pourrait bien se faire que le comité de surveillance de la section n’eût point de lui la connaissance exacte qu’il doit en avoir. Les réponses que nous faisons aux différentes questions exposées dans ce tableau peuvent encore éclairer le Comité de salut public, en les confrontant avec celles rendues par la section. Au reste, nous laissons à votre prudence le soin de décider de son utilité ou de son inutilité. Nous sommes jaloux de vous prouver notre zèle, pour tout ce qui peut intéresser le salut de la patrie.

« Signé : Genisson, officier public. Fechoz, maire.

Dutour, greffier. »

M. Liégeard de Ligny, tombé sous le glaive de la loi, pour me servir de l’expression néfaste de l'époque, ses biens de Bobigny, montant à 24 arpents 42 perches furent déclarés en déshérence et administrés au nom de la République. Ils furent mis aux enchères les 21 et 23 ventôse de l’an VI (41 et 13 mars 1798) et adjugés comme au plus offrant au citoyen Charles- Antoine de Montboyen. Mais par défaut de payement et sur jugement rendu en forme à la requête de la première section du tribunal de première instance le 30 germinal an XI (20 avril 1803), autorisation fut donnée au citoyen Frochot, préfet du département de la Seine, de faire procéder à une nouvelle vente par lots des dits biens. Pour ne parler que du premier lot formé du moulin, de la maison bourgeoise avec ses dépen -

BOBIGNY

dances en bâtiments et terrains, le tout comprenant 4 arpents 71 perches, il fut mis aux enchères, pour la somme de 18.000 francs et adjugé après trois publications consécutives, le 17 mars 1804, Napoléon Bonaparte étant consul delà République, à M. Hoyet, père de M. Étienne Hoyet qui le possède actuellement.

Le nouvel acquéreur lit bientôt démolir, en grande partie du moins, la maison bourgeoise qui ne pouvait lui servir dans sa profession de meunier. Qui plus est, après nombre de démarches auprès des autorités compétentes, il obtint que le pont de Bobigny qui, ainsi que tous les autres ponts jetés sur le canal de l’Ourcq, avait été incendié à l'époque de la deuxième invasion des alliés, fût reconstruit près de sa propriété, à deux cents pas environs de la place qu’il occupait auparavant. Enfin, en homme intelligent, M. Hoyet père augmentait la valeur de son bien en y faisant construire trois glacières, une entre autres sous le moulin même, dans la partie des anciens caveaux et souterrains.

Après l'habitation de la famille Hoyet et du même côté, sur le chemin de grande communication n° 18, appelé encore la Route-Neuve parce qu’il n’y a guère que dix-sept ans qu'elle a été tracée par le génie militaire, vient la maison appartenant à :

MM. Pierre-Antoine Lemaire, jardinier, sa femme Louise-Eugénie Louvot, ses fils Eugène, Victor, Jean; Joseph Dorville, ouvrier; Madeleine Manchon, ouvrière.

A droite, sur la même route, sont les maisons habitées par :

MM. Pierre-Joseph Mitenne, sa femme Madeleine Fournillon, sa bile Hortense-Julie. Joseph Dété, ouvrier. Jacques-Désiré Clément, maraîcher, sa femme Geneviève Rebours, ses biles Marie-Gabrielle, Joséphine-Jeanne, Célestine. Joseph Grisgant, ouvrier. Léonard van Craeynest. Joséphine Bouvier. Philippe-Auguste Simon, charron, sa femme Lucie Léger, son bis Louis-Auguste. Prosper Karich, ouvrier. Hyacinthe Guélin, idem. Alphonse Poulet, marchand. Adèle Desaulty. Adolphe-Ollivier Hamelin, garde, sa femme Rosalie Bourselet, sa bile Désirée-Julie. Jacques Guénot, maraîcher, sa femme Léontine Massé, ses enfants Eugénie, Marie. Edme Chapouteau , ouvrier. Constant Massé, ouvrier.

Entrant dans la rue de la Folie, on a sur la droite les maisons de :

MM. Claude Musi, maraîcher, sa femme, Julie Riballier. Étienne

BOBIGNY

Luriot, ouvrier. Claudine Navarre, ouvrière. François Vincent, maraîcher, sa femme Catherine Perrot, son fis Edmond. Jacques Foulnaire, ouvrier. Catherine Perrot, ouvrière. François Camax, ouvrier, sa femme Marie Gallois, ses fils Jean, Edouard. Louise Jacquet, ouvrière. Jean Guerry, maraîcher, sa femme Amélie Frouvel. Pierre Guerry, ouvrier. Jean-Baptiste Dion, ouvrier. Joséphine Brûlé, ouvrière.

Sur la gauche, dans la même rue, celles de :

MM. Pierre Gounot, maraîcher, sa femme Jeannette Souverain. Thomas Thierry, ouvrier. Marie Détail, ouvrière. Nicolas Renard, maraîcher, sa femme Anne R ibal lier, sa tille Célina. Honoré Bernelle, ouvrier. Françoise Cormon, ouvrière. Charlotte Bernard, idem, son fi 1s Victor. Emile Jacques, ouvrier. François Hérouard, maraîcher, sa femme Madeleine Barbier. François Renard, ouvrier. Thomas Chaveau , idem. Annette Noblot, ouvrière. Louis Hérouard, maraîcher, sa femme Françoise Uzé, ses enfants Désiré, Augustine. Denis Cottereau, maraîcher, sa femme Rosalie Lefevre, sa tille Adeline. Marie Dutreuille, ouvrière. Jean Hervé, maraîcher, sa femme Marguerite Chevet, son tils Jean-Louis. Étienne Manchon, ouvrier. Pierre Lebert, idem.

A partir de l’angle formé par la rue de la Folie et la rue des Coquetiers, commence la rue Dîne-Souris, qui donne entrée sur la place ou carrefour de Bobigny, en face même de l’endroit où anciennement était plantée la croix dite aussi de Bobigny. Du milieu de cette rue Dîne-Souris partait une ruelle du même nom qui longeait les murs de la ferme de Beauregard et allait aboutir au Moustier, c’est-à-dire à l’ancienne église de Bobigny et au cimetière qui l’avoisinnait, tous deux situés à gauche, à l'entrée du chemin de Bobigny à Bondy. A la tin du xive siècle, il y avait déjà, dans ces rue et ruelle de Dîne-Souris, plusieurs masures dans lesquelles la gent souricière pouvait facilement trouver asile et pitance. De là le nom de Dîne-Souris, la souris qui dîne, appliqué à l’une et à l’autre. La ferme de Beauregard, qui subsiste encore maintenant et où demeure la famille Villot, était une dépendance de la maison de campagne de ce nom construite à la tin du xvie siècle par noble homme Florent d'Argouges, conseiller du roi, acquéreur des fiefs d'Emery et de Béquignard. Son tils, M. François d’Argouges, chevalier, conseiller d’État ordinaire du roi et de ses finances, seigneur des Groues, possesseur des baronnies du Plessis, d’Argouges, etc., et qui devait acquérir en 1689 la seigneurie de Fayl-Billot,

BOBIGNY

céda en 1657 à messire François Jacquier, à titre d’échange, cette maison de campagne, comme aussi les autres biens-fonds qu’il possédait à Bobigny. A partir de cette époque jusqu’à la Révolution, Beauregard devint à Bobigny la demeure seigneuriale des messieurs Jacquier, qui abandonnèrent à leurs fermiers la maison forte qu’avait fait construire, en 1584, Guillaume Perdrier. Avec les nombreux batiments qui en dépendaient, son colombier bien garni, sa vaste cour, c’était une métairie des champs pouvant suffire comme pied-à-terre dans les environs de Paris, aux messieurs Jacquier, qui possédaient à Vieu-Maison une campagne plus importante. La partie de bâtiment qui reste du château de Beauregard appartient à M. Dorville père, qui en a fait acquisition il y a une dizaine d'années, de M. Mongrolle, lequel l’avait achetée lui-même de M. le comte de Blancmesnil. En face de ce château, de l’autre côté de la rue Dîne-Souris, était la propriété de l’église de Bobigny, acquise le 23 juillet 1788 par M. Philippe-Guillaume Jacquier, moyennant une rente de 150 livres payable au ier octobre, plus 72 livres en forme de pot-de-vin d’entrée. Depuis quelques années déjà ce seigneur la tenait à bail de la fabrique de Bobigny, et y avait installé son jardinier en même temps qu’il y avait établi la basse-cour, les écuries et remises de son château. La contenance de tout l’immeuble, comprise la pièce de terre qui y était jointe, pouvait s’élever à 1 arpent 47 perches. Il est aujourd’hui la propriété de M. Libord fils.

Voici les noms des habitants de la rue Dine-Souris, à droite :

MM. Nicolas Terré, maraîcher, sa femme Césarine Berthot, ses enfants Adolphe, Césarine. Arnaud Sauterot, ouvrier. Rosalie Chasse, ouvrière. Claude Gagnier, maraîcher, sa femme Marie Gagnier, sa fille Emélie. Jean-Baptiste Bertrand, journalier, sa femme Louise Josset, sa fille Angélique, son neveu Louis Dorville. François-Victor Dorville, agriculteur, sa femme Stéphanie Relier, ses enfants Louis, Eugénie, Auguste. François Villot, fermier, sa femme Marie Hervé, son fils Louis. Fltienne Villot, sa femme Élisa Potdevin. Angélique, veuve Fauche, son petit-fils Louis- Clément. Alphonse Potdevin, ouvrier. Louise Klein, ouvrière. Clément Choquet, jardinier, sa femme Élisa Dupont, sa fille Louise-Élisa.

A gauche, dans la même rue :

M. Jean Richebois, cultivateur, sa femme Adèle Gay, ses enfants, Émélie, Edouard, Jules. Michel Libord, fermier, sa femme Clémentine

BOBIGNY

Damoiselet, ses enfants Auguste-Joseph, Clémentine, Alma, Rose, sa mère Rose Heurtault, femme Libord. Josse Montaubant, marchand de fourrages, sa femme Joséphine Challange, ses filles, I.ouise, Léonie. François Lévèque, maraîcher, sa femme Anne Ménime, sa fille Adélaïde. Léon Rosé, ouvrier, sa femme Marie Ménime. Joseph Berthe, journalier, sa femme Adèle Potdevin, ses enfants Louise, Pauline, Auguste, son beau-père Martial Potdevin. Victor Ribier, ouvrier, sa femme Augustine Crételle, ses enfants Angélique, Henri, Virginie. Antoine Michelon, maçon, sa femme Marie Royer, sa fille Clémentine, son neveu Hippolyte Royer. Pierre Charpentier, rentier. Michel Jacquet, employé, sa femme Louise Nicolas. Emélie, veuve Lucquet, journalière, ses enfants Louise. Eugénie. François Remillé, marchand, sa femme Marie Cornaire, sa fille Marie. Edme Letif, journalier, sa femme Victorine Cotillon, son fils Auguste. Denise, veuve Goulfé. François Berthold, serrurier. Vincent Allais, boulanger, sa femme Adèle Mercier, sa fille Aline. Adolphe Caillaux, ouvrier. François Perreau, marchand de charbons, sa femme Catherine Callac, ses fils Jules, Frédéric, Clément. Martin Millet, journalier.

Revenons à la rue des Coquetiers, ainsi appelée parce qu’elle était suivie autrefois par les marchands d’œufs et de volailles en gros. Cette rue était la voie directe pour aller à Noisy, Merlan et Rosny. Ayant été coupée parle canal de l’Ourcq, elle n’a plus d'issue que par le chemin vert. Elle est habitée, à droite, par :

M. Jean Hippolyte Mérie, maraîcher, sa femme Marie-Marguerite Ribert, ses enfants Jean-François, Marie-Charles, Marie-Louise, Eugène- Hippoh te, sa nièce Marie Ribert, Alphonse Leroy, ouvrier.

A gauche, par :

MM. Marie Dalbinet, maraîcher, sa femme Jeanne Pédriat, ses enfants Annette, Pierre. Louis Hubert, ouvrier. Eugène Lenoble, ouvrier. Jacques-Adolphe Gauterin, maraîcher, sa femme Marie-Nicole Brulé, ses enfants Arthur, Pierre, Henriette, Marguerite. Antoine Jeannet, maraîcher, sa femme Anne Poulain, son fils Victor. Jules Péchery, ouvrier. Jean- Baptiste Jounot, maraîcher, sa femme Eulalie Lefèvre, ses enfants Pierre- François, Pauline-Louisê, Eugène -Hippol y te. Marie Perreau, ouvrière.

De la rue des Coquetiers, pénétrant dans la rue du Chemin-Vert, on a, sur la gauche, le canton de la Grande-Maison, siège de l’ancien fief dit

BOBIGNY

de Béquignard, du nom de son propriétaire Thomas Béquignard, bienfaiteur de l’église, qui vivait à la tin du xive siècle. Le fief plus important d’Emery l’avoisinait, et avait son entrée par la rue Dîne-Souris. L’un et l’autre relevaient en fief de la seigneurie de Bobigny. Ils furent achetés vers 1584, comme il a été dit plus haut, par Guillaume Perdrier et revendus en roture, dépouillés de leurs droits seigneuriaux, par le même seigneur à Florent d’Argouges. Messire François Jacquier, seigneur de Bobigny en 1657, en fit à son tour l’acquisition de François d’Argouges, fils du précédent.

On ne rencontre dans la rue du Chemin-Vert qu’une seule maison, celle de :

MM. François Dutreuille, maraîcher, sa femme Françoise Perraut, sa fille Geneviève. Auguste Dutreuille, ouvrier.

En arrière du canton de la Grande-Maison, sont les cantons de la Violette et des Sablons; le premier donnant sur le chemin des Coquetiers et le second sur le chemin de Bobigny à Bondy. Nous voici à la Croix- Rouge, dont l’existence et la couleur ont pour ainsi dire défié les siècles. C est là que le chemin de Bobigny à Bondy et le chemin vicinal de grande communication n° 37, de Saint-Denis à Bondy par la Cour-Neuve, viennent se joindre.

A main droite, se trouve d'abord le canton des Guérets et ensuite celui du Long-Rayage ou des Longues-Rayes, ainsi dénommé parce que les propriétés qui s'y trouvent situées sont divisées en pièces de terres longues et étroites. Ces deux cantons, comme tous ceux qui, sur le territoire, touchent à la route d’Allemagne, sont traversés par le canal de l’Ourcq qui coule parallèlement à cette route et à cinquante pas de distance environ des arbres qui la bordent. Le canton des Longues-Rayes fait de ce côté une partie du territoire de Bobigny, qui s’étend davantage en tirant vers le nord-est.

A main gauche du chemin n° 37, de Saint-Denis à Bondy, on a, en effet, le canton du Saut-Morlet, puis celui d'e la Madeleine, traversés en partie par le chemin de grande communication n° 38, de Saint-Denis à Bondy par Stains. Après ce chemin, au de là du Saut-Morlet, sont les cantons de la Mare-Florentin et de la Grande-Denise, et au delà de celui de la Madeleine, ceux de l’Abreuvoir et de la Mare-à-Dufour. Chacun de ces cantons termine également le territoire de Bobigny. Le 27 vendé-

BOBIGNY

miaire an VI (18 octobre 1797), 75 perches à 20 pieds pour perche, soit 30 ares environ, sis sur le canton de la Grande-Denise et provenant du duc d’Orléans Louis-Philippe- Joseph, condamné à mort et exécuté, furent mis en adjudication pour le prix de 58 francs et vendus, le 21 ventôse suivant (le 11 mars 1798), à C.-P. Garretz, moyennant la somme de 160 francs1.

Mais, retournons sur nos pas comme pour aller à Saint-Denis. Nous avons à notre droite et en face de la Croix-Rouge, le canton de l’Ormede-Bray, appelé anciennement du Breuil, mot qui indique un bois défriché. Sur ce canton et à l’angle formé par les chemins de Saint-Denis à Bondy et de la Madeleine, était un orme au pied duquel les seigneurs hautjusticiers de Bobigny établirent, quelquefois sans doute, leur lit de justice, et où, comme le roi saint Louis avait coutume de le faire au bois de Vincennes, écoutant paternellement les justes plaintes de leurs vassaux et de leurs serfs, ils y firent droit et leur donnèrent satisfaction. En détruisant l’ancien régime, il parut nécessaire de détruire également tout ce qui pouvait en rappeler le souvenir. Le 25 septembre 1791, au moyen d’affiches appliquées dans le village et à la Croix-Rouge, l’orme de Bray fut mis aux enchères. M. Jean-Baptiste Féchoz, curé constitutionnel, en donna 350 francs; M. Pierre Mongrolle offrit pour l’avoir la somme de 510 francs, et M. Laurent Gatine, à qui il fut adjugé, l’obtint pour la somme de 515 francs, compris les arbres de l’ancien cimetière2. Ainsi l’orme de Bray, qui comptait pluieurs lustres, dut céder aussi devant la tourmente révolutionnaire et il tomba sous la hache des bûcherons.

Après le canton de l'Orme-de-Bray vient celui du Grand-Fossé, voisin de celui du Gland. Enfin se présente le canton du Pommier-Rond, séparé du canton des Plàtrières par le chemin de Bobigny à Drancy. Cette dernière voie termine sur la gauche le canton dit Entre-les-deux-Chemins, parce qu’en effet il se trouve resserré dans sa longueur par les deux chemins, l’un allant de Saint-Denis (porte Saint-Remy) à Bondy, et l’autre allant de Saint-Denis (porte Paris) au dit Bondy par Bobigny.

C’est à l’angle formé par le chemin de Bobigny à Drancy et celui de Bobigny à Bondy, qu’est situé le cimetière servant actuellement auxinhu-

Page 1