PREFACE
dans les notariats du voisinage et cheÿ les particuliers, que je savais devoir être en possession de ces riches souvenirs de leur maison.
A une époque comme la nôtre, curieuse de s'instruire par la connaissance du passé, il m’a semblé acquérir quelque titre à l'estime et à l’affection de mes paroissiens, en leur donnant dans cet ouvrage non pas seulement le résumé, mais, autant que possible, la collection , disposée dans l’ordre chronologique, de tous les documents historiques se rapportant à leur localité.
Mais la récompense que j’ ambitionne avant tout, c’est leur progrès dans la vénération et l’amour de la sainte Eglise notre mère, patronne éclairée de la science et des arts, dont je ne suis que l'humble représentant. Oui, je le répète, c’est l'attachement à ma vocation, c’est l’espoir d’en atteindre le but élevé qui m’a fait embrasser ce travail. Puisse-t-il , tout modeste qu’il est , répondre à mes intentions et procurer la gloire de Dieu et le bien des âmes!
INTRODUCTION
Bobigny, village de l’ancienne province de l’Ile-de-France, aujourd’hui du département de la Seine, de l’arrondissement de Saint-Denis et du canton de Pantin, est situé après ce bourg en partant de Paris par la Petite-Villette et suivant la route d’Allemagne. A l’opposé de Pantin et d’Aubervilliers, c’est-à-dire à l’est, le territoire de Bobigny est limité par celui de Bondy; au nord, il est terminé par les territoires de la Courneuve et de Drancy, et au sud par ceux de Noisy-le-Sec et de Romainville. Des tours de l’église métropolitaine au clocher de Bobigny, on compte dix kilomètres trois hectomètres de distance, et de la muraille d’enceinte au Petit-Bobigny deux kilomètres trois hectomètres environ.
Bobigny, au dire d’Adrien de Valois et de l’abbé Lebeuf, remonterait au temps où les Romains dominaient encore dans les Gaules, vers 450. 11 aurait reçu son nom d’un capitaine de cette nation appelé Balbin, lequel, en ces jours de décadence pour l’empire, commandait un poste à cet endroit. « Balbiniacum a Balbino aliquo nomen habet. » Ce nom, du reste, était assez commun chez le peuple conquérant. Aussi, en plus du village dont il est ici parlé, s’en trouve-t-il en France deux autres qui le
INTRODUCTION
portent également, l’un dans l’arrondissement de Beaune (Côted’Or), et l’autre dans l’arrondissement de Valognes (Manche). De Balbiniacum Balbiniaci, on a fait en français Baulbigny, puis Baubigny, et enfin Bobigny. Cette orthographe, adoptée aujourd’hui, était déjà en usage au milieu du xv° siècle. Le terrier de cette épocpie, des hoirs de Charles de Montmorency d’Auvrayménil et de Goussainville, seigneur de Bobigny, dont il sera donné copie en partie, en fait foi.
Après Balbin, nous ne trouvons point d’autre personnage important à citer dans les temps reculés que la riche dame Hermentrude, qui vivait vers l’an 650, avait du bien aux environs de Paris et particulièrement à Bobigny. Autorisée par le comte de Paris Mommole, et par son lieutenant Baudacharius à faire son testament, elle légua à son cher fils la bonne moitié de ce qu’elle possédait à Bobigny, tant en habits qu’en meubles et en bestiaux : « Similimodo de Balbiniaco tamvestis quant æramen, vel utensilia et de bovibus et omnia medietatem sibi, dulcissime fili habere præcipio1. »
Nous ne pouvons pas certifier que la villa ou le hameau de Bobigny fût déjà une commune ou communauté d’habitants possédant une administration et un maire à sa tête pour le règlement de ses intérêts temporels, non plus qu’une paroisse ou famille chrétienne, avec son curé et ses administrateurs des intérêts religieux. Cependant en l’année io^o, sous le règne de Henri 1er, fondateur du prieuré de Saint-Mai tin-des-Champs, et du temps d’Imbert de Vergy, évêque de Paris, il y avait un bénéficier de la cure et de l’église de Bobigny; c’était Gualéran, chantre de la cathédrale de Paris. Et nous voyons qu’en 1089, étant dans un âge avancé, ce chanoine de la Métropole se démit de son bénéfice, afin de laisser à Geoffroy de Boulogne, successeur d’Imbert,