AU PRESBYTÈRE DE BOBIGNY, DEMEURE DE JEAN TESNIER
11 L’an 1581, le douzième jour de septembre, nous, Jean Desberolles et Jérosme de Varade, conseillers généraux en la Cour des monnaies, commissaires, accompagnés de Simon Houssaye, huissier en la dite Cour, et de Jean Dergenes, clerc au greffe d’icelle choisi pour notre greffier, nous sommes transportés de cette ville de Paris au village de Bobigny où estant arrivés, nous nous sommes adressés au sieur du dict lieu, au quel avons demandé les clefs du logis du presbytaire, lesquelles les avions baillées en garde le jour précédent, pour s'en charger, à l'un des marguilliers du dict villaige, le quel les ayant incontinent envoyé quérir, accompagnés du dict sieur marguillier et autres habitans du village avons fait l’ouverture du dit presbytaire en leur présence, où nous avons fait nouvelles recherches partout le dit presbytaire. Et en la chambre avons fait balayer les ordures, et aux autres lieux, n'avons trouvé aucune rongneures ni grains d’or ni d’argent. Et dans le coffre estant en la dite
BOBIGNY
bervilliers, et pour cette cause lui a fait bailler les ornements et choses nécessaires; même a bu quelquefois avec lui et ses marguilliers, et reconnaît avoir dîné en compagnie du dit vicaire Tesnier et des dits marguilliers vendredi dernier, fête de la Nativité1. »
Le 25 septembre, Jean Tesnier fut extrait de sa prison pour subir son interrogatoire au bureau de la Cour des monnaies et répondre vérité. Se sentant coupable, il garda d'abord le silence sur les questions qui lui furent adressées. Cependant, le 14 octobre, il se décida à parler et dit que depuis sept ans il était vicaire à Bobigny et habitait la paroisse. Que ce n'était point par contrainte qu’il avait quitté son pays ni pour en avoir été expulsé. Qu’il avait été faussement accusé, et par esprit de vengeance, d’avoir renoncé à ses engagements de prêtrise et apostasié sa foi en Notre Seigneur; que sa faute était de s'être laissé emporter par la colère et d'avoir, étant hors de lui, battu la servante de feu M. Jean-Hector Doyen, d’Angers; qu enfin, il a reçu des lettres d'abolition qui ont été revisées par le juge ordinaire d’Angers, nommé Fouet, en l’année 1576.