‹ Bobigny (lez-Paris)Chapitre 68 sur 183 · Arch. Hat. Section judiciaire, cdté Zlb, 493 et · texte numérisé non relu

Arch. Hat. Section judiciaire, cdté Zlb, 493 et

ROBIGIS Y.

Tesnier, contenant les confessions, dénégations et variations par luy faites, par-devant les dits commissaires, récollement et confrontation des tesmoings, réquisitoire du procureur de Lévesque de Paris du XIXe jour d'octobre dernier; veu aussi le procès criminel apporté au greffe delà dite court, concurremment faict par le lieutenant criminel du séneschal d’Anjou, avec l’official de l’évesque d’Angers, à l’encontre du dit Tesnier, pour avoir rongné des réailes d'Espagne, dont aurait esté atteinct et convaincu ; sentence du dit lieutenant criminel du XXVe may mil cinq cens soixante-quatorze par laquelle le dit Tesnier aurait esté condamné à faire amende honorable et banny à perpétuité du royaulme de France; acte de l'exécution de la dite sentence du XXVIIe jour du mois de may au dit an ; coppie collationnée aux originaulx par le greffier criminel de la seneschaussée d'Anjou et siège présidial du dit Angers, tant des lettres patentes du roy obtenues par le dit Tesnier sur le relief et rappel du dit ban, en date du XXVIIe juillet mil cinq cens soixante quinze, et après que le dit prisonnier, mandé au bureau de la dite court, a este interrogé de rechef et ouï sur les charges, dénégations et variations trouvées au dit procès, conclusions du procureur général du roi, au quel tout a esté communiqué, tout veu et considéré :

« La dite court, pour avoir par le dit Tesnier, porté en la boutique d’un orfèvre de ceste ville de Paris, et baillé pour vendre des rongneures d’or et d argent fondu en culasse, provenant d’espèces d'or et d'argent, et autres cas contenus et mentionnés au dit procès, l’a condampné et condampne à faire amende honorable au bureau de la dite court, icelle séant et à huys ouvert, la teste nue, à deulx genoux, tenant en main une torche de cire ardente, du poix de deulx livres, dire et déclairer à haulte voix, que témérairement et comme mal-advisé, il a baillé et exposé, pour vendre, les rongneures d’or et d’argent fondu, dont il se repend et en demande pardon à Dieu, au roy et à justice, et faire semblable amende honorable, tant à la pierre de marbre, au bout des grand z degrez du Pal lais, que devant la porte de l'église Sainct-Leuffroy, et l’a banni et bannit à perpétuité du royaulme de France, et condampné et condampné à quarante escus d’amende, envers le roy, pour laquelle il tiendra prison jusques à plain payement, et a déclairé et déclaire les rongnures d'or et d’argent fondues, acquises et contisquées au roy, et, pour le débet commun, a ordonné et ordonne que le dit Tesnier sera rendu à Lévesque de

BOBIGNY

Paris ou son official, pour luy faire et parfaire son procès, suivant les ordonnances.

« Signé : Sandret. »

« Prononcé au dit Tesnier, prestre, pour extraict au guischet du Fort- 1 Evesque, le quel s’est porté pour appelant devant la court de Parlement de Paris, le XVIe jour de décembre 1581. «

Son appel, présenté le 19 au Parlement, fut mis à néant par l'arrêté qui suit :

» Veu par la court le procès faict par les généraulx des monnayes, à la requeste du substitut du procureur général du roy, demandeur, à l’encontre de maistre Jehan Tesnier, prestre et vicaire de Bobigny, natif du pays d’Anjou, prisonnier ès prisons de la Conciergerie du Palais, rôle des procédures contre luy faictes par les dictz généraulx et de la sentence contre luy donnée; par la quelle pour avoir, par ledict Tesnier, porté en la bouticque d’un orfèvre de cette ville et baillé à vendre des rogneures d’or et d’argent, et autres cas citez et mentionnez au dit procès; icelluy Tesnier auroit esté condampné à faire amende honorable au bureau des dits généraulx, iceux séans à huys ouvert, tenant en main une torche de cire ardente, du poix de deulx livres, dire et déclairer à haulte voix que, témérairement et pour mal advisé, il avoit baillé et exposé pour vendre les dictes rongneures d’or et d’argent, fondues, dont il se repentoit et en demandoit pardon à Dieu, au roy et à justice, et faire semblable amende honorable tant à la pierre de marbre, au bout des grands degrez du Palais, que devant la porte de l’église de Saint-Leuffroy ; ce fait, a esté banny à perpétuité du royaulme de France et condampné en quarante escuz d’amende envers le roy, pour la quelle il tiendroit prison jusqu’à plain payement; déclaire les dites rognures d’or fondues confisquées au roy, et, pour le délict commun, ordonne que le dit Tesnier seroit rendu à l’évesque de Paris ou son official, pour luy faire et parfaire son procès, suivant l'ordonnance.

« Ouy et interrogé par la dite court, le dit prisonnier, tant sur les dites appellations verballes que sur les cas à luy imposez. Ouy aussi le procureur général du roy, pour ce mandé en la dite court, et tout considéré :

« Il sera dit, pour le regard des appellations verballes introduictes

bobigny:

par le dit Tesnier, que la dite court l a déclairé et déclaire non recevable comme appelant, et l’amendera; et en tant que touche l’appel de la sentence définitive, a mis et met la dite appellation et sentence au néant, sans amende, en ce que par icelle le dit Tesnier est comdampné k faire amende honorable, tant à la pierre de marbre, au bout des grands degrez du Palais, que devant la porte de l’église Sainct-LeufFroy ; au résidu, la dite sentence sortissant son plein et entier effet; et, pour mettre le présent arrêt à exécution, la dite cour a renvoyé et renvoi le dict Tesnier pardevant les gens des monnoies. — Février 1582.

« Signé : Brisson de Pince1. »

Donc, Jean Tesnier, prêtre indigne, fut privé de ses fonctions honorables de vicaire et de maître des écoles de Bobigny et banni a jamais du territoire français, pour s’ètre laissé entraîner a la passion de l’argent et au désir de s’enrichir en employant des moyens illicites.

Henri III, assiégé dans le Louvre par les ligueurs, en 1 année 1588, s’empressa de quitter Paris et se retira à Blois où il convoqua les États généraux et fît massacrer le duc Henri de Guise et le cardinal de Guise, son frère, le 23 décembre. Mais ce prince périt lui-même l’année suivante par le fer de l’assassin Jacques Clément, comme il était à Saint-Cloud se préparant à châtier les Parisiens rebelles. Henri IV, roi de Navarre, désigné par la loi salique comme son successeur, continua la guerre contre les ligueurs. Après avoir remporté sur le duc de Mayenne, leur chef depuis la mort de Henri de Guise, les victoires d’Arques et d’Ivry, il vint mettre le siège devant Paris, qu’il bombarda le 8 mai 1590.

Le 6 juin suivant, il fît dresser sur les hauteurs de Montfaucon et de Ménilmontant d’autres batteries avec lesquelles il canonna de nouveau la ville et lui fit beaucoup de mal. Un boulet perdu tomba sur la maison de maître Raphaël Gaillandon, située rue Tirechape, vers la Tonnellerie, entre la rue Saint-Honoré et la rue de Béthisy. Ce boulet entra dans la chambre de l’avocat au Parlement, qui, à ce moment-là, était malade au lit et entouré de ses six enfants et de ses serviteurs. Dans son choc, le boulet rompit le pilier qui soutenait la poutre principale de l’appaitement

Page 1