Arch. nat. X2 B, 117, minutes du Parlement
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et brisa l’un des montants du lit sur lequel reposait le malade, sans blesser personne. « Ce dont ledit Gaillandon rendit grâce à Dieu et pour mémoire dressa une inscription latine élégante, exprimant d’une manière saisissante, le triste état auquel se trouvait réduit le peuple de Paris1. »
Raphaël Gaillandon avait cédé à prix d'argent depuis environ neuf années à Guillaume Perdrier, seigneur de Bobigny, les fiefs d’Emery et de Béquignard, qu’il avait acquis vers 1570. Lui-même, Guillaume Perdrier, trouvant trop lourde peut-être en ces temps de guerre la possession de cette importante propriété, l'avait revendue , en 1590, à Florent d'Argouges. Ce fut dans la nuit du 29 août de cette année 1590, que Henri IV, ayant appris l’arrivée des ducs de Mayenne et de Parme, suivis de
27.000 hommes de pied et de 6,000 à 7,000 chevaux, leva le siège de Paris, quitta Aubervilliers, oii il se tenait campé avec son armée, forte de
16.000 hommes, et, après l’avoir rangée en bataille dans la plaine de Bobigny et de Bondy, la conduisit à Chelles présenter le combat à l’ennemi.
Mais les ducs de Mayenne et de Parme, qui avaient réussi à ravitailler Paris, en y faisant entrer des provisions du côté du sud, évitèrent toute rencontre avec les troupes royales. En se retirant, ils s’emparèrent des villes de Lagny et de Corbeil, et forcèrent ainsi Henri IV à les suivre jusqu’à Rouen, dont il tenta inutilement le siège.
Ce prince se hâta de revenir sous les murs de Paris, qui lui ouvrit enfin ses portes et le reconnut pour roi, après toutefois qu’il eut fait son abjuration et qu’il eut été sacré dans la basilique de Saint-Denis, 1594.
Guillaume Perdrier, lors de son acquisition des fiefs d’Emery et de Béquignard. les avait réunis au domaine de Bobigny et mis en roture. En vendant ces deux fiefs à Florent d’Argouges, il mit pour condition dans le contrat, qu’ils seraient désormais, sans aucune justice ni juridiction et seraient accensés. Les anciennes propriétés d'Émery et de Béquignard perdirent donc leur titre de fiefs et les droits de censive, et furent astreintes aux charges des propriétés roturières, à partir de l'année 1590.
Messire Florent d’Argouges était fils de Jacques d’Argouges, seigneur de Gratot, en Normandie, et de Reine du Pont-Bellanger, dame de Bannes et de Asnebec. Devenu propriétaire à Bobigny, il fit construire
1. Siège de Paris sous Henri IV, Hist. de Paris , t. VU, P- 204.
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sur le terrain de la Grande-Maison une habitation de plaisance, appelée le château de Beauregard. François d’Argouges, son fils, conseiller d’État ordinaire du roi, seigneur du Plessis-d’ Argouges, des Groues, de Fayl- Bi Ilot et autres lieux, hérita, vers 1640, du château de Beauregard et dépendances. Il obtint, le 9 mars 1656, de 1 archevêque de Paris, Jean- François-Paul de Gondy, cardinal de Retz, la permission d’y avoir une chapelle domestique.
Le 30 mai 1657, il fournit à messire Pierre Séguier, seigneur de Drancy, la déclaration des biens qu’il possédait en censive de sa seigneurie, soit 147 arpents de terre. Les anciens lïefs d’Émery et de Béquignard, qui lui appartenaient à Bobigny, montaient à 167 arpents, dont 120 relevaient de l’abbaye et châtellenie de Saint-Denis, et les 47 autres de la châtellenie de Lhvry. Au total, la propriété de François d'Argouges, tant sur Bobigny que sur Drancy, faisait un ensemble de 314 arpents de terre, lorsqu’en l’année 1659, il en ht la vente, à titre d’échange, à M. François Jacquier, nouveau seigneur de la paroisse.
Maître François d’Argouges, ainsi qu il sera rapporté plus au long dans le troisième chapitre, tint, le 6 juin 1656, sur les fonts de baptême de l’église de Bobigny, avec damoiselle Antoinette Tixide, épouse de noble homme Adrien Liégeois, un enfant de Réné Rousseau et de Jeanne d’Hubert. Il devint, le 4 juin de l’année 1661, premier président du Parlement de Bretagne, et mourut à Versailles, le 20 août 1695.
La maison d’Argouges était déjà connue au temps de Guillaume le conquérant, duc de Normandie. Elle avait pris son nom patronymique de la terre d'Argouges, près de Bayeux. Ses armes étaient : écartelé d'or et d’azur, à trois quinte-feuilles de gueules, deux en chef et une en pointe, brochantes sur le tout 1.
Henri IV, si aimé de son peuple à cause de sa loyauté et de sa vaillance, mourut, en 1610, assassiné rue de la Ferronnerie, à Paris, laissant la couronne à Louis XIII, son hls ainé, enfant de neufans, placé d’abord sous la tutelle de sa mère, Marie de Médicis. Ce règne fut remarquable par la direction que donna aux atfaires de l’État l'illustre cardinal de Richelieu et par la prise de la Rochelle. La chute de cette place mit hn aux guerres du protestantisme en France, tandis qu’elles se poursuivi-
1. De La Chenaye-Desbois, t. I, ire partie; t. III, 2e partie.
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rent encore plusieurs années en Allemagne sous le nom de guerre de Trente ans,
Les registres des comptes de fabrique que nous avons eus sous les yeux et que nous avons parcourus à loisir à l’hôtel de ville de Paris, où ils ont été déposés à l époque de la grande Révolution, nous permettent de citer successivement, à partir de l’année 1637, les procureurs fiscaux et quelques-uns des syndics, des receveurs et des collecteurs des tailles de la seigneurie et paroisse de Bobigny, jusqu’à l’année 1791, où le régime féodal fut aboli, et de joindre aux noms de ces fonctionnaires certains faits se rapportant à leurs personnes ou à leur administration.
Le procureur fiscal, sous l’ancien régime, était un magistrat établi près des justices seigneuriales, afin de remplir les fonctions qu’exerçaient les procureurs du roi dans les justices royales. Ils étaient chargés par le seigneur du lieu de la justice administrative dans toute l’étendue de sa seigneurie. Us étaient préposés à la vérification des poids et des mesures, et devaient veiller comme voyers à ce que les voies publiques fussent en bon état de viabilité. C’étaient les maires de cette époque.
Le prévôt et son lieutenant étaient particulièrement chargés de la justice criminelle.
Nous avons vu, en l’année 1581, dans le procès de Jean Tesnier, mentionnés, comme prévôt de la justice seigneuriale de messire Guillaume Perdrier, un nommé Berthelot, et comme procureur fiscal de la paroisse, Noël Cochu.
Dans un compte des recettes et des dépenses de la fabrique, du 19 mai 1651, on trouve le nom et la signature de Henri Pâté , procureur fiscal de messire Charles de Béthisy Mézières et de damoiselle Anne de Perdrier, seigneurs de Bobigny, dont les signatures sont apposées aussi au registre avec celles du procureur fiscal et des marguilliers.
Vient ensuite Nicolas Buisson, admis au même office, vers 1635, par Anne de Bragelogne, veuve de Charles de Perdrier, dernier seigneur de Bobigny de ce nom. Durant trois années de suite, de 1638 à 1641, il remplit les fonctions de marguillier en charge.
En 1642 mourut le cardinal Richelieu, et l’année suivante décéda le roi Louis XIII, qui eut pour successeur son fils Louis XIV, âgé de 5 ans. Ce fut pendant la minorité de ce prince que le duc d’Enghien (le grand
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Condé), âgé de 22 ans, remporta la victoire éclatante de Rocroy sur les Espagnols, puis celles de Fribourg, de Norlingue et de Lens sur les Impériaux. Ces victoires facilitèrent l acquisition de l'Alsace.
Étienne Chauffour, procureur fiscal après Nicolas Buisson, fut agréé par MM. de Béthisy et d'Ornano, seigneurs, chacun pour moitié, de la terre de Bobigny, et maintenu dans sa charge par M. François Jacquier, lorsqu’en l’année 1657, il devint acquéreur du domaine de Bobigny. Étienne Chauffour mourut le 17 janvier 1681, à l’âge de 64 ans. Il reçut avant de mourir les derniers sacrements, à la grande édification de ceux qui furent témoins de cet acte de piété. Son inhumation eut lieu le lendemain de sa mort, dans la nef de l’église. Vers le même temps, étaient receveur de la seigneurie de Bobigny, Philippe Blondeau, et greffier de la prévôté, Pierre Jessonot.
Voici ce qu’on lit au registre des actes de baptêmes de la paroisse :
« Le 21 mars de l’année 1673 a été baptisé, en l’église Saint-André de Bobigny, Laurent, fils de Pierre Jessonot, greffier du dit lieu de Bobigny, et de Étiennette Maucuit, sa femme. Le parrain, messire Laurent Berthemot, maître des comptes, seigneur de Nortreuille et autres lieux. La marraine, Marie de Bordeaux, épouse de messire Jacques Sanguin, chevalier, seigneur de Livry et autres lieux, conseiller du roi en tous ses conseils et son maître d’hôtel ordinaire, capitaine des chasses des foresfs de Livry, Bondy et autres lieux. »
A cette époque glorieuse entre toutes pour la France, Louis XIV, âgé de 25 ans, gouverna par lui-mème le royaume, et, grâce à une politique ferme et généreuse, il enrichit la couronne de quatre nouvelles provinces : l’Artois, le Roussillon, la Franche-Comté et la Flandre.
Jean Gouillard, procureur fiscal après Étienne Chauffour, de 1681 à 1690. Un des premiers actes de son administration fut la nomination d'un collecteur des tailles :
a Aujourd’hui dimanche 29 juin 1681, à 1 issue des Vêpres dites et célébrées en 1 église Saint- André de Bobigny, les principaux habitants de la paroisse convoqués au son de la cloche en la manière accoutumée, pour la nomination d’un collecteur au lieu et place de défunt Antoine Ville; par-devant Marcel Cottereau, greffier et tabellion en la prévôté du dit Bobigny, il a été procédé comme il suit à la réception des dits collecteurs : Premièrement, maître Pierre Jessonot, laboureur de la terre-sei-
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gneurie de ce lieu, raarguillier en charge de la dite paroisse, a nommé pour collecteur Étienne ChaufFour et a signé : P. Jessonot. Claude Vassout a nommé pour collecteur Jean Huon et a signé : C. Vassout. Maître Jean Gouillard, procureur fiscal au dit Bobigny, a nommé pour collecteur Pierre ChaufFour et a signé : J. Gouillard. Pierre ChaufFour a nommé pour collecteur Louis Poupart et a déclaré ne savoir signer, de ce interpellé suivant 1 ordonnance. Claude Charre a nommé pour collecteur Pierre ChaufFour et a signé : C. Charre. Antoine Bruslé a nommé pour collecteur Louis Poupart et a signé : A. Bruslé. Ce Fait et après le calcul des voix des ci-dessus nommés, le dit Pierre ChaufFour a été élu pour collecteur en la paroisse, les jour et an que dessus. La veuve de Jacques Harlan, bourgeois de Paris, y demeurant, et le susdit Louis Poupart, ont signé avec les comparans, excepté le dit ChaufFour, qui a déclaré ne savoir signer, de ce interpellé suivant Fordonnance.
« Veuve Jacques Harlan; Cottereau, tabellion1. »
Il nous eut été facile de donner les procès-verbaux des années suivantes, concernant les nominations des collecteurs et des syndics. Me Pottier, notaire à Noisy-le-Sec, ayant bien voulu les mettre à notre disposition avec la plus grande obligeance, ainsi que plusieurs autres documents cités dans ce travail. Mais il faut se limiter. Nous nous bornerons donc à dire que, le 22 août 1684, furent nommés, à la pluralité des voix, Michel Mallet, collecteur; Pierre Jessonot, procureur-syndic et Louis Léveillé, syndic perpétuel.
Nicolas Claud fut procureur tiscal après Jean Gouillard, de 1690 à 1692.
Claude Chauffour lui succéda. Il remplit les fonctions de procureur fiscal de 1692 à 1694 et fut en même temps receveur de la terre seigneuriale de Bobigny. Voici la copie du rôle et assiette des tailles de la paroisse et de la ferme d’Eaubonne, qu’il dressa l'année de son entrée en fonctions pour l'année suivante, 1693, avec Jean Gouillard, assesseur et collecteur des tailles de la dite paroisse, suivant la commission à eux envoyée par MM. de l’élection de Paris, en date du 22 septembre 1692; de la somme
i. Notariat de Noisy-le-Sec.
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de 2,100 francs ensemble; de celle de 55 francs 5 sols pour les 6 deniers pour livre attribuée au greffier des rôles; toutes les dites sommes montant ensemble à celle de 2,292 livres 17 sols 6 deniers, le tout ainsi qu’il est porté et mentionné en la dite commission; à laquelle assiette et imposition a été procédé, en présence de moi, commis au greffe des rôles des tailles en la paroisse d'Aubervilliers, ainsi qu’il suit :
Nicolas Claude, fermier delà ferme et seigneurie 630 livres.
Nicolas Paris, fermier de la ferme de Beauregard 572
Etiennette Maucuit, veuve de Pierre Jessonot, fermier
d’Eaubonne 140
La veuve Jean Lemaître et Jean Gouillard, son fils 227
La veuve Antoine Ville 54
La veuve Biaise Bonouvrier 8
La veuve Claude Philippes 40
La veuve Antoine Moreau 154
La veuve Jean Huon 46
Eustache Lecomte, syndic 19
Nicolas Valet, berger, demeurant à Bondy 1
La veuve Louis Poupart 22
Pierre Philippes, cabaretier 44
Michel Malet 40
Pierre Chauffeur 26
Louis Léveillé 30
Antoine Huon, berger 15
Jean Chare 24
Suzanne Vassoult, fille 6
Pierre Chauffeur, le jeune 15
La veuve Jean Auvray 12
Claude Chare, chantre de l’église 36
Jacques Chare, maçon 30
Claude Vassoult, retiré à Saint-Denis. . . . 5 sols.
Claude Chauffeur, collecteur 10 livres.
Jacques Ville 7
Philippes Moreau 80
Nicolas Léveillé, demeurant à Paris 20 sols.
Madeleine Pélée, sans domicile 2 livres.
« Le présent rôle a été par moi, commis au greffe du rôle des tailles
de la prévôté d’Aubervilliers, soussigné, calculé et arrêté en présence des assesseurs et collecteurs cy-devant nommés et soussignés, le 26 décembre 1692, à laquelle somme de 2,293 livres 15 sols; compris 2,210 livres,
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portées par la commission et 55 livres 5 sols pour les 6 derniers aussi attribués aux greffiers aux rôles ; toutes ces dites sommes faisant ensemble celle de 2,293 livres 15 sols. Claude Chauffbur. Jean Gouillard.
« Nombre des contribuables : 29.
« Exempts : messire Jacquier, seigneur; Jean Allemand, dit Lainville, garde des plaisirs du roi ; M. le curé.
« Vérffié le présent rôle par nous, conseiller du roi, assesseur, de présent élu en l’élection le 27 décembre 1692.
« Signé : Rassonaux.
« Fait et délivré par moi, greffier de l’élection de Paris, soussigné, le 31 décembre 1692.
« Signé : Mace, avec paraphe1. #
A Claude Chauffbur succéda, en 1654, dans la charge de procureur fiscal de la prévôté de Bobigny, Nicolas Paris , garde des plaisirs de Sa Majesté, fermier de la ferme de Beaurtegard, et boulanger. Il était fils de Nicolas Paris et de Marie Blancheteau, et avait épousé, le 18 juillet 1683, Jeanne Jessonot, fille de Pierre Jessonot, receveur de la terre et seigneur de Bobigny; après avoir été interrogés tous les deux sur les principaux mystères de la religion et avoir reçu les sacrements de Pénitence et d’Eucharistie. Nicolas Paris mourut, comme il avait vécu, en fervent chrétien, étant âgé d’environ 50 ans.
Vint après lui Eustache Pierre , receveur de la terre et seigneurie de Bobigny, et procureur fiscal de 1699 à 1709. Maître Eustache Pierre eut de Marie-Jeanne Typhaine, son épouse, au commencement de 1705, un enfant auquel il donna pour parrain le sieur Jean de Guilbon, écuyer, garde du corps de Son Altesse Royale Monseigneur le duc d’Orléans, et pour marraine damoiselle Marguerite Pierre, veuve de défunt Augustin de la Rue, domiciliée à Stains. Son frère, Me Marcel Pierre, prêtre, habitué de Saint-Eustache, fut deux ans plus tard parrain d’un autre de ses enfants, nommé Claude au baptême. Maître Eustache Pierre mourut le 30 janvier de l’année 1709, âgé de 37 ans et fut inhumé le lendemain