‹ Bobinette, vaudeville en 1 acteChapitre 2 sur 106 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

BASTIESNE, pui» FRANCINE.

O.VSTIENNE, «ort de la raatsoiiy se retoarna cl royant qu’allé est seule

Eh bien! elle ne vient pas! (Appelant.) Bobinellel '

De quoi ?

VOIX, dans la maison* BASTIÊNNE.

Dis à Francine de descendre tout de suite.

FRANGINE entre

Me voici !

arec dos assietlei qu'elle Ta poser sur la table à gaucho.

dastienne\

C’est pas dommage; je voulais te parler avant que nos gredins de maris uesccndenif pour Dieu convenir de nos l;iits.

* Francine, Dastienne.

VRAKCINK, essujraat les esiiettea.

Ca ne sera pas de trop. Tu as eu une si drôle d’idée que je n’y comprends pas grand’chose.

BASTIENNI.

Ça l’arrive souvent, de ne pas comprendre grand’chose. ' Mais c’est pas ta faute.

FRANCINE

Pourtant j’ai fait tout ce que tu as voulu.

BASTIENNE. - ' ’

Oui, et tu n’en seras pas fâchée. “

FRANCINE, gagnant la droite * .

Savoir !

BASTIENNE

Vois-tu, en ménage, il faut profiter do tout; aussi, quand lu m’as raconté que mon scélérat de Grivot le contait des douceurs...

FRANCINE

Tu m’as répondu que ce pauvre Goulet en faisait autant à ton endroit.

BASnBNNE. • ■ '

Plaius-le, je t’en prie !

FRANCINE

Et tu as ajouté qu’il fallait les laisser faire. Ça ne m’allait pas trop, à cause de Goulet.

BASTIENNE

Je l’ai même annoncé que les mauvais gars nous demanderaient des rendez-vous, cette nuit, pendant la fête.

•FRANCINE

El tu as dit qu*il faudrait les accorder. Ça ne m’allait pas du tout... à cause de Goulet.

* Basti>'nne, Francine.

BODLNETTE.

BASTIENKE,

Dépôchc-toi de dire que nous devions aller, loi à mon rendez-vous, cl moi au lien.

FRANCINE

Ça m’allail mieux, à cause. ..Mais pourquoi lout ça?

RASTIENNE.

Tu ne comprends pas?

FRANCINE

C’est peut-être que je ne suis pas encore hicn éveillée. Ce n’esl pas étonnant, après une pareille nuit...

RASTIENNE.

Un lendemain de fêle I

FRANCINE

El d’une fêle si... accidentée...

BASTIEN'NE

Mais c’était ton mari.

FRANCINE

Ça ne fait rien. 11 me semblait que ce n’élail pas la même chose!

RASTIENNE.

Es-tu godiche ! (a part.) Elle a beau être godiche ; c’est que c’est vrai, ce qu’elle dit là. Oh! ces niunslrcs d'hommes! (Haut.) Tu es sûre au moins qu’il ne t’a pas reconnue?

FRANCINE, soupirant.

Oui. Il faisait bien noir sous la tonnelle au père Jaillon.

RASTIENNE.

Et sous les châtaigniers aussi. Et il t’a demandé un petit souvenir ?

FR.VNCINE.

Oui. Le ruban qui me servait de ceinture.

BOBINETIE.

BASTllSN.NK.

Je m’en doutais. Tu vois que j’ai bien fait de chaiigcravcc loi

FRAXCIXE.

Oli ! lu penses à loul. Miis pour quoi tout ça ?

tJASTIENXE.

Pourquoi ? Sais-tu ce qu’une femme doil le plus désirer dans son ménage?

FRANCINE

Dame ! c’est...

BASTIENNE, l’interrompant.

Non. C’est d’avoi îo i.iule main et de se faire obéir.

FRANCINE

Ah! ça, je ce dis pas.

BASTIEN.NE

El pour se faiie oucir, il n’y a rien de tel que d’avoir pris une bonne fois les gens en faule. Nous voilà avec un reproche à leur fairOj ci si nous sa^ons en jouer, nous avons là de quoi les faire marcher droit toute leur vie.

Fa,\KclN£.

Oh! que lu es donc malicieuse!

BASTIENNE

Je sais bien.

FR.\NC1XE.

C’esl égal, j’ai peur que ça ne soit pas très-bien, loul ç i.

Air : de la Valse des Adieux (Nadaud).

Nous allons là loininellre un gros mensonge,

El je crois bien que ça n’esl pas permis.

C’esl mon époux (lUe je irompe, et je songe A ce beau jour où nous fûmes unis.

Baissant son nez rcspeclalile pour lire Dans un \ieux livre où loul ça c’esl écrit.

J’entends encor monsieur l’adjoinl nous dire:

Ce' n’esl pas beau de tromper sou mari.

-Bigitized by-Gcxsgle

BASTIEIfNE *.

Innocente, va! mais il y a tromper et tromper.

Même air.

En fait d’amour, fidéiit<t, tendresse,

On leur doit tout... ce qu’on en peut avoir;

Mais c’est gentil, ce titre de maîtresse .

Et l’on a bien le droit de le vouloir.

N’oublions pas les devoirs qui sont nôtres,

Je veux bien; mais il est bien juste aussi,

Si l’on n’est pas la maîtresse des autres.

Qu’on soit au moins celle de son mari.

F&AKaNE.

Tu as raison.

BASTIEMNE.

Sans compter que c’est encore gentil de s'en tenir là... On est ai tourmentée.

FRANCtNE.

C’est vrai. Qu’est-ce qu’ils ont donc, à être toujours après vous comme ça? Il n'y a pas jusqu’à cet efflanqué de Parisien, qui ne peut pas vous faire danser sans vous dire des bêtises. Est-ce qu’il ne voulait pas que j’aille le trouver, là, dans notre grange !

BASTIENNB.

Toi aussi?...

FRANCINE

Je ne lui ai pas seulement répondu.

BASTIENNE, A port.

Ni moi. (n«nt.) Mais tu l’as laissé dire.

FRANCINE

Dame I

BASTIENNE

Ça fait toujours plaisir, (on entond un bruit de Toix A droite )

FRANCINE

Voilà nos hommes.

BASTIENNE

Ne dis rien, et tiens-toi bien.

* Francine, Bastieone.

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