SCÈNE DEUXIEME
que, tous les dimanches que Dieu fait, mon mari s’en va à la chasse ? -
ALCIDB.
Tu sais bien que les exercices violents me sont recommandés par le docteur.
PAOLA
Ne pourrais-tu pas faire de la gymnastique en chambre ?
ALCIDB.
Ah! fi!
PAOLA
Tu aimes mieux me laisser solitaire ?
Elle va s'asseoir près üa la table à droite et preod sa tapissorie.
ALCIDE, iloboiit derrière sa chaise.
Voyons, ma caille, demain dimanche, tu iras écouter une conférence à la Gaité, avec ta bonne mère.
PAOLA
Et ce soir, monsieur ?
ALCIDE
Ce soir, tu vas achever cette délicieuse tapisserie. Dieui que c’est donc joli, ce que tu fais là ’ Puis, tu te mettras dans ton dodo gentiment, et lu dormiras sous la protection d’Héloise, ta servante fidèle, (u indigne U porte de droite, premier plan.} et tu rèveras à ton gros loup.
PAOLA
A mon gros loup on à toute auti’e personne.
ALCIDE
S’il vous plaît?
PAOLA
On n’est pas maîtresse de ses rêves.
ALCIDE, deacendant la srène.
Voudrais-tu m’insinuer que tu serais femme à rêver d’un autre homme que moi?... de ce beau brigand cala brais, par exemple ?
PAOLA
Quel brigand, mon ami?
Elle aa lèra.
' ALCIDB.
Quel brigand, mon ami!... Ce jeune homme, parbleu, qui imitait si bien les animaux.
PAOLA
Les animaux?
ALCIDE
Et qui t’a fait danser au bal de monsieur Marcassol.
PAOLA
Oh ! si peu !
ALCIDE
II a dansé quinze valses avec toi.
PAOLA, à part.
Il l'avait remarqué.
ALCIDE
, A la seizième, j’allais le gifler.
PAOLA
Alcide !
ALCIDE
Ah! c’est que si jamais un de ces godelureaux te faisait la cour, je le tuerais, et toi avec lui... Je t’aime tant!... et moi après... c’est-à-dire, non, pas moi, puisque le suicide est un crime.
PAOLA
Fi, monsieur, c’est horrible d’avoir de pareilles pensées.
Tu as raison. Je sais bien que tu n’aimes que moi. Aussi, j’ai tort de me monter la tête; mais c’est la force du sang, vois-tu l (AboiemeoU au dobors, à droite.) Tiens! VOilà Médor qui me rappelle que je vais manquer le chemin de fer.