‹ Bobinette, vaudeville en 1 acteChapitre 35 sur 106 · SCÈNE CINOCIÈME · texte numérisé non relu

SCÈNE CINOCIÈME

la vue du sang, surtout quand c’est le mien, me trouble considérablement.

PAOLA

Voulez-vous un verre d’eau?

ADHÉHAR.

Volontiers... avec beaucoup de sucre... et beaucoup de fleur d’oranger ; ça calme.

PAOLA* Elle remonte près da giiéridoo au foad.

Attendez.

Elle lui prépare no Torre d’eau sucrée.

ADHEMAR, à part.

C’est assez canaille de lui laisser croire que c’est pour elle... mais pouvais-je faire autrement?., (au publie.) Le pouvais-je ? j’en appelle à vous-mêmes. Pouvais-je lui dire : Chère madame, ce n’est pas du tout pour vous que je suis ici, c’est pour Athénaïs? D’abord, ça n’aurait pas été poli.

U mao«pe do renversor le verre d’eau que Paola Ini apporte* PAOLA) lui olTraut uu veire- d’eau sucrée*

Buvez cela, monsieur.

A ÜHÉMAR.

Ah! merci, chère... comment vous appelez-vous? PAOLA.

Paola !

AUHÉMAR.

Doux nom qui rime avec quinquina.

J» - Il boit.

Pi^LA.

11 a de la fantaisie dans l'esprit.

ADHEMAR) il reporte son verro d'oau sur le moublo du food, à part*

Le rime n’est pas riche, mais enfin.

PAOLA

Maintenant, monsieur, promettez-moi de ne plus commettre une telle imprudence.

12 ICJ.MÉDOR!

ADHÉMAR

Ah! VOUS pouvez être tranquille.

D’ailleurs, vous le savez, j’ai un mari.

ADHÉMAR

Ah I n’en parlons pas.

PAOI.A.

Comment?

ADHÉMAR

N’en parlons jamais. Qu’est-ce qu’un mari, mada^ie? une convention sociale. La vérité n’est pas là. Elle est tout entière dans la libre alFection de deux êtres jeunes et beaux comme nous, la vérité; respectons-la.

U lui prend U main.

PAOLA

Promcttez-moi du moins que cette affection sera toute fraternelle.

ADHÉMAR

Ah ! elle sera fraternelle... le temps réglementaire... mais quand le moment... phj'siologiquc sera venu, quand l’heure de la passion aura sonné, il faudra bien l’écouter, Paola. C’est fatal ces choscs-là... vous verrez.

PAOLA

Il est temps de vous retirer, mon ami.

ADHÉMAR

Ne m’avez-vous pas dit que votre mari était absent pour vingt-quatre heures ?

PAOLA, offensée.

Jeune homme!

ADHÉMAR

Ah non!., je voulais dire que nous pouvons passer la soirée ensemble... Si nous prenions une tasse de thé?..

PAOL.\) minandaDt.

Je n’ai plus d’eau chaude.

SCÊXE CINQUIÈME

ADUÉM JlR.

Nous allons remettre la bouilloire sur le feu.

PAOLA , à part.

C'est un grand seigneur, (uaut.) Oui, mais vous allez me chanter une de ces chansonnettes que vous dites si bien.

ADHÉM AB.

C’est que je me suis fort enrhumé dans le trajet que j’ai dù faire pour arriver jusqu'à vous.

PAOLA

Alors, refaites-moi une de ces imitations d’animaux où vous excellez, car vous avez eu un grand succès chez madame Marcassol...

ADHÉHAR.

Oui, j’ai eu assez de succès; c’est un talent de société qui pose assez bien un jeune homme dans le monde.

' Mais d’abord, attendez que j’aille prendre la bouilloire.

Pendant que Paola est allée prés de la porte de droite, la troix de Médor se fait entendre au dehors.

ADUÉMAR, h part.

Qu’est-cc que c’est que ça ?

PAOLA, so mépi-enaat.

Admirable 1 admirable !

ADHÉHAR.

Vous dites ?

PAOLA

J’ai cru que c’était un vrai chien !

Mais ce n’est pas moi, c’est un concurrent.

PAOLA

Comment, ce n’est pas vous? (Vuiivol alwiomoat Je Médor BU (Tohors.) Grand Dieu 1 c’est ta voix de Médor !

14 ICI, MÉDO

ADHÉUAR.

Médor!

Le chien de mon mari. (Bruit de «noette.) C’est son coup de sonnette.

ADHÉMAR

Votre chien sonne?

PAOLA

Non, mon mari. S’il vous trouvait ici. .

AUUÉM AR.

Il ne le faut pas.

PAOLA

Il vous tuerait.

ADHÉMAR

Il ne le faut pas.

PAOLA

Et moi avec vous.

ADHÉMAR

Madame, je ne veux pas votre mort, je m’esquive.

lise dirige vers la porte de gaiicbe, premier plan. PAOLA.

Pas par là, c’est le cabinet de mon mari !

ADHÉMAR

Cette porte, alors.

Il gagoo la porte du secood plan^ à droite.

Malheureux ! vous rencontreriez Alcide.

ADHÉMAR

Alcide... un nom qui rime avec homicide.

PAOLA

Reprenez le chemin de la fenêtre.

ADHÉMAR

Que je reprenne?... Jamais!...

Nouveau coup de soaeeite.

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