SCÈNE DIXIÉME
ALCIDE
D'urdiuaire,* tu ne détestes pas ce petit nom.
PAOLA
Laisser-moii vous dis-je.
^ .ADHÉMARjà part.
- C’est 3onc comme ça que ça se passe quand nous ne sommes pas là !
Vous oubliez...
ALCIDE
J’oublie quoi?
PAOLA
Vous oubliez... (a part.) Qu’est-ce qu’il peut bien oublier, mon Dieu? (Haut.) Vous oubliez que c’est aujourd’hui le vingt décembre, l’anniversaire de la mort de ma tante Vétulie.
ALCIDE
S’il vous plaît?
PAOLA
Et que ce jour doit être tout entier voué à une mélancolie pleine de réserve...
ADIIÉMAR, à part.
Merci ! Oh ! ange !
ALCIDE
Tiens I tiens ! mais voilà trois ans que ta tante Vétulie est morte et, depuis trois ans, voilà la première fois que tu me parles...
PAOLA
Parce que, vous autres hommes, vous ne remarquez rien de nos délicatesses féminines.
ALCIDE, désorienti*.
Ah!... comme ça, depuis trois ans?... (Ccsie uégatif de Paoia.) Alors, je vais me coucher.
Ciel!
PAOLA
ICI, MËDORI
ALCIDE. '
Je vais me coucher. ,
Il rtmoDte la aeèae, pasta entra le mar dn fond et la tète du lit et disparaît. Cependant, Adhéniar, qui était caclié au pied dn Ht, reparaît. Paola lui fait signe de fuir par le balcon, pnis elle détourne la rue, coinnie épourantée. Adbéœar ra pour passer devant le lit, mais la voix ^ d’Alcide, qui tousse, derrière les rideaux fermés, l'arrête; il se glisn sous le lit. Paola regarde de nouveau et, ne le voyant plus, le croit évadé.
PAOLA, à part.
Enfin, il est parti... (En ce moment la tète d’Adhémar sort de dessous le Ut.) Non, il est là... Alcide va le découvrir. Que vat-il se passer, mon Dieu !... Rien encore! Alcide ne l’a pas vu...
La tâto d’Adbémar disparalt« ÂLClDEj caché, pousse un cri formidable*
Saperlotte I
PAOLA, à part.
Tout est perdu!
ALCIDE
Ah! ah! ah! Est-ce bête, Paola. (il roiirre les rideaux et
apparaît assis daos son lit, teoant son fusil à la malo.] C'Sst tOl <]U1
as mis le fusil dans mon lit ? '
PAOLA, tremblante.
C’est moi, mon ami.
ALCIDE
En sentant ce corps froid, j’ai cru que c’était le cadavre de ma victime... Ah ! quelle peur tu m’as faite!
PAOLA
J’avais jcru bien faire.
ALCIDE
La cachette était bonne, mais il fallait me prévenir. Prends, Paola. (il donne le fusil à sa femme qui va le déposer près de la chemioée. ) Il fallait me prévenir... Décidément c’est la nuit aux émotions, mais j’espère que ce sera la dernière.