SCÈNE V
HENRI, .«ni, puii LETOÜRNEÜR, RAOUL et PATÜREL.
HENRI, après aa silence.
Il y a un danger là!... Il seraitimplacable.il l'a dit. Eh bien donc, hâte-loi, baron de Bersac et droit au but!
RAOUL, rentrant.
L’attaque est commencée 1 j’ai joué du marteau ! (ii fait le geste de casser du sacre.) À votre place, je me déclarerais! Voici le père.
LETO URNEUR.
Cette Geneviève a le diable au corps 1 elle essouffle ce malheureux Maxime.
HENRI
Ne le plaignons pas trop. Quelle grâce possède mademoiselle Letourneur I
LETOURNEUR
Vous allez me prendre par mon faible.
RAOUL
Elle est adorable !...
LETOURKEUR.
Le portrait vivant de sa mère... je souhaite du reste qu’elle ait la même fermeté de caractère puisque ce n’est plus moi qui dois... Allons-nous voir le ministre?
HENRI
Attendons quelques instants encore... le salon se videra un peu, M. de Ré ville reçoit aussi ce soir I
LETOURNEUR
M, de Réville? le rival de Son Excellence! 11 est capable d’avoir ouvert ses saltins tout exprès!
RAOUL
La concurrence.
LES INGRATS
Faible politique, M, de Réville, et quel orateur 1 son dernier discours a fait un fiasco!
LETOÜRNEOR.
Depuis le général Foy, il n’y a plus d’orateurs.
PATUREL
Plus un seul, le ministre excepté. Et pourtant quelle curiosité le début de W. de Réville avait surexcitée 1 quelle foule!
RAOUL
L’inauguration de l'Opéra: on refusait du monde.
HENRI, à Letoarneor.
N’étiez-vous pas dans une tribune avec mademoiselle votre fille?
LETOURNEÜR.
Si fait, j’y étais... Ma fille adore les premières. (A pan.)" Celte persistance à me parler de Geneviève...
' RAOUL
Mademoiselle Letourneur avait même un délicieux toquet Archiduc qui a fait tourner la tête de la grosse Loulou... (Se rcpreoani.) de la marquise de Nérac... bonne noblesse du Midi.
LETOURNEUR, h part.
Mais sarpejeu 1 c’est à croire que ces deux jeunes gens...
RAOUL
Cher monsieur Letourneur, je vous demande pardon de vous adresser une question,* évidemment très-indiscrète, mais on dit tout bas, je l’ai entendu murmurer tout à l’heure, que mademoiselle Geneviève est depuis peu fiancée à...
LETOUNEU R.
Fiancée!... qui vous a appris?...
HENRI
Personne et tout le monde.
RAOUL
Le zéphir qui passe et qui jette les nouvelles en voltigeant.
IBS INGRATS
sr)
PATUREL
La renommée et son clairon.
LETOORNKÜR.
Il est bien pressé dans tous les cas, votre clairon. Fiancëel Rien n’est décidé, (a part.) Je me suis peut-être trop hâté avec ülasime I
< HENRI.'
M. Latrade est dans tous les cas fort heureux qu*on ait un moment songé à lui.
LRTOORNEÜR.
Vous savez aussi le nom du futur futur?... (a part.) Mais cela m’a tout l’air d’une ouverture discrète.
Je vous laisse, cher monsieur. La troisième valse doit arriver et mademoiselle Geneviève me l’a promise. J’y tiens comme à la prunelle de mes yeux.
LBTODRNEUR.
Sa prunelle maintenant I mais c’est assez clair !
HENRI, A Raonl.
A la rescousse I
RAOUL
Comptez sur moi. Une pluie de Sucre.
(Hsori tort.)